Publicité

Les champions : Rizzi : La pétanque, c'est ma vie

Posté par BOULEGAN le 10/7/2020 13:00:00 (11141 lectures) Articles du même auteur

Dans la carrière des plus grands champions, il y a des moments vraiment extraordinaires. Pour Diego Rizzi, pas question de choisir entre tous ces instants, qui tissent la vie qu'il a toujours voulue...


Rizzi : La pétanque, c'est ma vie

 

Photo Yohan Brandt pour Quarterback

 

Dans la carrière des plus grands champions, il y a des moments vraiment extraordinaires. Pour le grand champion italien Diego Rizzi, pas question de choisir entre tous ces instants, car ils tissent la vie que, tout jeune, il a voulue. Entretien avec un passionné.


Quel est ton plus grand souvenir ?

C'est très difficile à dire, parce qu'il y en a trop. Les deux titres de champion du monde en jeunes, ils resteront toujours dans ma mémoire, parce que j'étais petit, et c'étaient de grands moments. Les Masters de pétanque avec Claudy (Weibel, NDLR), Fazzino et Christian (Andriantseheno, NDLR), le Mondial de Millau, les championnats d'Europe l'an dernier, le record du monde de tir de précision, il y en a vraiment trop. Je n'arrive pas à en choisir un.

 

On va donc faire autrement, et partir du début. La pétanque, ça a commençé quand pour toi ?

Quand j'avais trois ans. Mes grands-parents m'amenaient sur la promenade. Il y avait plein de vieux qui jouaient tous les jours, devant la mer. Moi, je voyais ces boules qui roulaient, et je courais après elles. J'y allais tous les jours.

Et quand j'ai eu quatre ans, mes parents m'ont offert des boules pour les petits. J'ai commencé comme ça, à tirer des boules tous les jours, tous les jours, tous les jours.

 

Et tu n'as plus jamais arrêté ?

Non (rires). Vers six-sept ans, mes parents m'ont amené au boulodrome de ma ville, près de Vintimille, et là il y avait un grand club, avec beaucoup de joueurs. J'ai commencé à faire quelques parties, et vers huit ans, j'ai débuté en compétition. On était un petit groupe de sept ou huit garçons, et on partait faire des concours pour les petits dans les environs. Moi, je ne pensais qu'à ça. Je faisais aussi quelques compétitions pour adultes, avec mon père.

 

 

A l'époque, tu pensais que tu pouvais être un jour un grand joueur ?

Non, je jouais pour m'amuser. Je n'envisageais rien.

C'est quand j'ai été un peu plus grand, vers douze, treize ans, que j'ai envisagé de faire de la pétanque plus qu'un hobby. J'ai voulu en faire mon sport. C'est normal, je pense : quand tu vois que tu aimes vraiment quelque chose, tu as envie de l'avoir pour tout le reste de ta vie.

 

A ce moment-là, tu étais déjà tireur, je suppose ?

Que tireur. Je ne faisais que tirer, tirer, tirer. Je ne pointais jamais, et je n'étais vraiment pas bon. Le point je m'en foutais.

 

 

 

Photo Fabien Sanguinède

 

Quand on te voit jouer, on est frappé par ta routine, ta façon d'entrer dans le rond, de te placer. On sent que c'est réglé au millimètre, et je me demandais si c'est quelque chose que tu as mis au point volontairement, ou bien si elle s'est mise en place naturellement, au fil du temps. Quelle est la bonne réponse ?

Ce n'est pas quelque chose que j'ai fait exprès, c'est venu naturellement. Avec mon pied gauche, derrière, je suis juste au bord du rond, et je dois faire très attention pour ne pas mordre.

Ceci dit, lorsque je suis dans une partie, je ne pense pas que je dois faire ci ou ça, je fais les choses naturellement.

Mais pour les championnats du monde 2012 à Marseille, lorsque j'ai appris que ce serait moi qui ferait le tir de précision, je me suis entraîné spécifiquement pour ça. C'est peut-être à ce moment-là que cette routine s'est mise en place. J'ai beaucoup travaillé : c'était ma première expérience internationale chez les seniors, et j'avais envie de faire quelque chose de beau, pour l'Italie, et pour moi. Quelque chose que je trouve grand.


Cette équipe d'Italie à Marseille, tu la partageais avec Alessio Cocciolo, Fabio Dutto et un joueur qui est une véritable légende chez vous, Gianni Laigueglia. Là, tu te retrouvais dans la cour des grands. Qu'est-ce que tu ressentais ?

Gianni, je le connaissais, je jouais déjà avec lui dans mon club, en Italie. Mais c'est vrai que se retrouver là, ça procurait une pression très différente de celle que j'avais connu dans les compétitions de jeunes. Faire un championnat du monde senior, à Marseille, devant des milliers de personnes, c'était nouveau pour moi. Et si tu n'as pas la pression là, ça veut dire que tu n'as pas envie de faire bien. Ça marche ensemble.

 

Photo Jac Verheul


Vous avez fait un très beau Mondial, en ne vous inclinant qu'en demi-finale face à la Thaïlande. Est-ce que pendant la compétition, tu as eu le sentiment que vous pouviez la gagner ?

Peut-être pas, parce que la France jouait à un niveau exceptionnel. Mais nous avons été la seule équipe à la faire un peu trembler pendant les phases de groupe, en ne s'inclinant que 13-11. Mais on n'avait pas en tête de gagner les championnats. Notre objectif, c'était d'essayer d'aller en finale. Parce que battre la France en France, c'était presque impossible. Mais la médaille d'argent, c'était mieux que la médaille de bronze.

