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Pratique du sport bouliste : Dans la zone avec Sébastien Belay

Posté par sbpromotion le 22/6/2020 11:40:00 (3231 lectures) Articles du même auteur

Sébastien Belay enchaîne les performances à une vitesse folle. Celui qui avait, à 19 ans, poussé le record du tir de précision à un stratosphérique 63 points, vient d'ajouter...


"Dans la zone" avec Sébastien Belay

Sébastien Belay enchaîne les performances à une vitesse folle. Celui qui avait, à 19 ans, poussé le record du tir de précision à un stratosphérique 63 points, vient d'ajouter une une nouvelle ligne à son palmarès, en gagnant avec Rumilly la première édition de la Ligue Sport Boules M1. Titulaire de nombreux titres de champion de France, il a notamment emporté Thuellin en 2015 et la Coupe d'Europe des Clubs en 2018. En 2019, c'était une victoire en début d'année au Béraudier, un succès en M1 à Bellecour, précédé quelques semaines plus tôt d'une conquête retentissante de la Targa d'Oro à Alassio, Italie. Son parcours l'a logiquement conduit à défendre les couleurs de l'équipe de France, en catégorie jeunes puis aujourd'hui chez les seniors. Le talentueux international français évoque ces succès et dévoile son approche des compétitions.

Tu viens de remporter la première édition de la Ligue Sport Boules M1 avec Rumilly. Voici une nouvelle ligne à ton palmarès, même si la compétition a été stoppée en raison de l'épidémie sanitaire. Quelle est ta première réaction ?
C'est une belle satisfaction car notre équipe sera largement modifiée l'année prochaine. C'est le sport et cela fait aussi partie des règles du jeu. Depuis que je suis arrivé dans cette équipe, nous avons eu la satisfaction d'avoir gagné tous les plus grands concours : Trophée Charles Béraudier, Alassio, Bellecour… On peut dire quelque part, qu'en seulement deux saisons, la boucle est bouclée. Y ajouter en conclusion la première édition de cette Ligue M1, c'est un joli point final. L'arrêt de la compétition est dommageable pour tous compétiteurs. Malgré cela, je pense que nous étions capable de conserver cet avantage jusqu'au bout.

Sébastien Belay, à gauche, à côté de son capitaine Xavier Challamel. Rumilly emporte la première édition de la Ligue Sport Boules M1 

Qu'as-tu pensé de ce nouveau format de compétition ?
Une chose est aujourd'hui très importante à mes yeux : c'est la médiatisation. Clairement le pari est réussi : télévision, articles journaux, réseaux sociaux…Une autre est de donner envie aux publics et aux jeunes de venir voir et de pratiquer notre discipline. La réussite a, là encore, été totale, avec des jeunes qui ont pu s'identifier aux joueurs. Tous ont joué le jeu avec prise de photos ou encore échanges. Nous pouvons je crois remercier Jean François Gobertier et Fabrice La Posta pour l'organisation de cette compétition.

C’est aujourd’hui très important qu'ils aient réussi à donner une image et insuffler ce souffle là, ils nous ont montré le chemin et la direction à suivre. Tout le monde est bien conscient qu'ils ne pourront assurer cela très longtemps. C'est une organisation très lourde financièrement et humainement. Je pense que c'est à nous, joueurs, sponsors, futurs nouveaux dirigeants,  de trouver un système pérenne. Un système qui puisse être capable d'organiser, par le biais fédéral, une compétition de ce style, réussissant à conserver les attraits de la Ligue M1. L'idée d'une ligue « professionnelle » appartenant à la fédération, avec des membres actifs, serait une possibilité envisageable à mon idée. C'est à voir…Nous espérons que tous les acteurs pourront se mettre autour d'une table, pour aller ensemble dans le même sens.

Jouer devant les caméras de la télévision n'est pas évident pour le commun des joueurs ? Est-ce que cela apporte un stress supplémentaire ? Et si oui, comment gères-tu cela ?
Effectivement, au début on a tendance à regarder l'écran géant, à être un peu distrait. Mais je crois que l'expérience des parties déjà filmées lors du Meeting GDP Vendôme par exemple revient vite. Nous nous habituons donc très vite. Il faut simplement être dans sa bulle et se focaliser uniquement sur son jeu.

