Robert Lebeau, le maître à jouer

Date 1/4/2020 13:00:00 | Sujet : Les champions

Grand tireur, super-pointeur, énorme présence et compétiteur implacable, il a laissé sur les jeux une trace indélébile. Portrait de l'un des plus grands joueurs de son époque.


Robert Lebeau, le maître à jouer

 



Grand tireur, super-pointeur, énorme présence et compétiteur implacable, il a laissé sur les jeux une trace indélébile. Portrait de l'un des plus grands joueurs de son époque.

 

Originaire d'Afrique du Nord, Robert Lebeau se fixe dans la région parisienne dans les années soixante. Il va y rencontrer un tireur corse, Tiburce Mattei et un employé de banque, Jean Paon, qui a été champion de France en 1965 avec Marcel Sarnito et François Mélis. Les trois hommes s'associent en 1969, et vont former l'une des plus grandes équipes des dix années qui vont suivre. La formule marche tous de suite, avec un quart de finale du championnat de France, suivi de deux titres en 1970 et 1971. Le trio, qualifié pour les championnats du monde, va finir troisième en 1971 avant de conquérir le titre mondial l'année suivante.

 

Une seule équipe est alors capable de rivaliser avec eux en Ile-de-France : le derby entre Lebeau, Mattei, Paon et Foyot, Mélis, Authieu va animer la pétanque parisienne pendant des années. Une rivalité qui va connaître son point d'orgue en 1977. Opposé à Foyot en demi-finale, Robert Lebeau va y faire montre de son talent, mais aussi de tout son mordant, jusqu'à une ultime mène entrée directement dans l'histoire de la pétanque, et un nouveau titre pour l'équipe de la place de Nation Pétanque.

 

 

 

Grand milieu en triplettes, Lebeau révélait aussi toute l'étendue de son talent en doublettes. Comme tireur avec Paon, avec qui il revêt un nouveau maillot tricolore en 1975, ou comme pointeur avec Mattei, avec qui il va disputer une demi-finale et un quart de finale du championnat de France, il va continuer à sublimer son formidable sens de la compétition.

 

 

 

Mais c'est bientôt, après que Mattei se soit retiré dans son île de Beauté, en Marco Foyot qu'il va trouver son complément. Les deux hommes ont déjà joué ensemble, et disputé en 1970 une finale aux Trois jours de Saint Pierre. Ils ne décrocheront aucun titre, perdant en 1986 en finale, puis en 1987 en demi-finale du championnat de France, mais constitueront une équipe constamment suivie par les aficionados sur tout le circuit. Associés à René Luchesi, ils disputeront un Mondial la Marseillaise ensemble, s'inclinant en quart de finale face à Roland Sembolini.

 

 

 

L'heure de la retraite venue, Robert Lebeau s'installe dans le Languedoc, où il continue à briller en catégorie vétérans.

 

 

Le personnage, que ses amis décrivent comme un ami charmant, pouvait se montrer difficile en compétition. Ombrageux, utilisant le règlement comme une arme, il n'avait qu'un but dès lors que la partie commençait : dévorer l'adversaire. Il y parvenait généralement en s'appuyant sur une technique irréprochable, au point comme au tir. Mais gare à celui qui mordait un peu le rond : Nounours, comme on l'appelait place de la Nation, accourait, retraçait le rond et se plantait derrière l'adversaire, bras croisés et regard courroucé. Cette attitude en irritait beaucoup, mais le talent du joueur n'en faisait pas moins l'unanimité : Robert Lebeau fait partie, sans conteste, des monstres sacrés de l'histoire de la pétanque.

 

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