Paul Leméteyer (CD44) : Histoire d'une reconversion.

Date 17/5/2006 19:00:00 | Sujet : Les champions

HISTOIRE D'UNE RECONVERSION

Du cyclisme à la pétanque en passant par l'automobile :
Ca roule toujours chez Paul Leméteyer. 

Chers boulistenautes, il y a  parfois dans la vie, à la croisée des chemins, une rencontre qui vous marque, celle d’ un homme et d'une femme, au destin hors du commun, au point d’avoir une irrésistible envie d’en parler. C’est leur histoire que je vous propose aujourd’hui de découvrir...


                Dès ses premiers coups de pédales à l’age de 14 ans, les responsables du cyclisme Nantais, "la Pédale Chantenaysienne", puis "l' U.C. Nantaise" savent qu’ils tiennent  là  un champion en herbe. Accompagné par son frère Emile, ils s'entrainent ensemble. Il faut dire qu' ils furent encouragés par leur père, lui même champion de course à pied. Le sport c'est dans les gènes. De victoire en victoire chez les amateurs, Champion de France de cyclisme en 1959, il fut très vite courtisé pour devenir professionnel.

Paul Leméteyer sur son vèlo en 1967 ->


Un palmarès éloquent:


5e au championnat du monde en 1964,
détenteur encore aujourd’hui et pour longtemps, de l'étape la plus longue de l'histoire du Tour de France, Clermont-Ferrand- Fontainebleau, 359 kms, excusez du peu.
Vainqueur de 35 étapes dans les plus grandes classiques Francaises et Internationnales, des jeux de l'amitié d' ABIDJAN en 1961, des jeux de DAKAR en 1963 Ect.
Il fût tout naturellement sélectionné en équipe de France aux côtés de Raymond Poulidor, Pingeon, Aimar, etc... (voir photo), avec qui, il remportera le Tour de France par équipe en 1967.


   

Paul Leméteyer (en haut à gauche) avec ses équipiers: Poulidor, Aimar, Pingeon, Stablinski etc...
L’année suivante il devient l’équipier de l’illustre Jacques Anquetil jusqu’en 1970.
A ce moment, il devient par conséquent l'adversaire de Raymond. Celui ci dira au cours d'une visite de courtoisie au domicile des Leméteyer: "Je ne devrai pas venir te voir, tu m'as tellement fait perdre de courses au profit de Anquetil." De partenaires, ils deviennent adversaires.
C'est bien là, la preuve de sa loyauté pour son leader du moment. Le véritable sport  c’est ça,  après la course il n’y a plus de rancune. Paul dira: "à cette époque nous étions tous adversaires, mais jamais ENNEMIS."
Aujourd’hui encore, à chaque passage du Tour de France à Nantes, il est toujours sollicité par les médias pour une petite interview.
Signe que malgré les années, personne ne l’a oublié. Comment pourrait il en être autrement? Ce personnage extrêmement  sympathique, à marqué le monde du cyclisme par sa classe, meilleur sprinter Français pendant une décennie tout de même,  son professionnalisme, mais aussi sa loyauté et son côté attachant.
Il est une légende vivante. Savez vous d'ailleurs comment on le surnommait ? Je vais vous faire une confidence. Au cours d'une grave chute au sprint, dans une étape du tour d' Espagne, le lendemain il était tellement couvert de pansements, que les médias espagnols, l'ont baptisé L'HOMME INVISIBLE. Ca ne s' invente pas.

 
 Paul, quel est ton meilleur souvenir de cette époque de ta vie ?
 "Il y en eût beaucoup. J'ai vécu une carrière pleine de joies et d'émotions, une période extraordinaire, mais c'est sans doute après ma retraite de cycliste que j'ai connu le moment le plus fort." Explication.
 "En 1975, le tour de France faisant étape à Nantes, Eddy Merckx , encore coureur, me fit l’honneur de m’inviter à son hôtel. A mon arrivée dans la salle de réception , Eddy , les coureurs et tout le staff, se sont levés pour m’accueillir et m’applaudir. Ce fut un grand moment d'émotion, j' était très ému par cet hommage auquel je ne m' attendais pas de la part de monsieur Merckx." C’est dire toute l’humilité de cet homme, que l’on retrouve encore aujourd’hui.

  Et puis arrive le moment de raccrocher le  vélo, pour faire autre chose. La reconversion à sonné. "C’était le problème des coureurs professionnels à l’époque. Les salaires étaient très très loin de ceux d’aujourd’hui. Il fallait travailler ensuite."
                                                         
 Alors pourquoi l’automobile ?
 

"C’ était quelque chose que je sentais, le marché était porteur, ma femme étant d’accord, nous nous sommes lancés. Au début nous partions en train, elle et moi à Paris acheter 2 voitures que nous ramenions à Nantes, et puis rebelote."

