FIPJP, la tentation du labyrinthe

Date 28/1/2015 5:00:00 | Sujet : Championnats du Monde de pétanque

Difficile pour la pétanque de se rendre lisible ? Après un championnat du monde qui a pourtant prouvé qu'elle pouvait l'être, les vieux démons de la petite boule semblent être toujours là.

FIPJP, la tentation du labyrinthe

 

 

Quiconque aime la pétanque de compétition a, un jour ou l'autre, tenté de faire partager à ses proches la passion qu'il éprouve. Et expliqué, patiemment, la différence entre les onze championnats de France, les modalités des différentes compétitions par clubs, le code d'élaboration des équipes du Trophée des Villes ou des Masters de pétanque, les charmes comparés des différents concours open et le calendrier des dix ou douze différentes compétitions internationales. Le plus souvent, la conclusion de l'interlocuteur lassé a été : « C'est trop compliqué. On n'y comprend rien. »

Mais le week-end dernier, un rayon de lumière est entré dans cette forêt touffue. Pour la première fois de l'histoire de la pétanque, deux compétitions se déroulaient entre des pays qui alignaient simplement un joueur ou une joueuse, pour des parties déroulant des mènes de six boules. Résultat : un championnat du monde hyper-lisible, des spectateurs et des téléspectateurs conquis et un niveau de jeu global exceptionnellement haut. Le public, les journalistes, les commentateurs des médias sentaient aussitôt qu'il se passait quelque chose de nouveau et que ce format, par sa lisibilité, sa capacité à générer des images fortes et son potentiel de séduction vis-à-vis du grand public, était promis à un très grand avenir.

Mais quelques heures plus tard, patatras ! Le comité directeur de la FIPJP projetait d'organiser en 2017, en même temps que la prochaine édition de ce double championnat du monde individuel, deux épreuves en doublettes et une autre en doublettes mixte. Volonté de noyer ce beau poisson de la part d'un président dont on murmure en coulisse qu'il n'aimerait guère le tête-à-tête ? Tentative de restauration du leadership français après une compétition plutôt douloureuse pour nos couleurs ? Ou tout simplement impossibilité, pour certains dirigeants toujours prompts à se tirer une balle dans le pied, d'échapper à la culture du labyrinthe ? Difficile à dire. De quoi en tout cas rappeler une vérité ancienne, que chacun connaissait en Provence à l'heure où la pétanque emmenait encore dans son sillage quelques effluves anisés : à trop diluer son pastis, on finit par le noyer.

 

 





Cet article provient de Pétanque
http://www.boulistenaute.com

L'adresse de cet article est :
http://www.boulistenaute.com/modules/news/article.php?storyid=17869