Le Puy, la pétanque au cœur

Rédigé le 07/08/2026
Pierre Fieux


Un grand concours ne se fait pas seul. Il faut un grand organisateur, mais il faut aussi des dizaines de bénévoles, la venue des champions et aussi, et c’est peut-être le plus important, un public passionné et attentif pour remplir en grand nombre les gradins et donner à l’événement sa vraie dimension. Un grand concours, c’est donc aussi une ville qui aime la pétanque, un cœur de ville qui peut l’accueillir et des passionnés qui attendent toute l’année cette semaine, ou ce week-end, où le jeu de boules va se sublimer.

C’est le cas au Puy-en-Velay, qui accueille chaque été une série de nationaux et des dizaines de grands champions et de grandes championnes et raconte, comme le font toutes les grandes compétitions, des quantités de belles histoires.



Les Malgaches au rendez-vous

Dans le National doublettes, on attendait la formidable doublette malgache de Tiana Kely, vice-champion du monde et d’Onja, le champion d’Afrique. Elle n’a pas déçu, en survolant le concours et en offrant aux public du Puy-en-Velay de magnifiques démonstrations techniques sur les jeux difficiles de la place du Breuil. Intraitables en finale face Uhlmann et Chazel, ils ont confirmé lors de cette compétition qu’ils évoluent toujours au plus haut niveau mondial.



Finale inédite en tête-à-tête

On attendait Rousseau, Verzeaux, Olivier, Delahaye, Demuth ou les Malgaches Bezandry, Lahatra ou Donald. Mais tous chutaient avant le dernier carré du National, et seul Luc Laïlle  tenait son rang jusqu’en demi-finale. Il tombait pourtant face au Toulousain William Roger, tandis que le local Quentin Bénigaud se glissait lui aussi en finale en disposant de l’Aveyronnais Dorian Théry. Une finale inattendue, qui fournissait pourtant du très gros jeu et une belle opposition entre un joueur solide et régulier et un Puyois jouent à domicile. C’est Roger qui finissait par s’imposer devant un adversaire qui, bien que battu, n’avait pas démérité devant ses supporters.



Les neuf vies du Chat

Une légende ancienne prétend que les chats ont neuf vies. Une image qui allait comme un gant, cette semaine, à Sébastien Chazel, dit le Chat. Le grand pointeur ardéchois, en difficulté dans plusieurs rencontres du National doublettes, parvenait tout de même chaque fois à survivre, et se retrouvait en finale de celui-ci. Mais ce n’était pas fini : après avoir fini par s’imposer, au sein du National triplettes, dans un cadrage au niveau catastrophique face aux Suisses de Métairon, l’Ardéchois poursuivait sa route cahin-caha en compagnie de Rinaldo Uhlmann et Corentin Minodier, jusqu’en demi-finale où face à Hatchadourian, Cognard et Bathiard il faisait encore une fois de la résistance avant de s’imposer avec ses partenaires sur une magnifique mène de 12-12. En finale pourtant, le Chat cédait la place à Delahaye, Desport et Zigler, non sans leur avoir donné, grâce à un appoint de grande qualité, quelques derniers coups de griffe.



Des histoires comme celles-ci il y en a eu des dizaines. Le talent et le calme du jeune Anass Edjellouli, 15 ans et présent en quart de finale du National triplettes,  les pluies de carreaux sortant des mains de Michel Hatchadourian, les centaines de passionnés massés dans les travées et autour des barrières de la place du Breuil jusqu’à tard dans la soirée, le dévouement des bénévoles attelés à la folle organisation de six nationaux dans la même semaine, les immenses comptoirs où on a refait les parties, durant des heures, autour d’un demi ou d'une simple bouteille d'eau, l’ombre tutélaire et bienveillante de la Vierge de Notre-Dame de France au-dessus des jeux, c’est aussi tout ça la pétanque au Puy-en-Velay. Et c’est ce qui en fait, année après année, une destination incontournable.