Sébastien Belay avec Roger Montillet 

Chaque année, tu coches les succès dans les plus grandes compétitions : Thuellin en 2015, Gap en 2017, La Coupe d'Europe des Clubs en 2018, une trilogie incroyable Béraudier, Alassio et Bellecour ainsi qu’un doublé à Gap en 2019, sans parler de tes titres nationaux. Les victoires amènent elles les victoires ou faut-il une soif de vaincre ? Comment ressens-tu cela ?
Effectivement, déjà depuis mes débuts avec Roger Montillet, à mes 18 ans, nous avions eu beaucoup de résultats. Mais ils étaient simplement dans la continuité de son équipe, qui était l'une des plus performantes de France. J’aimerai le saluer ainsi que mes anciens coéquipiers : c'est aussi grâce à eux que j'ai pu progresser et en arriver à gagner ces compétitions. Malheureusement, nous n'étions pas parvenus à gagner des tournois majeurs et je le regrette.

Concernant mes résultats depuis, je peux dire, sans prétention aucune, que j'ai eu la chance d'avoir quasiment tout gagné en France et en Italie. A mon âge, je mesure la chance que j’ai aujourd’hui. Il y a deux saisons qui m'ont marqué.  2018 avec Jean-Pierre Beauregard et Jérôme Bal, où nous avions tout gagné : double, quadrette, Meeting GDP Vendôme et le Super 16. Et la saison dernière, en 2019 avec Xavier Challamel, où tu l'as dit, nous avons réalisé un triplé historique.

Maintenant le plus important, c'est de perdurer à l’image d’un Gérard Condro ou d’un Xavier Majorel qui eux sont plusieurs fois au palmarès, sur tous les tableaux d'honneur. J'aimerai enrichir ce palmarès de plusieurs victoires dans chaque compétition, comme à Gap ou pour le trophée Emile Terrier, où j'ai déjà eu la chance de doubler la mise.
A l’heure d’aujourd’hui, ma soif de victoires est intacte et j’aimerai aussi parvenir à briller sous le maillot tricolore en seniors. L'objectif ultime est un titre de champion du monde. Mais cela demande encore des sacrifices que je suis prêt à réaliser, après peut-être pourrais-je dire : je peux arrêter tranquille (rires…).

En 2014, à 19 ans, tu avais battu le record du tir de précision, en le poussant à un stratosphérique 63 points ! Est-ce que cela a été un tournant dans ta carrière ? Un déclic qui ouvre "les portes du possible" ?
Pour réaliser un record, il faut des circonstances spéciales. Elles étaient ce jour-là réunies. Cela m'a effectivement donné confiance et m'a propulsé sur le devant de la scène, car ce record a eu un retentissement européen et mondial. Ça a été un gros coup de pouce…Depuis quelques années, on sentait comme une certaine lourdeur, une certaine pression sur ce précision, on sentait que ce record pouvaient être poussé plus haut. Régulièrement de très grands noms français et mondiaux avaient fait 37-38 parfois 40. Mais ce palier était un peu mythique car depuis la nouvelle réforme, personne ne l'a franchi. 

Je pense effectivement, malgré moi, avoir ouvert les portes du possible dans cette épreuve. Je trouve aussi que les entraînements en général en tir de précision ont évolué, la concurrence est devenue de plus en plus rude. Et je vais me répéter aussi : il y a eu la radiation des records pour la modification d’une petite règle, d'une toute petite règle… Mais les records du monde dans la tête du grand public seront le mien en tir de précision et ceux de Sébastien Grail et de Guillaume Abelfo en tir progressif (51 touches) tant qu'ils ne seront pas battus…C'est bien là le plus important : être dans la tête des gens, et pas sur un papier …

>>> A lire : "Sébastien Belay ouvre les portes du possible" à partir de ce lien

Sébastien Belay et Sébastien Leiva-Marcon font emporter la victoire en double lors de l'Euro -23, Saint-Vulbas 2018 

Justement, on s'intéresse sur Boulistenaute à la notion de "flow", dans la zone, l'état de Grâce. Vu de l'extérieur, cette performance y ressemble : 19 boules d'affilée réussies au tir de précision. Y a-t'il d'autres moments où tu y as goûté ? Ce sentiment en cours de jeu, concrétisé sur le terrain, que rien ne pouvait t'arriver ?
Effectivement on peut voir cela comme ça de l'extérieur … Je crois que ce sentiment est la jonction de plusieurs facteurs, à l'instant T, tout simplement : forme physique, adresse et sensation du moment, concentration ultime, contexte favorable…. Si tout est réuni, ce n'est pas pour autant que le record du monde va tomber. Mais c'est souvent prémonitoire de très grandes performances.

