Fournié, Malbec et Cazes au bout d'un week-end de chocs à la Côtière - Pétanque

Rédigé le 27/07/2026
Lionel ZANET


Madagascar fait tomber Magny puis Rocher, Marques se révèle et les 4 Jours de la Côtière poursuivent leur ascension

Le plateau promettait des affiches de très haut niveau. Le terrain les a offertes, parfois beaucoup plus tôt que prévu.

Disputé selon une formule traditionnelle en poules, le National des 4 Jours de la Côtière a d'abord laissé aux équipes la possibilité d'entrer dans la compétition, de découvrir les jeux et de trouver leurs premiers repères. Mais dès l'après-poules, le concours a changé de visage.

Le couperet est tombé brutalement. Des équipes annoncées parmi les plus dangereuses se sont retrouvées face à face, les deux formations malgaches ont animé le tableau et plusieurs favoris ont quitté Saint-Maurice-de-Beynost bien avant les dernières parties.

Au terme de ce week-end particulièrement dense, Romain Fournié, Kévin Malbec et Frédéric Cazes ont imposé leur maîtrise. Leur victoire récompense leur qualité de jeu, mais aussi une solidarité qui s'est révélée essentielle lorsque la demi-finale est devenue plus difficile.

Face à eux, Alex Marques, Steven Bertrand et Boris Hery ont découvert une première finale de National avec un enthousiasme, une audace et un plaisir de jouer qui ont conquis le public.



 

Après les poules, un premier favori tombe

La première grande opposition filmée a été proposée dès l'après-poules.

Clément Duvernay, Jason Giraud et Franck Giraud affrontaient Élie Benmergui, Josélito Brun et Jean-Michel Puccinelli. Une rencontre qui avait déjà des allures de partie du dimanche, alors que le tableau à élimination directe venait à peine de commencer.

L'une des équipes attendues devait donc immédiatement quitter la compétition.

Duvernay et les Giraud ont franchi cet obstacle avant de poursuivre leur parcours jusqu'en huitième de finale. Leur aventure a également offert une image appréciée par les spectateurs : celle de Jason Giraud évoluant aux côtés de son père Franck.

Dans un concours dominé par les compositions ambitieuses et les associations de champions, cette histoire familiale a apporté une dimension différente. Père et fils ont partagé les décisions, les réussites et la tension d'une compétition nationale jusqu'à croiser la route des futurs vainqueurs.

Fournié, Malbec et Cazes ont alors mis fin à leur parcours en huitième de finale.



 

Madagascar–Magny : une affiche de dernier carré dès les trente-deuxièmes

Dans l'article de présentation, une question avait été posée : les internationaux malgaches croiseraient-ils rapidement Christian Andriantseheno, Nelson Zigler et Baldwin Magny ?

Le tirage n'a pas attendu.

Dès les trente-deuxièmes de finale, la triplette formée par Lova Rakotoarisoa, Tiana-Laurens "Tonner" Razanadrakoto et Faralahy Ramanantiaray s'est retrouvée face à l'une des équipes les plus régulières et les plus redoutées du circuit.

Sur le papier, cette opposition pouvait constituer un quart, une demi-finale et même une finale. À Saint-Maurice-de-Beynost, elle est arrivée dès le début du tableau.

Les Malgaches ont longtemps dominé la rencontre. Leur qualité au point, leur capacité à répondre au tir et leur maîtrise collective leur ont permis de prendre une avance importante. Mais Andriantseheno, Zigler et Magny n'ont jamais complètement disparu.

La fin de partie leur a même offert des possibilités de retour.

C'est précisément ce scénario qui a rendu la défaite si difficile à accepter. Après avoir été dominée, l'équipe Magny avait réussi à recréer de l'espoir. Quelques boules pouvaient encore changer l'issue de la rencontre, avant une conclusion qui a laissé d'immenses regrets.

