Une Nouvelle de SCIENCE-FICTION sur la Pétanque!

Date 16/3/2006 10:30:00 | Sujet : Editorial bouliste

Bonjour à tous,

Si vous avez quelques minutes à tuer, venez découvrir dans ce récit tragi-comique le déroulement des championnats de France............ 2079!!!

« Bonjour à toutes et à tous, et bienvenue à Moncul, qui nous fait le plaisir d’accueillir ce week-end les championnats de France de pétanque triplette. Le signal annonçant le début des parties retentira dans environ 15 minutes, bonne chance à tous, et que le meilleur gagne ! »

Le célèbre speaker, Théo PLANCHE, venait d’ouvrir le bal pour l’an de gloire 2079, qui restera longtemps gravé dans la mémoire des amateurs et admirateurs inconditionnels  de la petite boule venus assister ou représenter, directement boules en mains, leur département ou région.
Les conditions paraissaient idéales : la chaleur était tout à fait supportable (pas plus de 50° C), et des centaines de spectateurs s’agglutinaient déjà malgré l’horaire très matinal du début de la compétition, autour des « gros bras », champions de France en titre ou autres ex-champions du monde (les champions mondiaux actuels étant depuis environ 10 ans les Chinois, surentrainés et conditionnés à la pétanque dès leur plus jeune âge).

L’événement avait véritablement mis Moncul sans dessus dessous : le maire avait spécialement fait ordonner l’aménagement d’un complexe digne de ce nom pour l’occasion. Des tribunes d’environ 15000 places assises entouraient le carré d’honneur, et chaque jeu était pourvu de minis gradins ayant la capacité d’accueillir approximativement 500 spectateurs.

Monsieur Yvon JOUET, maire de Moncul n’en était pas peu fier.

La table de marque, désormais entièrement informatisée, permettait aux équipes de connaître leur terrain et adversaire grâce à l’écran géant de 15 mètres de long sur 4 de large. Un code confidentiel était également transmis avec la feuille de marque à chaque  délégué d’équipe, code qui permettait d’avoir des informations sur les adversaires, le terrain...

Rémi FASOLLE, représentant de la région Ile de France avait la réputation de parler beaucoup lors des parties, de faire la « musique » comme on le dit traditionnellement dans le jargon. Fidèle à son image, il avait envie d’en savoir un peu plus sur ses adversaires, champions des Bouches du Rhône en titre. Il chercha du regard ses deux compères, Sam BOUFFE et Dave HANDBOOL, et finit par les trouver autour d’un des nombreux distributeurs automatiques de boissons chaudes, froides, tièdes, gazeuses, plates, alcoolisées, panachées, coupées, acidulées, amères etc remplaçant ce que l’on appelait il y a de cela une cinquantaine d’années communément les « buvettes ». Sam sirotait un jus de papaye au parfum de violette et Dave  un chocolat chaud aromatisé aux délicieuse algues d’Altlantique (superstition qu’il conservait depuis trois ans, jour où il avait partagé en 16ème de finale l’international de New-York contre une équipe Albanaise avec qui il avait par la suite sympathisé). 

« Bon les gars, je vous rejoint sur le terrain 66, je consulte la fiche des Bouches du Rhône et j’arrive. »

Il partit d’un pas décidé à la recherche de l’un des nombreux écrans vidéo de consultation des feuilles de matchs, ressemblant quelque peu aux distributeurs automatiques de billets d’autrefois (oui ! jusqu’au premier quart du 21ème siècle les gens utilisaient toujours des bouts de papier en guise de monnaie d’échange ! incroyable hein !!), finit par en trouver un de libre  et tapa le code confié par son délégué Jem LANIS. L’écran afficha aussitôt les renseignements qu’il recherchait, auquel s’ajoutait une voix off de femme totalement robotisée :

« ADVERSAIRES :

Pointeur : Armand JLEBOIS
Milieu : Benoît LE SAILEJEU

Tireur : Jean VOILACAM

RENSEIGNEMENTS COMPLEMENTAIRES :

Cette équipe, championne des Bouches du Rhône en titre est ce que l’on appelle une « outsider» de ce championnat. Jean, le tireur est incontestablement le pilier de cette équipe & a réalisé cette année une superbe saison, en remportant entre autre le trophée des anciens éleveurs de blattes naines de compétition.
Armand, le pointeur a quand à lui une fâcheuse tendance à ingurgiter des quantités incommensurables d’alcool. Là c’est la première partie du matin ; il doit certainement avoir la gueule de bois. Profitez-en !

Enfin Benoît, le « minot » de cette triplette est encore vierge. La moindre petite réflexion à ce sujet et il perdra tous ses moyens.

TERRAINS DE JEU

Les jeux, bien que paraissant simples, ont été conçus dans le but d’être les plus sélectifs possibles. Nous avons calculé l’angle parfait de rotation de la boule, sa hauteur idéale, sa hauteur idéale, sa hauteur idéale, sa hauteur idéale, sa hauteur idéale, sa hauteur idéale… »

« Saloperie de machine !! » hurla Rémi. « Les dirigeants de la fédé pourraient quand même nous donner du matos correct… Y’en a des choses à revoir… Ces machines elles ont 50 ans… » dit il en regardant un petit moustachu derrière lui, qui confirma ses dires par un acquiescement de la tête et un léger soupir.