Je crois qu'en réunissant ces aspects-là, plusieurs grands joueurs sont capables de réussir ce genre de performances. Ce "flow", il s’agit d’un sentiment que j'ai également pu ressenti lors de la finale de l'Euro à Saint Vulbas, avec mon ami Sébastien Leiva Marcon. J’avais l’impression que nous étions invincibles, je n'ai jamais douté un seul instant de la victoire. Bizarrement, cela est intervenu après une grosse déception dans l'épreuve du simple, où j’ai simplement été l'ombre de moi-même. Comme lorsque j'avais établi le record du monde : j'avais réalisé une bien piètre performance lors du premier tour !

>>> A voir : "la finale du double, Euro -23, Saint-Vulbas 2018" contre l'Italie à partir de ce lien

Je constate chez les grands champions boulistes que les très grandes performances arrivent souvent après une défaite qui fait mal. C'est sûrement le propre des grands champions aussi d'être piqué dans son orgueil et de savoir réagir. C'est là où le caractère ressort et où le désir d'effacer le résultat précédent est le plus fort. Je crois que les défaites sont formatrices pour progresser et parvenir à sortir de sa zone de confort. C'est dans ces moments là où les grands deviennent très grands .

Sébastien Belay, la déception en simple lors de l'Euro -23, Saint-Vulbas 2018 

Quels sont pour toi les clefs de la concentration ? As-tu des habitudes, des routines, avant chaque partie ? Comment fais-tu pour entrer dans la zone ... et ne pas en sortir ?
Tout d'abord, je pense qu'il faut bien différencier les différentes épreuves. Concernant le tir de précision, il me faut tout d'abord chauffer le corps et l'esprit avant une épreuve ; je m’imagine les cibles par exemple. Ensuite pendant l'échauffement, je recherche et prends les meilleures sensations possibles. Une fois l'épreuve attaquée, il ne faut plus en sortir car c'est très court. Si jamais vous manquez votre départ, il est impossible au très haut niveau de revenir, même si vous vous remettez dans le droit chemin.

Il faut aussi être prêt mentalement à souffrir, car si vous ne l'êtes pas, vous n’irez pas au bout du tir : c'est à la fois très court si l'on est pas dans l'opposition mais à la fois très long quand on est à 200%. C'est ce qui fait la beauté de cette épreuve et son exigence. Je n'ai pas connu le tir de précision à deux boules mais j'aurais aimé : il doit falloir des phases de repos dans la concentration… cela devait être une toute autre autre épreuve.

En jeu traditionnel, cela est différent : en quadrette, triple ou double, je pense qu'il est très important d'avoir des phases de concentration autour de ses propres boules à jouer. Si vous voulez jouer les boules de tous, vous ne tenez pas la longueur de la partie. Il faut savoir jouer les boules avec les copains quand c'est nécessaire, mais pas sur toute la durée d'une partie. C'est cela être un bon partenaire

Est-ce que tu as une préparation mentale spécifique ?
Spécifique non, spéciale je pense que oui : lors des entraînements, nous mettons en place des routines de préparation que l'on répète inlassablement. On ne se rend parfois plus compte de celles-ci et avons besoin d'un regard extérieur pour les modifier, pour mieux appréhender la compétition derrière.

Sébastien Belay a emporté de nombreuses étapes du Super 16 en France, ici à Dardilly 

Tu es un joueur polyvalent : pointeur, tireur, à l'aise sur tous les postes et toutes les épreuves, comme au tir de précision et au tir en relais. As-tu une épreuve favorite et, en jeu traditionnel, une affection particulière pour un poste ? Pourquoi ?
Cela va peut-être surprendre car je suis jeune, mais je suis issu du secteur traditionnel : c'est comme cela que nous avions attaqué lorsque je me suis formé. Et je tiens à dire que nous nous amusions beaucoup très jeunes. Nos entraînements étaient souvent une partie en double ou le dimanche avec les anciens du club, ce mélange de génération nous a donné envie de jouer. Il faut dire que malgré notre âge, nous étions moins exigeant sur les nouvelles technologies et n’avions pas de téléphone si jeune, on s'amusait en jouant aux boules ou au foot …

Mes épreuves préférées sont donc le traditionnel et la quadrette, c'est pour moi cette pratique qui réunit le plus de qualités et de compétences à acquérir pour réussir : la cohésion, la gestion de son équipe, de l’équipe adverse (forces et faiblesses)… Le double et le simple sont aussi de très beaux jeux mais plus basés uniquement sur les qualités pures des joueurs. L'aspect "équipe" y est moins important. Venant du football, cette notion du groupe, de l'équipe, c'est quelque chose qui me plait. 