Au terme de la partie, les trois joueurs ont éprouvé le besoin de s'isoler. Une manière de digérer une élimination précoce, mais surtout une fin de rencontre qu'ils savaient avoir été en mesure de renverser.

Fournié, Rocher, Madagascar : les plus beaux gestes des 4 Jours de la Côtière - Pétanque
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Une fois la déception retombée, Christian Andriantseheno est revenu au bord des jeux pour regarder évoluer ses compatriotes. Le compétiteur avait laissé place au passionné, attentif au parcours des équipes malgaches encore engagées.

Cette image résume aussi ce que représente la pétanque de haut niveau : l'intensité de la défaite, le besoin de prendre du recul, puis le retour vers le jeu.



 

Une équipe malgache s'arrête, l'autre prend le relais

La victoire face à Magny, Zigler et Andriantseheno n'a pourtant pas ouvert un chemin dégagé à Lova, Tonner et Faralahy.

Dès le tour suivant, ils ont retrouvé Alex Marques, Steven Bertrand et Boris Hery. Les futurs finalistes ont mis fin à leur parcours et commencé à construire l'une des belles histoires de cette édition.

Mais Madagascar possédait une seconde équipe capable d'aller loin.

"Donald" Andrianantenaina, "Onja" Randriaharimanana et "Tianakely" Rakotoniaina ont avancé dans une autre partie du tableau. Après avoir écarté la formation d'Emmanuel Lucien, Laurent Dumont et Fabrice Uytterhoeven, ils ont gagné le droit d'affronter le parrain de la manifestation.




 


Rocher–Madagascar, le grand renversement du dimanche matin

Tenant du titre et nouveau parrain de la manifestation, Dylan Rocher revenait à la Côtière avec son frère Mendy et l'international italien Andrea Chiapello. Une équipe naturellement placée parmi les favorites, réunissant la puissance offensive de Dylan, les automatismes fraternels des Rocher et l'expérience du champion du monde italien.

Dylan affichait un véritable visage de gagneur. Concentré, déterminé et très performant au tir, il a longtemps donné le sentiment de maîtriser la rencontre. À ses côtés, Andrea Chiapello imposait son style si particulier : une placidité presque déconcertante, un flegme constant et cette gestuelle très déliée qui donne à ses boules une impression de fluidité, même dans les moments de tension.

Mendy Rocher a, lui, connu une partie plus contrastée. Pointeur de tête, il a produit de belles boules à l'envoi, mais a également été sollicité au tir et laissé échapper quelques occasions dans cet exercice.

Après un départ équilibré jusqu'à 6-6, l'équipe Rocher a pourtant pris l'ascendant pour mener 10-6. Dylan frappait avec autorité, Chiapello répondait présent et les « bleu ciel » aux couleurs du FIP semblaient avoir installé leur domination.

Mais Donald, Onja et Tianakely n'ont jamais quitté la rencontre. Sans s'affoler, les Malgaches ont fait évoluer leur organisation et progressivement inversé la dynamique. Tianakely a continué à conduire le jeu, tandis qu'Onja s'est affirmé comme le joueur majeur de la remontée.

Très complet au milieu, capable de frapper, de reprendre le point ou de jouer le but selon les situations, Onja a apporté les réponses dont son équipe avait besoin. Les commentateurs l'ont logiquement désigné comme l'homme du match au terme de la rencontre.

Dans les dernières mènes, les occasions manquées se sont multipliées du côté de l'équipe Rocher, tandis que Madagascar conservait son calme. Menés 10-6, les Malgaches ont inscrit les sept derniers points de la partie pour s'imposer 13-10.

Fournié, Rocher, Madagascar : les plus beaux gestes des 4 Jours de la Côtière - Pétanque

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Dylan Rocher ne conserverait donc pas son titre. Mais cette élimination ne saurait être réduite à une contre-performance : son équipe a longtemps produit une partie de haut niveau avant de subir le remarquable renversement d'une formation malgache qui allait poursuivre son parcours jusqu'en demi-finale.

