Maurel soulève l’amphore
Dans chaque grande épreuve du circuit, il y a des super-favoris. Et puis il y a, chaque fois ou presque, une ou plusieurs équipes qui font mentir les pronostics et qui imposent leur assurance et leur force tranquille jusque dans le dernier carré. Ce sont ces histoires que nous aimons, autant que la pétanque et ses péripéties. Car rien n’est impossible à ceux qui ont l’esprit de compétition chevillé au corps, et rien n’est plus beau que de les voir jouer.
Ces histoires d’hommes et d’envie de vaincre, nous en avons vécu beaucoup ce week-end à Nyons, mais deux d’entre elles ont particulièrement marqué le 21ème International de l’Olivier. Celle tout d’abord d’Aleixo, Bouin et Hermitte, trois vétérans Haut-Alpins qui ont traversé cet énorme concours comme on traverse un gué : lentement, sûrement, en faisant prudemment un pas après l’autre. En cherchant le geste juste, sans se presser, comme on construit un muret de pierres sèches tout près de Briançon. Cette force tranquille leur a permis de stopper hier soir Fournié, Magny et Prudhomme, puis ce matin les Tropéziens Banzet et Boyer, associés à Jessy Tessier, avant de pousser Bonetto, Montoro et Sarrio dans leurs derniers retranchements en demi-finale, avec cinq annulations de grande classe.
L’autre histoire, c’est celle de Maurel, Delahaye et Puccinelli, qui créaient la sensation ce matin en sortant les tenants Durk, Robineau et Rocher. Une victoire qui les amenait, après une victoire en demi-finale sur Adam, Alazay et Ruscelli, en finale contre Bonetto. Une partie dans laquelle Maurel ne partait pas favori et qui se déroulait à un niveau technique extrêmement élevé, puisqu’à 11-10, les deux équipes pointaient dans les stats à près de 80% de boules réussies.
La mène suivante pouvait être la dernière : elle donnait un tir pour la gagne à Sarrio, qui frappait mais poussait insuffisamment la boule. 11-11, la tension était à son comble et créait même un léger incident de jeu, avant que Sarrio, puis Montoro, ne manquent un nouveau tir pour la gagne.
12-11 pour Maurel, c’était l’heure du colosse corse : suivi par un Puccinelli impeccable et un Delahaye qui s’était montré extraordinaire toute la partie, il gagnait le droit de soulever une fois de plus, et sans effort apparent, la lourde amphore de vainqueurs de Nyons.
L’Olivier, une fois de plus, nous avait raconté de bien belles histoires.