Je suis assez polyvalent car j'ai pu développer des qualités sportives en jouant au football à un bon niveau. Je me plie donc assez bien à tous types d’épreuves, même celles demandant de la puissance et de la vitesse. Concernant les postes, oui, nous avons appris à pointer depuis tout petit, c'est une culture que nous avons dans notre ADN, le point fait partie de notre sport. En quadrette je préfère tirer, et tirer en second quand je suis au top de ma forme mais je m'adapte. Quand nous sommes deux joueurs avec le même profil, j'apprécie aussi tirer devant. Pointer en second en quadrette : très exceptionnellement comme lors de ma seconde victoire à Gap avec Grégory Chirat et notre ami italien Alessandro Longo.

En double, j'apprécie beaucoup pointer avec certains tireurs. Je ne le ferai pas avec tout le monde, car le jeu moderne en double exige maintenant de jouer avec deux tireurs. J'aimerai beaucoup continuer l'aventure de pointeur en double avec Greg Chirat ou Sébastien Leiva-Marcon en équipe de France. Je pense que j'ai les aptitudes pour aider au mieux mon tireur par ma jouerie. J'essaye aussi d'être un bon coéquipier. A moi de tout faire pour montrer mes capacités au sélectionneur.

>>> A voir : "Sébastien Belay au point en double lors de la finale du Béraudier 2019" à partir de ce lien

En ce qui concerne tir de précision, c'est une épreuve que j'apprécie, mais surtout en club car l’idée d’équipe, encore, me motive. Je pense être moins performant à ce jour individuellement, d'ailleurs je pense avoir un travail à faire pour emporter le France Tirs. C'est un des rares titres qui me manque aujourd'hui en France, mais ce n'est sûrement pas un hasard…
 
 
Sébastien Belay évolue en France en club sportif sous les couleurs de Saint-Vulbas 
 
La Pétanque ? Le Jeu Provençal ? La Raffa Volo ? La Lawn Bowls ? Tu joues, tu regardes, tu connais ?
Bien sûr, j'apprécie beaucoup la Pétanque et le Jeu Provençal. La pétanque, il m'arrive de faire quelques nationaux ou internationaux avec mes amis. L'année dernière, nous avons fait deux concours. Perdu en 8ème du National de Trévoux avec mes amis Bruno Perras et Steven Chapeland : un garçon très prometteur, qui a l'étoffe d'un futur joueur de l'équipe de France de Pétanque. Je lui souhaite une bonne continuation et j'espère qu'il atteindra ce niveau à la hauteur de son talent. Perdu en 16ème de l'International de Vaulx en Velin, avec Sébastien Leiva-Marcon et Nico Bousch, aussi mes amis, avec la sensation de pouvoir faire mieux malheureusement. J'aimerai gagner un National de Pétanque dans les prochaines années, ça me ferait vraiment plaisir.

Le Provençal, j'ai également fait quelques concours et deux éliminatoires du Rhône, dont un où nous aurions dû nous qualifier. Malheureusement, nous avons échoué aux portes à 12, en demi-finale. Le second, je n'en garderai pas un bon souvenir car nous avions joué dans des conditions dantesques. J'en profite pour faire un petit clin d’œil à Cedric Cazorla, j’espère te voir un jour sur un championnat de France de cette discipline. Mais cette fois, c'est pas toi qui prend le maillot (rires…).

>>> A lire : "Dans la zone avec Cédric Cazorla" à partir de ce lien

Concernant les autres sports, je connais évidemment. La Raffa Volo ne m'intéresse pas et la Lawn Bowls non plus. Toutefois je souhaite un bon développement en France à ces sports qui sont voisins du nôtre.

Boulistenaute ?
Il m'arrive de lire certaines, voir pas mal d'interviews, mais rien de plus, je m'en excuse (rires…). Je vous promets de m'y pencher un peu plus dorénavant. Mais il s’agit d’une très bonne chose, c'est bien fait.

Pour conclure, quelle question aurais-tu aimé que je te pose et quelle réponse y aurais-tu apportée ?
Je pense que tout a été dit. Je souhaite une longue vie à toutes nos disciplines et j’espère que les querelles et les rivalités entre celles-ci n'existeront plus à terme. Je souhaite aussi qu'une politique commune ou en tout cas, des axes de développement commun puissent être envisagés. Merci pour cette interview.
 
Par 
Christophe CAMPIGLIA
 
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