Feltain, l'année magique

Publié le 23/12/2023 à 07:57

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Après plus de quinze ans de présence à haut niveau, il a été l'un des joueurs qui a le plus marqué l'année 2023. Boulistenaute est allé à sa rencontre, pour une longue interview et un retour sur ces mois qui ont donné à Jean Feltain une autre dimension.

 

Tu viens de vivre une saison exceptionnelle, avec un grand nombre de titres sur lesquels on va revenir. Quel est le moment qui t'a semblé le plus fort au cours de cette année incroyable ?

Le titre de champion de France en triplettes. C'était mon rêve de toujours. Je joue depuis très longtemps, et j'avais déjà perdu deux fois en finale : une fois en tête-à-tête, et une autre fois en triplettes. Cette année, on venait juste de former cette équipe, avec Thierry Grandet et Moïse Helfrick, dans un club qui vient de se construire, c'est exceptionnel.

Quand tu te retrouves une fois de plus en finale, après en avoir, comme tu viens de le dire, déjà perdu deux, et que tu es opposé à une équipe inattendue, qu'est-ce que tu te dis, qu'est-ce que tu éprouves ?

Je me dis que ça reste une finale, et que si ces joueurs sont en finale du championnat de France, c'est que leur équipe a de la valeur. De toute façon, je les connais depuis longtemps, et je savais que c'était une très grosse partie.

Pour les deux finales perdues, je me suis dit qu'il ne fallait pas que j'y pense, j'ai fait le vide dans ma tête et j'ai pensé que si je perdais, je serais déçu mais je serais quand même qualifié pour l'année d'après. Voilà, je crois que j'ai fait mon possible pour essayer de gagner cette partie.

Juste après ce titre, tu te retrouves dans les derniers carrés des championnats de France tête-à-tête et doublettes. Quand tu y repenses, qu'est-ce que tu te dis ?

Je me dis que j'aurais pu faire le triplé. J'ai surtout des regrets en tête-à-tête, parce que je perds 13-12 avec un coup de bouchon malheureux : mais ça reste la pétanque, c'est comme ça. Trois semaines après, on est en demi-finale du doublettes avec Moïse, mais on est un peu passés à travers. On a pris une très grosse partie, et on n'a pas fait assez de jeu pour pouvoir nous en sortir.



C'était déjà fabuleux d'être dans ces trois carrés, mais tu as vécu cela aussi au Mondial la Marseillaise. Tu y avais déjà pénétré avec Marco Foyot et Chris Helfrick en 2018, et tu avais perdu en demi-finale. Là, tu parviens en finale, qu'est-ce que tu éprouves ?

 

Le Mondial, tout le monde veut le gagner. On devait faire l'équipe championne de France, mais on avait déjà promis à Armand Sanders, et ça s'est bien passé pendant quatre jours : on a pris les plus grosses équipes, on est arrivés à gagner, et même si perdre en finale laisse un regret, ça finit par passer et on se dit qu'arriver en finale de ce concours, c'est déjà énorme.

 

Et ensuite, tu connais une première victoire aux Masters de pétanque, et là aussi je suppose que tu as vécu un très grand moment ?

C'est Dylan Rocher qui m'a choisi pour jouer avec lui, Robineau et Rizzi. On a fait de très belles parties, on a gagné trois ou quatre étapes, fait des finales que ce soit avec Dylan et Robineau ou avec Robineau et Rizzi. On tournait bien tous les quatre : en demi-finale, j'ai joué, et on a battu l'équipe de Mickael Bonetto, Philippe Suchaud, Le Boursicaud et David Riviera, et en finale, on a fait jouer Stéphane Robineau à ma place. C'était vraiment de grands moments.



Et finalement, tu vas à Albertville disputer les championnats d'Europe et tu retrouves l'Équipe de France avec laquelle tu avais déjà remporté la compétition en 2013, après avoir conquis trois titres européens en catégorie Jeunes. Ca t'a fait quoi, de porter à nouveau le maillot avec le coq ?

J'ai passé quinze ans en Équipe de France, mais on m'en a sorti au moment du COVID, où je jouais beaucoup moins. Là, ils m'ont repris, et ça m'a donné ce nouveau titre. On a fait de très belles parties, on s'est régalé, et puis on jouait avec le Maître. Philippe Suchaud, ça reste un joueur incroyable : ça fait plaisir de jouer avec lui, et de pouvoir gagner avec des personnes comme ça, parce que c'est un des plus grands joueurs mondiaux.

Et du coup, ça ne fait pas bizarre de disputer la finale européenne et de voir Suchaud sur la chaise ?

C'est vrai, il était sur la chaise, mais c'était aussi un joker de luxe. Il pouvait rentrer à tout moment et nous faire gagner. Ca faisait bizarre, c'est vrai, mais je pense qu'il voulait qu'on joue comme ça, et David Le Dantec et Jean-Claude Boiron aussi, parce qu'ils voulaient voir ce qui se passait si nous, les jeunes, jouions ensemble. On a super-bien joué, et on a pu gagner sans Philippe, mais on savait qu'il était là et c'était confortable.

Pendant longtemps, tu étais le jeune milieu de Marco Foyot, ou l'un des jeunes joueurs de l'Équipe de France, et à présent, c'est toi qui montre la voie à de nouveaux joueurs, comme Helfrick ou Doerr. Cette maturité, cette future place, peut-être, de taulier, tu vois ça comment ?

Moi, j'ai beaucoup appris avec Marco Foyot : il m'a fait découvrir beaucoup de choses, on a gagné de très belles compétitions, on a passé de très bons moments. Ensuite, il est allé à Bron, moi j'ai commençé à jouer avec Moïse Helfrick, qui est mon cousin. C'est un bombardier, peut-être un des trois meilleurs tireurs de France. Si je peux lui amener tout ce que Marco m'a amené, à mon tour je le ferai pour lui.

 



Mariage de Jean Feltain et d'Amanda, le 25 novembre à la mairie de Saugon. (source Facebook Marco Foyot)

 

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