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Mondial la Marseillaise à pétanque : Messonnier, le cœur à Borély

Posté par BOULEGAN le 15/8/2020 7:00:00 (7009 lectures) Articles du même auteur

Le Mondial la Marseillaise va se dérouler à Marseille du 30 août au 2 septembre. Patrick Messonnier, le vainqueur 2019, nous a parlé de son épreuve fétiche.



Messonnier, le cœur à Borély

 



Tu es le tenant du titre du Mondial la Marseillaise, et tu vas prendre le départ de l'édition 2020, comme le veut la tradition, avec l'équipe numéro 1. Mais, pour la première fois, je crois, dans l'histoire du concours, celle-ci sera différente de l'équipe qui a gagné l'an dernier, puisque Joe Casale jouera au sein d'une autre formation. Qu'est-ce qui s'est passé ?

Au mois d'octobre dernier, quand on lui a demandé si on refaisait la même équipe en 2020, il a dit oui, mais très rapidement, il m'a envoyé un message où il disait que la Marseillaise ne lui avait pas plu, qu'il y avait trop de pression et qu'il préférait ne pas la refaire.

Donc, on a commencé à chercher un autre joueur et on l'a fait tout naturellement dans notre vivier de joueurs Toro, puisque la Team possède pas mal de jeunes de qualité et que c'est notre esprit de les mettre en avant quand on le peut. On a demandé à Mayron Baudino, le champion de France junior 2018, qui a accepté.


Tu n'as pas été étonné de voir Joe Casale s'inscrire au sein d'une autre équipe ?

Il y a quelques temps j'ai appris, par une indiscrétion, qu'il était peut-être équipé dans une autre partie. Et donc, naturellement, je lui envoie un texto. Et il me dit que son président de club voudrait avoir une équipe homogène, qu'il joue avec Kevin Malbec et un de leurs amis du club. Du coup je m'étonne, lui rappelle qu'il m'a dit que l'ambiance du concours ne lui plaisait pas et que prendre le départ avec une autre équipe, c'est un manque de respect pour les organisateurs, qui invitent chaque année la triplette tenante du titre, et que c'est aussi un manque de respect pour Adrien Delahaye et moi. Et mon message reste sans réponse.

Mais sutout, dernièrement, j'ai appris que lors d'un concours organisé près d'ici à la mémoire du grand-père de Cissou Cantarel, il a dit que s'il était revenu défendre son titre avec nous, ça aurait été complètement à ses frais. Ça m'a fait réagir vertement, puisque comme je te l'ai dit, le Mondial invite systématiquement, depuis trois ans, les vainqueurs de l'édition précédente. Et quand bien même ce ne serait pas le cas, la Team Toro a toujours aidé ses joueurs dans leurs déplacements et l'aurait fait s'il en avait été besoin. Même s'il a quitté cette année la Team pour Boulenciel, qui est partenaire de son club actuel.

 


Revenons au Mondial. Tu as connu deux fois la joie de soulever la coupe du vainqueur, mais tu as connu aussi la pire frustration que peut réserver ce concours, celle d'échouer en quart de finale. Raconte-moi ça.

Je me rappelle de toutes les parties que j'ai faites dans ce concours. Même la première fois que je suis venu, en 1992, avec Christophe Lac qui était en Belgique et Pascal Meunier, avec qui je jouais à Paris. Je me suis dit : « C'est le plus beau concours du monde. C'est celui-là que j'aimerais gagner un jour. »

Et en 2008, j'étais avec Maxime Vanel et Sébastien Jacquin, qui avait perdu la veille au championnat de France tête-à-tête à Bourg-Saint-Andéol. Et on joue bien, on avance, on avance, et je m'aperçois qu'il n'y a pas de discussions sur le jeu : ils me font confiance pour le mener, et se concentrent à bien jouer. Ça se passe plutôt bien, et on arrive, effectivement, en quart de finale.

C'est une partie qui est terrible, parce qu'elle ouvre ou ferme les portes du dernier carré, et parce qu'on prend en général une très bonne équipe. Là, on joue Benmostefa, Stievenard et Robert Borg, le président de la Boule Florian. C'était quelques mois après la disparition de Petou Caglieri, qui était son ami et aussi un des miens. On s'est d'ailleurs dit avant la partie qu'il fallait que le gagnant essaie ensuite de gagner le concours pour Petou, qui avait échoué deux fois en demi-finale.

