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Mondial la Marseillaise à pétanque : Vigo Dubois, les signes du destin

Posté par BOULEGAN le 24/8/2020 7:00:00 (4644 lectures) Articles du même auteur

Au Mondial la Marseillaise, où les pointeurs sont rois, Vigo Dubois a soulevé cinq fois le trophée des vainqueurs. Il nous a parlé de son concours préféré.



Vigo Dubois, les signes du destin



Au Mondial la Marseillaise, où les pointeurs sont rois, Vigo Dubois a soulevé cinq fois le trophée des vainqueurs et marche sur les traces des fabuleux records de Pisapia, Foyot et Kokoyan. A quelques jours du coup d'envoi de la 59ème édition, il nous a parlé de son concours préféré.


Avec qui fais-tu la Marseillaise cette année ?

J'ai eu plusieurs propositions, mais avec tout ce qui s'est passé, le COVID, les masques, je n'étais pas très chaud. Je ne savais même pas si elle serait maintenue. Mais dernièrement, quand j'ai vu qu'elle allait avoir lieu, j'ai fait une équipe avec mon fils Dawson et mon neveu Maïky Dubois.

J'ai vu les parties qui sont inscrites, il y en a de très belles. Mais on va essayer de faire quelque chose.

 


Tu as remporté cinq fois le Mondial. La première fois, en 2006, tu formais une équipe qui a créé la surprise, et qui n'était pas venue concourir avec de telles ambitions. Parle moi de cette victoire.

Je vais t'expliquer comment ça s'est passé. Mon frère (Jo Dubois, NDLR) et moi, on n'était pas équipés, et mon cousin Mamour (Molinas, NDLR) et venu chez moi passer une semaine. On lui a demandé s'il connaissait un joueur, et il nous a dit d'appeler Kader Benefissa. Il était libre, on est tombés d'accord et on lui a donné rendez-vous au parc le dimanche à 8h30.

A 8h30, il n'était pas là. A 8h40 non plus. A 8h45, j'ai dit à mon cousin Marcel Paoletti : « Joue avec nous, il ne viendra pas. » Et juste au moment où on allait se faire marquer tous les trois, on a vu Kader qui arrivait. Du coup, on a joué avec lui.

La première partie se passait à Saint-Loup. On est arrivés juste à temps, et on l'a gagnée 13-12. Et après, tout doucement, on en a gagné une autre, puis une autre... On a bien joué tout le long.


Mais quand même, vous ne vous attendiez pas à vous retrouver dans le carré, je suppose ?

Jamais... Jamais, jamais.

Bon, quand même, quand est arrivé le mercredi, on s'est dit qu'on allait voir comment on allait être. Et on a bien joué, en huitièmes on a gagné facilement, et en quart on a pris Demaria, Moldt et Muleta, et on est arrivés à les battre.

Pour nous, c'était un rêve. Surtout en s'équipant au dernier moment, même si ça a marché tout de suite avec Kader. C'était magique.

 

 

Photo Martha Lewis


Et le lendemain, vous gagnez votre demi-finale, et vous êtes en finale contre Passo, qui était ton oncle. Ça aussi, c'est fou, non ?

Oui, c'est vrai. On était content d'être là, on se disait que s'il gagnait cette Marseillaise qu'il n'avait jamais gagnée, ce serait beau, on aurait été contents pour lui. D'autant qu'on était menés 10-1.


Et là, il se passe quoi ?

On va perdre. Je n'ai pas bien pointé, Kader me suit et reperd le point. Il nous reste trois boules et il dit à mon frère : « Tire la boule, on ne sait jamais. » Jo fait un recul, et il embarque le bouchon qui se noie.

C'est parti de là. On a mieux joué et on a gagné 13-11.

 

Photo La Marseillaise


Tu viens de gagner le Mondial la Marseillaise. Qu'est-ce que tu éprouves ?

Je ne réalise pas. On était des petits joueurs, à l'époque. J'ai mis au moins une semaine pour arriver à croire qu'on avait gagné la Marseillaise. Et je l'avais gagnée avec mon frère : il n'y a rien de plus beau. C'était le destin, je pense. C'était un concours qu'on devait gagner, qui était tracé pour nous.

 

Ça a changé quoi, pour toi, cette victoire ? Est-ce que tu as eu l'impression que le regard que les autres portaient sur toi était différent?

Déjà, moi, je suis devenu différent. J'étais un petit joueur, et gagner ça, ça m'a mis d'aplomb. Je me suis dit que je pouvais faire d'autres résultats, commencer à me faire connaître. Et c'est ce qui s'est passé. Gagner la Marseillaise, c'est comme un titre de champion de France, ça t'ouvre beaucoup de portes.

 


Tu as joué dans toutes les plus grandes épreuves du circuit, foulé les carrés d'honneur les plus prestigieux, mais lorsque tu parles du Mondial, on sent que c'est un concours particulier pour toi. Qu'est-ce que tu aimes dans cette compétition?

C'est une des plus belles compétitions, et en même temps c'est une fête. C'est difficile de décrire la Marseillaise, mais... c'est un concours qui ne ressemble pas aux autres. Il est vraiment phénoménal.

J'aime l'ambiance, la convivialité, le fait de rencontrer autant de gens.

Et selon les jours, c'est différent. Le dimanche et le lundi, c'est la fête. Et à partir du mardi, on est dans un grand concours, avec de belles parties, de la grande compétition.


On remarque que les détenteurs d'un grand nombre de victoires dans ce concours sont souvent des pointeurs, contrairement à d'autres grands internationaux. Comment est-ce que tu expliques ça ?

C'est vrai que pour avancer au parc Borély, il faut savoir pointer. Et surtout, il faut savoir faire rouler la boule. Moi, j'aime envoyer, mais il faut jouer comme le terrain le demande. Et là, il faut faire rouler, parce qu'en envoyant, on peut faire une, peut-être deux belles parties, mais le concours est très long, et il faut tenir la distance. Tous ceux qui l'ont gagné souvent étaient de grands rouleurs.

Et pour les tireurs, c'est pareil : il faut qu'ils soient capables de tirer de rafle s'il le faut.

 


En fin d'année dernière, ton fils Dawson est devenu champion du monde juniors. Qu'est-ce que tu as éprouvé au moment où il a gagné ce titre ?

C'est magique. Quand tu as un enfant, tu veux qu'il ait plus que tout ce que tu peux vouloir pour toi. Et qu'il ramène ce titre, c'était merveilleux. Surtout chez nous : la pétanque, chez les Dubois, les Lacroix, les Lafleur ou les Molinas, c'est une histoire de famille. Et notre vie, c'est les boules. Quand Tyson a été champion de France ou champion d'Europe, quand Maiky a été champion du monde, on était tous fiers. Là, c'est pareil.


Toi-même, tu n'as jamais été sélectionné en Équipe de France. Tu l'as regretté ou pas ?

S'ils m'avaient appelé, j'y serais allé. Mais je n'ai jamais attendu après ça. Je travaille dans les espaces verts, et j'ai beaucoup de chantiers l'été. Mon travail, ma famille, ça me prend beaucoup de temps et je ne peux pas m'investir autant que d'autres.


Entretien réalisé par Pierre Fieux


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Auteur Conversation
bourdigou
Posté le: 24/8/2020 16:48  Mis à jour: 24/8/2020 16:48
Boulistenaute en progrès
Inscrit le: 30/4/2007
De: Castillon - 64 Pyrénées Atlantiques - Aquitaine
Envois: 218
 Re: Vigo Dubois, les signes du destin
J'ai toujours été impressionné par son volume de jeu au point,
Un grand joueur.
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