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Pratique du sport bouliste : "Bien joué ! Mais pourquoi ?" : L'imparfait du subjectif

Posté par sbpromotion le 2/4/2020 19:00:00 (3329 lectures) Articles du même auteur

Bien joué ! Mais pourquoi ? D'une réflexion sur l'évaluation d'une partie de boules, sbpromotion vous propose un cheminement pour essayer de répondre à la question : "Bien joué !", cela veut dire quoi en fait ? Basé sur les réflexions d'un "Lyonneux", à adapter, peut-être, pour les "Pieds Tanqués", cet itinéraire ne propose pas de conclusion, pour rester ouvert à de nouvelles possibilités. Chapitre 2 : L'imparfait du subjectif.


 
"Bien joué ! Mais pourquoi ?" : L'imparfait du subjectif
Découvrez dans cet article la subtile stratégie de Fabien Amar, içi au point (une photo de Laurent Cottaz)
 
 
La seule fois où j'ai battu Lionel Ditra

C'est une fiction mais oui, cela m'est arrivé une fois. Lionel Ditra était ma bête noire. Impossible de le battre. Sauf un jour, les planètes étaient alignées et cela est arrivé. Il semblait l'avoir mauvaise. Mais il est quand même venu boire un verre. Dans les commentaires d'après match, il me disait que j'avais eu de la chance, détaillant tel ou tel coup. J'étais surpris car dans ma lecture de la partie, j'étais persuadé d'avoir été supérieur à lui dans tous les compartiments de jeu.

Je me suis longtemps demandé lequel d'entre nous avait raison sur l'analyse de cette opposition. Impossible de la revisionner car elle n'était pas filmée. Alors, lequel des deux joueurs étaient dans le vrai ? Lui ou moi ? Aucun des deux. Ou peut-être les deux. Un débat entre deux personnes sur la notion de vrai et de faux peut souvent tourner au conflit. Car les représentations de chacun sur ces notions diffèrent en fonction de leur morale.

Les années bac 

Les années bac, et la petite ou grande angoisse à l'approche des notations : à 10/20 de moyenne, vous aviez le baccalauréat. Le sésame pour les années supérieures était acquis. Sauf que ... un jour, un étudiant a voulu aller s'inscrire en faculté de mathématiques appliquées aux sciences sociales. Une bonne idée voilà trente ans, avec l'explosion à suivre de l'internet et de l'exploitation des données. Baccalauréat en poche, 11/20 de moyenne, le voilà qui part s'inscrire à la faculté. Sauf qu'on lui fait comprendre qu'il y a énormément de demandes, que toutes ne pourront pas être acceptées. Les meilleurs dossiers seront retenus. En dessous de 14 de moyenne, inutile d'espérer intégrer le cursus.

Un fait peut avoir plusieurs sens : au dessus de 10, vous avez votre diplôme en poche, pour finalement vous apercevoir qu'en dessous de 14, il ne vous sert pas à ce que vous souhaitiez faire. Si vous mesurez un mètre soixante, vous serez considérés de petite taille dans les normes européennes. Vous voilà projeté au coeur du peuple Babongo, peuple forestier du Gabon, sous groupe des pygmés Babinga : vous aurez des chances d'être le plus grand de la bande. 

Une boule ratée ou réussie, c'est quoi ?
 
 PLAY (7 minutes) 

Il en va de même pour une boule jouée : une boule peut être vue comme ratée par le public et réussie par le joueur.  Elle ne dépend que du regard de celui qui regarde. C'est l'interprétation que l'on fait des choses qui leur donne un sens. En demi-finale du Challenge Robert Millon, à Gap, en 2017, Fabien Amar met en place une jouerie subtile. Son équipe mène 10 à 6 et la fin du temps réglementaire approche. Ses adversaires italiens doivent marquer quatre points sur la mène pour espérer égaliser. Leur quatrième boule reprend le point. Les Lyonnais sont alors à quatre boules contre deux.

Plutôt que de tenter de retrouver le point, par une action de tir ou de point, Fabien Amar envoie son tireur Simone Mana au tir. L'objectif est de chasser une boule adversaire, qui n'a pas le point, hors du jeu. Le tir réussi les met à l'abri d'une mène de cinq points. Ils ne peuvent plus perdre. Puis à trois boules contre deux, il négocie au point sa première boule sans chercher la reprise. Il rentre en second. Le temps d'aller jouer sa dernière boule, la sonnerie marquant la fin du temps réglementaire retentit. Il vient d'empêcher la formation italienne d'aller tenter l'annulation.  Simone Mana part tirer sa dernière boule, une nouvelle fois une boule qui n'a pas le point. Il frappe, empêchant ainsi l'équipe adversaire de pouvoir revenir définitivement au score !

La croyance est subjective

Plutôt que de chercher à retrouver le point, Fabien Amar et Simone Mana ont préféré empêcher leurs adversaires de tenter l'annulation, synonyme d'une nouvelle mène. Selon un point de vue, peut-être celui de certains spectateurs présents, toutes ces boules auraient été considérées comme ratées, car la reprise du point n'était pas au rendez-vous. Mais dans la stratégie de jeu décidée par les joueurs, toutes ces boules étaient réussies : elles avaient atteint leur objectif.  

Un fait est, c'est tout. C'est le regard de chacun qui apporte un sens à sa réalité. Bon / pas bon, réussi / raté, grand / petit : tout dépend de l'interprétation de celui qui regarde. Et de son esprit, qui confère aux choses un caractère subjectif. Le regard et l'esprit de celui qui regarde transforment un fait en croyance. Une croyance forcément subjective. Dans ce contexte, est-il possible de mettre en place une évaluation objective ? Une proposition sera faite dans le prochain chapitre : passer de la croyance à l'expérience.
 
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