 

 

Et au début, on est malmenés. On se retrouve très loin, 3-11 ou 4-11, quand Benmostefa manque une gagne pas très compliquée à réaliser pour un joueur comme lui.

Et on commence à mieux jouer, à remonter. Il y avait trois ou quatre cent personnes autour, sur les gradins, contre les barrières, debout sur des scooters qui prenaient fait et cause pour nous, comme toute galerie le fait pour le plus faible lorsqu'il combat. Ils nous aident, ils nous poussent, et c'est ça qui fait qu'on parvient à remonter. Ça crée des émotions fantastiques, que tu ne peux connaître que là, au Mondial.

Et finalement on a une mène de gagne à six mètres, où il faut taper trois fois. Et Sébastien, qui avait fait un tir parfait jusque là, manque celle-là. On arrive 11-11, ou 11-12, et on perd après un carreau de Stievenard, qui avait été moyen jusque-là et qui a réagi à la dernière mène en grand champion qu'il est.

 


Tu as joué dans toute la France, sur les plus grands carrés d'honneur. Qu'est-ce que le Mondial la Marseillaise a de spécial ?

Le public. Les gens qui sont autour, ils sont venus voir ta partie. Dans les plus grands concours, il y huit cadres, seize cadres côte à côte. Le public regarde toutes les parties à la fois, toi et tout le monde. A la Marseillaise, que ce soit les trente-deuxièmes, les seizièmes ou la finale, les spectateurs ne suivent qu'une partie, ils ne regardent que toi. Et ça change tout.

En 2015, le lundi matin, on est tombés sur N'Guyen, Kerfah et Aimé Courtois. On n'était pas encore sur le terrain qu'il y avait déjà trente ou quarante personnes qui avaient pris place autour. Et à la fin de la partie, il y en avait évidemment trois ou quatre fois plus, mais tous étaient venus suivre cette partie-là, plutôt qu'une autre.

Ça crée beaucoup plus de pression, beaucoup plus d'émotions et beaucoup plus de motivation pour ne pas être ridicule. Quand tu as un peu de caractère, il n'y a rien de pire que de paraître ridicule. Et quand tu joues mal dans ces parties-là, c'est extrêmement difficile de trouver la force morale qui te permet de revenir. Même de très très bons joueurs peuvent se retrouver avec des boules qui brûlent les doigts, et n'avoir qu'une hâte, c'est de s'en débarrasser pour que le calvaire s'arrête.

Là, ceux qui s'en sortent, c'est ceux qui utilisent toute la minute, qui font durer le temps pour se concentrer, qui prennent la pression sur eux pour en décharger leurs partenaires au bon moment. La Marseillaise, c'est tout ça.

 


En 2015, justement, tu touches au but en compagnie de Cédric Salvini et Kevin Lellouche. Pour un joueur des Bouches-du-Rhône, puisque tu vis à Salon, je suppose que c'est juste énorme de gagner le Mondial ?

Bien sûr. C'était la première fois qu'on jouait tous les trois, et dès qu'on est arrivés, on a senti que quelque chose se passait. On n'a jamais encaissé plus de sept points par partie. J'ai fait le jeu qu'il fallait, on a eu un très bon Cédric et un Kevin exceptionnel, stratosphérique. En cinq journées, il n'a jamais fait plus de cinq, six trous par jour.

Le lundi après-midi, on a pris trois Marseillais près du carré France 3, en plein soleil. Les six premières qu'il a tirées, à dix mètres sur cette route avec très peu de gravillons, n'ont pas bougé d'un millimètre. Deux jours après, j'ai croisé un des gars qui m'a dit : « Ce qu'à fait ton tireur, je ne l'avais jamais vu de toute ma vie. »

 

58ème Mondial la Marseillaise à pétanque 

 

Et ça a été comme ça jusqu'au bout, même en demi-finale où il m'a avoué avoir eu la pression, et l'impression que la boule ne montait pas. Il a tiré un peu court les deux premières, et puis il est repassé à son jeu normal. Et en finale, il a fait carreau à la première, il a fait carreau à la deuxième, il a fait carreau à la troisième, et il a fait un seul trou dans la partie.

 

 

C'est rare que le tireur se mette autant en évidence, pèse autant sur la partie, en finale du Mondial. L'an dernier, c'est Adrien Delahaye qui a été colossal, et je pense que j'ai moi-même mieux joué qu'en 2015.


Entretien réalisé par Pierre Fieux

 

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