Après Magny, une seconde formation majeure venait de céder face à Madagascar.



 

Fournié, Malbec et Cazes ne quittent pas leur projet de jeu

Le parcours malgache s'est poursuivi jusqu'au dernier carré, où Romain Fournié, Kévin Malbec et Frédéric Cazes les attendaient.

Cette demi-finale a montré une autre facette des futurs vainqueurs.

Jusque-là, leur parcours avait été maîtrisé. Mais face à Andrianantenaina, Randriaharimanana et Rakotoniaina, Kévin Malbec a traversé une période plus délicate. Les sensations semblaient moins évidentes et la réussite n'était plus aussi régulière.

Dans ces moments-là, une équipe peut être tentée de bouleverser son organisation, de modifier les postes ou de chercher une solution immédiate.

Romain Fournié et Frédéric Cazes ont choisi de maintenir leur confiance.

Malbec est resté au milieu. Ses partenaires ont continué à l'accompagner, sans lui retirer ses responsabilités et sans laisser le doute transformer le fonctionnement de la triplette.

Cette solidarité lui a probablement redonné l'énergie nécessaire pour produire l'un des gestes importants de la rencontre : un tir au but venu au moment où son équipe en avait besoin.

La réaction de Kévin Malbec a alors offert l'une des images fortes du week-end. Son expression traduisait le soulagement d'un joueur qui venait de retrouver une réussite essentielle, mais également toute la tension accumulée au cours de la partie.

À ses côtés, Frédéric Cazes possède lui aussi une manière très personnelle d'entrer dans l'action. Avant d'entrer dans le rond, il suit une préparation très précise, faite de gestes devenus indispensables : quelques mouvements répétés, jusqu'à ce passage de la main sous la semelle qui avait éveillé notre curiosité.

Interrogé sur cette routine, Cazes a reconnu qu'il ne pouvait plus vraiment s'en passer. Un rituel qui rappelle ceux de Rafael Nadal : non pas une hésitation, mais une manière de se placer mentalement avant l'action. Car une fois dans le cercle, tout s'accélère. Cazes ne s'attarde plus, arme son geste et tire presque immédiatement. Le contraste est saisissant entre la minutie de la préparation et la spontanéité de l'exécution.


Fournié, Malbec et Cazes ont fini par s'imposer 13-8.

Le score les envoyait en finale. La manière révélait pourquoi cette équipe était en mesure de gagner le concours.



 

Marques, Bertrand et Hery, la révélation du week-end

Dans l'autre partie du tableau, Alex Marques, Steven Bertrand et Boris Hery ont avancé sans jamais perdre leur plaisir de jouer.

Leur parcours les a conduits à éliminer la première équipe malgache, puis à résister à plusieurs formations expérimentées. En demi-finale, ils ont dû batailler jusqu'au bout pour écarter Rachid Oulgouge, Bathie Sall et Roger Bouquin, auteurs eux aussi d'un parcours remarquable.

Marques, Bertrand et Hery accédaient ainsi, pour la première fois, à une finale de National.

Leur jeu a séduit le public. La triplette a proposé des boules envoyées très haut, des points joués avec conviction et un volume de tir important. Elle a surtout affiché un état d'esprit communicatif.

Les trois joueurs ont joué cette finale avec la volonté de profiter pleinement de l'événement, sans renoncer à leur ambition. Leur complicité et leur bonheur d'être dans le carré central étaient visibles, même lorsque le score a commencé à leur échapper.

Ils ne sont pas parvenus à franchir la dernière marche, mais ils ont gagné autre chose : la reconnaissance d'un public heureux de découvrir une équipe capable de conjuguer talent, combativité et plaisir.

Chez Boulistenaute aussi, on aime ces histoires-là : celles d'une équipe que l'on attendait moins, qui se révèle au fil des parties, gagne le cœur du public et donne envie de la revoir très vite sur les grands rendez-vous.


