Alain Bideau : « Servir la pétanque mondiale est une responsabilité qui a du sens »

Rédigé le 16/01/2026
Lionel ZANET


Double champion du monde, ancien sélectionneur de l'équipe de France et figure reconnue du haut niveau, Alain Bideau entame aujourd'hui une nouvelle étape de son engagement au service de la pétanque mondiale.
Nommé responsable de la commission technique internationale de la FIPJP, il nous a accordé un entretien pour évoquer cette mission, ses enjeux et sa vision de l'avenir du jeu. L'occasion aussi de retrouver une personnalité que les boulistenautes ont plaisir à croiser chaque année à l'Europétanque des Alpes-Maritimes, où il œuvre avec la même discrétion et le même professionnalisme dans son rôle de coordinateur.

Boulistenaute : Quand Gérard Schneider t'a proposé de prendre la tête de la commission technique internationale, quelle a été ta première réaction ?

Alain Bideau :

J'ai été très surpris qu'on pense à moi. Il y a au sein du comité directeur des profils solides et reconnus, comme Stéphane Pintus que je connais très bien, et je ne m'attendais pas forcément à être sollicité. J'ai donc demandé du temps pour réfléchir, d'autant que j'ai déjà plusieurs engagements, notamment à l'Europétanque.

La première chose que j'ai faite, c'est en parler avec mon épouse. Elle sait que, lorsque je m'engage dans une mission, je ne fais jamais semblant. Mais très vite, je me suis rendu compte que c'était un immense honneur qu'un président de fédération internationale pense à moi. D'autant plus que je connais déjà beaucoup de ces dirigeants depuis de nombreuses années. Gérard Schneider, je l'ai connu quand j'étais joueur, lui aussi l'était. (Lire "FIPJP, le nouveau capitaine")

Rien n'était écrit à l'avance : je n'aurais jamais postulé à un poste à l'international. J'ai pourtant été sollicité à plusieurs reprises pour devenir coach de sélections étrangères, mais je n'ai jamais franchi le pas. Là, je pense que je ne pouvais pas refuser.

Boulistenaute : Cette nomination s'inscrit aussi dans la continuité de ton parcours à la DTN… (*La DTN (Direction Technique Nationale) est l'organe de la FFPJP chargé du haut niveau, de la formation et du développement sportif.)


 

Alain Bideau :

J'ai vécu des années formidables à la DTN française, notamment sous la direction de Jean-Yves Peronnet. Même s'il pouvait parfois nous faire mal à la tête, c'était un véritable technicien du sport. Nous avions beaucoup d'idées pour dynamiser la pétanque.

Je vais essayer de m'appuyer sur tout ce que cette période m'a apporté. Chacun a joué son rôle : moi avec le jeu et le haut niveau, lui avec une vision très structurée du sport. Aujourd’hui, ce qui m’anime avant tout, c'est le partage.

Boulistenaute : Justement, quel est le rôle concret de la commission technique internationale ?

Alain Bideau :

La commission technique a un rôle très précis : travailler sur le règlement du jeu, toujours en lien étroit avec la commission arbitrale pilotée par Jean-Luc Fuentes, que tu connais bien et que l'on retrouve chaque année à Monaco.

Je suis à la tête de cette commission, mais je m'appuierai sur les élus qui souhaiteront s'y investir. Il y aura un rapprochement fort avec l'arbitrage, c'est indispensable. Mais j'ai surtout envie de me rapprocher des pays étrangers et de leurs staffs techniques, d'écouter leurs avis, de m'en nourrir, pour ensuite faire évoluer les choses ensemble.

Boulistenaute : La formation fait aussi partie des chantiers importants ?

Alain Bideau :

Oui, clairement. Il existe de nombreuses formations mises en place par le CIEP, l'organisme en charge de la formation pour la FIPJP. Je veux étudier les conventions existantes, savoir qui sont les formateurs, où ils interviennent, et analyser les contenus transmis aux différentes nations.

Il y a aussi un travail à mener avec les organisateurs de championnats, notamment sur les terrains. Là-dessus, nous devrons être très vigilants.

Boulistenaute : Tu as déjà évoqué plusieurs pistes d'évolution du règlement…

Alain Bideau :

J'ai commencé à écrire et à réfléchir à pas mal de choses. Parmi les sujets que j'aimerais mettre sur la table : la possibilité d'un temps mort en cours de partie, le lancé du but, l'utilisation du carton rouge, une boule à la ficelle, le marquage du bouchon…

Il y a aussi la question du tir de précision. Après les changements importants du règlement, les records n'ont plus vraiment de sens : ils doivent être réécrits. Le règlement a totalement changé, et beaucoup de litiges que l'on connaissait auparavant ont été résolus.

Tout cela sera débattu. Certaines idées semblent déjà trouver un écho positif !

Boulistenaute : Un dernier mot pour conclure ?

Alain Bideau :

Servir la pétanque mondiale, faire grandir son règlement, structurer son développement… c'est aussi faire grandir notre sport. Et tant que j'aurai l'énergie et la passion, je continuerai à m'y investir.