 

L'Italie a toujours été un acteur important de la pétanque en Europe. Mais ces dernières années, on a l'impression, avec des garçons comme toi, Alessio Cocciolo et quelques autres, d'une montée en puissance de votre pays.

C'est plus qu'une impression d'ailleurs, puisqu'on vous a vu triompher l'an dernier au Trophée l'Équipe et au championnat d'Europe, après que toi-même tu aies été champion d'Europe en tête-à-tête en 2018. Est-ce que tu penses que désormais, un titre de champion du monde est à votre portée ?

Je pense qu'on n'est pas loin, mais un championnat du monde, c'est une compétition à part. La France est toujours favorite, et c'est normal. Ensuite, il y a la Thaïlande qui a toujours été très très forte, mais maintenant, avec le petit Kondo et le gaucher (Sriboonpeng, NDLR), ils sont encore monté en niveau. Madagascar a toujours de très grandes équipes, il y la Belgique... Le niveau général est monté.

Mais c'est vrai que c'est aussi le cas pour nous. Surtout au niveau mental. On se sent toujours à l'étage d'en-dessous par rapport à ces grands pays, mais on se dit que les boules sont rondes, et que ça peut tourner.

 

Photo Jac Verheul 

 

On te voit beaucoup en France, depuis longtemps. Tu trouves que c'est important, de venir ici, de te mesurer avec les grande équipes du circuit français ?

Oui, bien sûr. Parce que la pétanque, c'est la France. En jouant ici, tu ne peux que devenir plus fort. Grandir mentalement. Parce que tu joues pendant deux jours, tu fais beaucoup de parties, et il faut toutes les gagner.

En Italie, même si le niveau est plus relevé qu'avant, ce n'est quand même pas pareil. Il n'y a pas l'ambiance qu'on trouve en France, on est encore loin derrière. C'est normal d'ailleurs, on a beaucoup moins de licenciés.

 

Quels sont les concours qui t'ont le plus marqué chez nous ?

Les Masters, bien sûr, car c'est une compétition qu'il faut mettre vraiment à part. C'est le top du top.

Mais le plus grand pour moi, c'était le Mondial de Millau. Il y avait les plus grandes animations, le plus gros public, les plus forts joueurs, ils étaient tous là.

Aller au bout de l'un des concours, ça procurait des sensations magnifiques. Quand tu fais la première partie, tu ne penses pas que tu peux gagner, tu y vas pour passer une bonne semaine avec les amis, faire une expérience complètement différente de celles que tu peux faire en Italie.

Déjà, lorsque tu te qualifies pour le deuxième jour, tu trouves que tu as rempli ton objectif à 100%. Ensuite, partie après partie, lorsque tu te retrouves en finale, bien sûr, tu essaie de gagner.

Alors, quand tu gagnes la triplette et qu'ensuite tu fais la finale en doublettes, comme on l'a fait en 2015, tu trouves que c'est super-beau. Même si tu es mort de fatigue. Tu sais que tu vas t'en souvenir toute ta vie.

 

Photo Jac Verheul 

 

Tu es encore très jeune, mais tu as vécu plein de choses en pratiquant ce sport. Aujourd'hui, à ce moment de ta carrière, la pétanque, c'est quoi pour toi ?

C'est ma vie. Elle a toujours été ma vie, même quand j'étais tout petit. Mais depuis, j'ai tout fait pour être là, et aujourd'hui, je peux me dire : « Bravo, Diego. Tu es arrivé à faire ce que tu voulais. »

 

 

 

Entretien réalisé par Pierre Fieux

 

Boulenciel vous présente la "RD by Rizzi Diego"

Carbone Très Tendre 

>DÉCOUVRIR<

 

Diégo RIZZI, Michele DATA dirigeant de Boulenciel et Alessio COCCIOLO 

Lire

Cocciolo, la pente ascendante 

Note: 0.00 (0 votes) - Noter cet article -


Les commentaires appartiennent à leurs auteurs. Nous ne sommes pas responsables de leur contenu.
Auteur Conversation
Capri
Posté le: 11/7/2020 11:08  Mis à jour: 11/7/2020 11:08
Boulistenaute accro !
Inscrit le: 7/7/2005
De: Belgique (Seraing)
Envois: 6082
 Re: Rizzi : La pétanque, c'est ma vie
Un super joueur que j'ai eu le bonheur de rencontrer à la Chiappa.
petanque
Posté le: 10/7/2020 17:43  Mis à jour: 10/7/2020 17:43
CLUB des Supporters Boulistenaute.com
Inscrit le: 26/9/2002
De: 18 Cher - Bourges - Région Centre Bourges
Envois: 34886
 Re: Rizzi : La pétanque, c'est ma vie
------------

Pour la promotion du sport pétanque O°O

La boutique 100% Passion Pétanque, vente de boules de pétanque : [BOUTIQUE]
          195 utilisateur(s) en ligne plus...

DANS LA BOUTIQUE
PODCASTS

SUIVEZ-NOUS
Pétanque mobile Facebook pétanque Dailymotion Vidéo pétanque Twitter pétanque YouTube Vidéo Pétanque Instagram pétanque Pinterest Pétanque Flux rss pétanque

Snapchat pétanque     Tiktok pétanque

Créer votre site Internet petanque
FORUM BLOGPETANQUE.COM
Entraide, trucs et astuces !