   Après avoir suivi son mari dans toutes les courses, voilà cette femme, ô combien attachante, sur la route pour une nouvelle aventure qui roule. Denise à la voix de Piaf, au rire communicatif, excellent public pour les blagues, adore les parties de cartes, faire les marchés et les magasins.
Denise Leméteyer ----->


Sauf quand Paul joue, alors là elle est supportrice à fond. "J’avais confiance en paul, dit elle, aussi je lui ai dit : allons y, on verra." Et puis la suite les nantais la connaissent. Une belle réussite. Comme quoi, disait quelqu’un, derrière un grand homme, il y a toujours une femme. Eh oui, il faut être deux, sinon ça ne marche pas.


Dis nous Paul comment tu as découvert la pétanque?

"Eh bien, tous les ans nous partions en vacances chez l'oncle et la tante à Denise, aux Sables d’Olonnes. Un jour il me proposa de me montrer des bons joueurs de boules dans un jardin public, derrière le casino, où  jouait  un certain Mudjeredian jean, "dit Tarzan", qui m’impressionnait au tir, et par son côté très méridional. Il savait mettre de l’ambiance. 
Dès septembre, les affaires reprenaient leurs droits, et la pétanque c’était fini pour un an. Et puis l'année où il à été champion de france doublette avec Martinez, il  a offert le champagne à tous les boulistes. Nous avons sympathisé, fait quelques parties pour l’apéro. Ensuite j' ai découvert, les frères Olmos, toi et Jean-François, qui veniez de temps à autre jouer aux Sables.
J’aimais beaucoup vous regardez jouer . Mais je n’ai jamais osé vous abordez."


Ce n’est pas tout mon cher Paul, tu oublies de dire, que tu téléphonais chez nos parents pour savoir ou nous jouions le
week-end pour venir nous voir incognito, ou pour connaitre nos résultats.
La suite est toute simple.
Le destin se chargeant de précipiter les choses. A l’autonne 1982, JF mon frère, vient d’avoir son permis de conduire. Il me demande de l’accompagner  dans un garage pour voir une R14. En arrivant dans la cour de celui-ci, un homme le sourire aux lèvres, nous dit :

"Bonjour Christian, bonjour Jean-François." Interloqués, nous lui demandons comment il connait notre nom.
"Eh bien, c’est moi le monsieur qui téléphone chez vos parents." La grande boucle est bouclée.
D’ invitations en invitations pour une partie amicale dans le parc, tout près de chez nous, Paul  fut contaminé par le virus de ce sport, avec une envie incroyable d’apprendre à lever les boules, pour finalement consacrer 3 heures d’entrainement par jour, avec la famille Olmos.


    

Paul en compagnie des frères Olmos (équipe OBUT en 1988)


Aujourd’hui il compte 7 participations aux championnats de France, vainqueur de plusieurs nationaux, et pas des moindres : Rivesaltes, Perpignan, Barcarés, Céret, Les Arcs, St Gilles-Croix-de-Vie, Mortagne, Thouars, Sigean etc...,
champion vétérans triplette et doublette 2006.
Je ne vois qu'une chose à dire.

    

Paul Leméteyer, un pointage avec dextérité.
CHAPEAU MONSIEUR PAUL. 

La leçon que cet homme nous donne involontairement, chers amis pétanqueurs, c'est que si la valeur n'attend pas le nombre des années, il n'y a pas d'âge pour apprendre et se faire un palmarès.
Tout est une question de motivation, de pugnacité et de volonté.
La preuve, il apprend à jouer à l'age de 42 ans et aujourd' hui à l'aube de ses 64 ans, le 4 juin, il présente une carte de visite dès plus respectable. C'est bien là, toute la magie de ce sport que nous aimons tous.

Aujourd’hui, grâce à cet homme, j'ai appris qu'un concours, n'est pas une question de vie où de mort. "Prends du plaisir", me dit il, "la victoire est là pour t'encourager, la défaite pour t'aider à progresser."
Et en plus, c'est un  sage.
Souvenez vous de cette phrase, elle vous aidera, j'en suis sûr.

Aujourd'hui il est heureux  que tout roule pour lui à la pétanque, avec la bénédiction encore une fois de sa femme Denise.

Voilà chers boulistenautes en quelques mots l'histoire de ce couple qui a marqué ma vie, qui ne compte pas lorsqu'il aime, et qui sait aussi, être très proche de vous dans les moments difficiles comme aujourd'hui encore ils le sont pour moi.



Nous te souhaitons un BON ET JOYEUX ANNIVERSAIRE mon cher POLO. 
Et MERCI à tous les deux de me faire l'honneur, d'être votre  AMI.

Christian

 





Cet article provient de Pétanque
http://www.boulistenaute.com

L'adresse de cet article est :
http://www.boulistenaute.com/modules/news/article.php?storyid=5703