Loulon, grand cru de Bordeaux

Date 17/5/2020 13:00:00 | Sujet : Les champions

Ses mines de gros nounours placide en ont trompé plus d'un. Sous des dehors débonnaires, Jean-Yves Loulon a été un formidable compétiteur.


Loulon, grand cru de Bordeaux

 


Ses mines de gros nounours placide en ont trompé plus d'un. Sous des dehors débonnaires, Jean-Yves Loulon a été un formidable compétiteur, et l'un des plus grands champions de la fin du vingtième siècle.

Il se fait tout d'abord connaître, alors qu'il est encore tout jeune, en remportant en 1974 le tête-à-tête des Trois Jours de Saint-Pierre, qu'il éclabousse de son talent et de son culot. Vaincre dans une épreuve qui regroupe alors tout le gotha français, et le faire au dépens de joueurs du calibre de Christian Bordin, Joël Lescouzères ou Robert Lebeau propulse le jeune Bordelais au premier rang de la pétanque française. Une place qu'il va continuer à occuper en remportant, en compagnie d'Alain Desvaux et d'Angelo Vedelago, un grand nombre de nationaux dans les années suivantes. C'est ainsi qu'on le voit s'imposer 13-0 à Paris en 1979, en finale du National des Tuileries, dans ce qui a peut-être été la première partie retransmise en direct à la télévision.

 

 

Pourtant, le maillot bleu-blanc-rouge ne se donnera jamais aux Bordelais, qui échoueront deux fois consécutivement en demi-finale du championnat de France triplettes, en 1978 et 1979. Bien plus tard, Loulon s'approchera à nouveau du podium en compagnie de Laurent Morillon et de Jean-Luc Robert, pour un quart de finale en 1992 et une nouvelle demi-finale en 1994.

 

Photo Pétanque Magazine

 

Mais il aura auparavant retrouvé les caméras de télévision en 1991, pour une finale du Mondial la Marseillaise disputée avec Dédé Gally et Denis Scarzella, face à Gortchakoff, Di Mase et Sembolini. On le verra ensuite évoluer aux côtés d'autres grands joueurs du Sud-Ouest, Vallejo, Lescouzères ou Olivier Costesèque, avec qui il disputera une finale à Millau en 1996 aux côtés de l'Espagnol Cardenas.

 

 

Dans un style qui n'appartenait qu'à lui, Jean-Yves Loulon a été un très grand tireur, capable de moyennes monumentales et doté d'un mental hors du commun. Son expérience du terrain, son sens tactique et son sang-froid vont en faire tout naturellement, lorsqu'il intègre le comité directeut de la FFPJP au début des années 2000, le nouveau coach de l'Équipe de France masculine. Un rôle qu'il tiendra à merveille lors de plusieurs championnats du monde, avec la capacité à donner le bon conseil au bon moment comme lors du quart de finale France-Espagne de 2001, où il a participé ainsi à tirer la triplette tricolore d'une très mauvaise posture.

 

 

Cette deuxième carrière au bord des terrains, il va par la suite la continuer au sein du club de Bassens, qu'il va accompagner jusqu'à la plus haute marche de la Coupe de France des clubs, avec une finale  en 2008, suivie de la victoire deux ans plus tard.

Coach Loulon est au top, et l'image de ce grand frère placide et débonnaire qui, au bord du jeu, donne toujours le bon avis, a peu à peu remplacé celle du joueur qu'il a été. Pourtant, dans la mémoire des anciens, subsiste toujours le souvenir du grand champion que fut le Bordelais : prodigieusement adroit, très intelligent et doté d'un incroyable détachement, mis au service d'une formidable confiance en lui. Loulon, quoi.

 

Jean-Yves LOULON nous parle du tête-à-tête à 4 boules qu'il disputait dans les années 70 

 

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