 

Fournié poursuit sa course, la finale tourne rapidement

Pour Romain Fournié, cette dernière partie représentait également une étape importante dans sa course aux points pour les Masters.

Restait à savoir si la dynamique de l'équipe Marques pouvait encore bousculer les favoris.

Fournié, Malbec et Cazes ont rapidement apporté la réponse. Ils ont installé leur jeu, réduit les possibilités adverses et empêché les finalistes de retrouver les scénarios qui avaient porté leur parcours.

La finale s'est achevée sur le score de 13-3.

Le résultat est net, mais il ne doit pas effacer la belle aventure de Marques, Bertrand et Hery. Jusqu'au bout, ils ont continué à tenter, à jouer leurs boules et à partager leur plaisir d'être là.

Pour Fournié, Malbec et Cazes, cette victoire vient récompenser un week-end complet. Ils ont su prendre le contrôle de leurs rencontres lorsqu'ils en avaient la possibilité, mais également rester unis lorsque le jeu leur était moins favorable.

Leur succès s'est construit dans la maîtrise. Il s'est gagné dans la confiance.

Je l'intégrerais directement dans cette conclusion, entre le passage sur les bénévoles et celui sur José Baptista. Cela permet d'élargir naturellement l'hommage à tous ceux qui font vivre le concours.



 

Un public présent et toute une équipe au centre de la fête

Autour des jeux, les 4 Jours de la Côtière ont également franchi une nouvelle étape.

Le public a répondu présent pour suivre les grandes rencontres et accompagner les équipes jusqu'à la finale. Les élus étaient réunis autour du carré d'honneur pour la remise des récompenses, témoignant de la place désormais occupée par la manifestation sur le territoire.

Les bénévoles ont eux aussi été mis à l'honneur. Pendant plusieurs jours, ils ont préparé les terrains, accueilli les joueurs, accompagné le public, assuré la restauration et veillé au bon déroulement de la compétition. Leur investissement reste le socle de l'événement.

Un mot également pour Frédéric Thomas, le speaker de la compétition. Son sourire laisse immédiatement transparaître sa passion du jeu, mais son rôle ne se limite pas à annoncer des scores. Il sait faire vivre un carré central, mettre en valeur une mène, signaler un fait de jeu et aider le public à comprendre ce qui est en train de se passer. Une animation juste, vivante et pleinement au service de la pétanque. Bravo à lui.

Clin d'œil aussi aux solides gaillards de la table de marque LUDAX. Avec eux, les organisateurs peuvent dormir tranquilles : le concours avance, les informations circulent et les demandes sont traitées avec une efficacité impressionnante. Besoin d'un fichier Excel pour permettre à la diffusion de reprendre correctement les noms des joueurs ? Quelques secondes plus tard, le document est prêt. Cette réactivité peut sembler invisible depuis les tribunes, mais elle est essentielle au bon déroulement d'un événement de cette dimension. Une véritable équipe de professionnels.

José Baptista et toute l'équipe de Pétanque Miribel Côtière peuvent mesurer le chemin parcouru.

L'édition précédente avait déjà montré que le concours changeait d'échelle. Cette nouvelle édition confirme que la dynamique se poursuit : un plateau relevé, des parties suivies, un carré central animé et une organisation capable de réunir joueurs, spectateurs, bénévoles, partenaires et collectivités.

Les 4 Jours de la Côtière continuent de grandir.

À peine cette édition terminée, José Baptista et son équipe semblent déjà regarder vers la suivante, avec la même passion et une ambition que personne ne cherche désormais à dissimuler.

Sur le terrain, Fournié, Malbec et Cazes ont remporté le National.

Autour d’eux, toute une organisation, des bénévoles au speaker, de la table de marque aux élus, a contribué à faire encore avancer ce rendez-vous.

 

Le tableau final comme vous ne l'avez pas vu

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