Monaco, la tornade Herlemann | Pétanque
Il y a des victoires qui marquent plus que d’autres. Parce que dans un milieu bouliste où tant de joueurs ne jouent que pour eux, voir vaincre une équipe qui, au début d’une finale qui pouvait leur amener un doublé historique dans l’une des épreuves les plus prestigieuses du circuit, la dédiait au souvenir de proches disparus amenait un supplément d’âme à ce qui n’aurait pu être qu’une (belle) partie de plus.
Car malgré une concentration de talents considérable au départ de ce Challenge Prince Héréditaire Jacques 2026, ce sont les mêmes joueurs que l’année dernière qui ont soulevé la coupe ce soir. Hasard ? Certainement pas. Dawson et Marcel Herlemann, associés à nouveau à Joseph « Riba » Gimenez, ont survolé tout le week-end une épreuve qu’ils ont une fois de plus marquée de leur sceau.
Après la chute de l’Équipe de France hier soir en seizièmes de finale et celle des principaux favoris, on sentait ce matin qu’il y avait un coup à jouer pour la famille Herlemann. Cela se confirmait après une victoire sur Lacanety en huitièmes, puis plus sèchement sur Michel en quart de finale. D’autant que la matinée voyait chuter Rizzi, Maurel, puis Clodic et les Catalans de Flores. Mais les tenants du titre accéléraient encore, et battaient sèchement les joueurs des Bouches-du-Rhône Attali, Cafiero et Casanova en demi-finale.
On comptait alors sur les Italiens Amormino, Sciortino et Sciortino, auteurs d’une ébouriffante remontada en demi-finale contre les Aixois de Fernandez, Batista et Pagni pour leur tenir tête. Mais c’était peine perdue : malgré leur talent, les joueurs de Bordighera et de Vitanova ne pouvaient rien face à la tornade Herlemann. En quelques mènes à peine et emmenés par un Marcel Herlemann impérial au point, Dawson et Riba pliaient le match en déployant une attaque haut de gamme.
L’index de Riba, pointé vers le ciel à l’issue de la finale ne laissait aucun doute : Pedro Cortes et Charly Patrac, les deux membres disparus de leur famille à qui Herlemann et Gimenez avaient dédié la partie, les observaient sans doute de là-haut avec bienveillance. Eux, et aussi la classe naissante et auréolée d’arc-en-ciel du jeune Dawson, qui a une fois de plus illuminé les jeux du Club Bouliste Monégasque.
Bien sûr, on n’est pas obligé de partager cette croyance : mais, pour paraphraser Aragon, que l’on croie au ciel ou que l’on n’y croie pas, peu importe finalement. Le moment était beau, et la grâce qui avait baigné la pétanque de rêve déployée par les vainqueurs avait touché tout le monde. Pour la dernière WebTV de la saison Boulistenaute, nous ne pouvions rêver meilleur épilogue.
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