Mais il en savait désormais un peu plus sur ses adversaires, et le championnat qu’il attendait depuis des mois allait enfin débuter.

Il rejoignit donc ses partenaires sur le terrain 66. Chaque partie était supervisée par un arbitre ; la fédération avait décidé de créer des arbitres « cyborgs », qui, bien qu’ayant une apparence humaine n’étaient pas moins que des robots. Ainsi il n’y aurait plus jamais l’état d’âme ou l’appréhension que pouvait ressentir un arbitre humain en appliquant le règlement à la lettre.L’arbitre restait debout, figé, droit comme un « i », le regard vide de toute humanité et n’interviendrait que sur demande des joueurs ou en cas de non respect du règlement.

Rémi jeta sa première boule prenant pour cible le bouchon sur lequel Sam s’entraînait. Sa boule arriva à mourir environ 10 cm devant le but, Rémi la tira : recul.
« Ca sort pas trop mal » pensa Rémi, qui avait au coin des lèvres ce petit rictus incontrôlable caractéristique des concours à enjeu important.
Il salua ses valeureux adversaires Marseillais, repris le petit entraînement nécessaire avant de débuter la partie du matin et, quelques minutes plus tard, un son aigu très désagréable à l’oreille retentit, signal électronique annonçant  le jet du but.

La partie débuta exactement de la manière dont Rémi et ses amis l’espéraient. Alors qu’ils menaient 7/0, sur une mène très bien engagée pour l’équipe de Rémi après un superbe point de Dave HANDBOOL, Jean VOILACAM manquait double, mais Benoît LE SAILEJEU annulait la mène sur un magnifique tir au bouchon.
A partir de ce moment là, la tendance a totalement basculé dans le sens des joueurs du sud qui allaient marquer 12 points consécutifs, grâce à un Armand JLEBOIS parfait à l’appoint et au tireur Jean VOILACAM qui s’était bien repris.
Le score était à présent de 12 à 7 ; les Franciliens  étaient en panique : écarlates, têtes baissées regardant leurs belles tennis flambantes neuves shooter partout dans le sol, ils ne savent plus quoi faire :
Dans quel sens tourner ?

Comment jouer ses boules ?

Attaquer plus ?

Sam BOUFFE, en tant que doyen de l’équipe, pris alors les choses en main :

« On est nulle part là, faut faire quelque chose MERDE ! On est 7 à 12, on a plus grand-chose à perdre, y’a pas long, on en frappe 6 et c’est gagné ! On est tous les trois capable d’en frapper deux de rang à 7 mètres quand même !! »

Rémi alla au rond frapper une boule à environ 80 cm :
« Argh crochetée !! » balbutia t-il, observant sa boule qui était montée si haut qu’il décrocha une branche du peuplier qui jonchait le terrain. Il tira sa deuxième dans la foulée : pas droit. Celui qui habituellement aimait tant faire craquer les autres nerveusement faisait caca dans son pantalon de survêtement jaune !
Sans consulter ses partenaires, Sam BOUFFE se dirigea vers le rond et manqua double au but.
 
Dave HANDBOOL, complètement désemparé, frappa également la sienne sans conviction et manqua.

C’en était finit, c’était perdu. Les trois joueurs, un à chaque bout du terrain, en étaient intimement convaincu, ils ne s’en sortiraient pas. Il leur aurait fallu un tremblement de Terre, un Tsunami, une éruption volcanique…

Malheureusement, à Moncul, y’a pas de volcan.

A ce moment précis, un brouaha terrible retentit sur tout le site, les arbitres se mirent à trembler de manière convulsive avant de s’écrouler raides au sol, de la fumée noire leur sortant de tous les orifices.  La panique s’empara des joueurs, qui, se demandant ce qui se passait abandonnaient leurs jeux, les spectateurs couraient et hurlaient, les enfants pleuraient… Ils se dirigèrent vers la table de marque afin d’en savoir plus, mais nul n’eut besoin d’explication en y arrivant : l’écran géant avait implosé, ainsi que tous les écrans de consultation des feuilles de match ainsi que ceux utilisés pour intégrer ses résultats et poursuivre le tirage.

C’était clair dans l’esprit de tous : le DRAME s’était produit ; il y avait eu un immense bug informatique qui avait infecté l’intégralité du réseau utilisé pour le championnat. Même les distributeurs de boissons ne fonctionnaient plus.

Les membres de l’organisation ainsi que ceux de la fédération présents organisèrent une brève réunion, et décidèrent à l’unanimité d’annuler purement et simplement le championnat, en raison de « problèmes techniques », ça serait la version officielle. Ils n’avaient pas de papier, pas de stylo, pas de pions, et n’avaient même jamais de leur existence organisé de compétition dans des conditions quasiment aussi précaire qu’il y a un siècle !

L’année 2079 ne connut donc aucun champion de France de pétanque en triplette.

TOUS LES PERSONNAGES DE CETTE HISTOIRE SONT FICTIFS

TOUTE RESSEMBLANCE AVEC L’UN D’ENTRE VOUS NE SERAIT QU’UNE PURE COINCIDENCE





Cet article provient de Pétanque
http://www.boulistenaute.com

L'adresse de cet article est :
http://www.boulistenaute.com/modules/news/article.php?storyid=5009