Publicité

Midi-Pyrénées : Millau blues

Posté par BOULEGAN le 18/8/2016 5:00:00 (9488 lectures) Articles du même auteur

Lundi, je me suis arrêté quelques instants au parc de la Victoire. Mauvaise idée.

Millau blues

 

 

Je m'étais pourtant promis de ne plus mettre les pieds à Millau de longtemps. Et puis je suis passé tout près, lundi, en revenant chez moi. J'ai hésité. Et finalement,  j'ai fait le détour par le parc de la Victoire, comme on tente de sentir à nouveau le parfum d'une femme qu'on a passionnément aimée. Comme on ne peut s'empêcher de revenir hanter des lieux où, longtemps, on a été heureux.

Au centre de tribunes devenues soudain trop grandes, le speaker commençait la présentation des finales doublettes. Un organisateur expliquait à son micro qu'il avait réuni beaucoup de bénévoles, que ses détracteurs avaient eu tort, que le festival s'était plutôt bien passé. Les présidents Nogarède et Laurent Rougié, oscillant entre sévérité et pédagogie, expliquaient qu'il faudrait faire mieux l'an prochain, donnaient des conseils aux organisateurs et à quelques élus muets. Je commençais à avoir salement le blues.

Le speaker faisait le job, cherchait à secouer la torpeur ambiante, demandait aux deux cents spectateurs de se lever et de faire un clapping avec Marco Foyot. Les gens s'exécutaient sans enthousiasme. Moi, je n'écoutais plus. Je revoyais Fazzino porté en triomphe par Quintais et Foyot, les gradins bondés qui leur faisaient spontanément une standing ovation, Bébert de Cagnes en costume bleu, Roger Capeau en train d'enfiler, les yeux humides, le maillot tricolore de son ami Passo. J'entendais les chants basques aux buvettes du soir, je revoyais les olas spontanées, les montagnes de frites et de saucisse du pays.

Je repensais aux propos méprisants du sous-préfet, quelques jours plus tôt, sur le perron de l'Hotel de Ville. Je pensais aux Mas, à Rouquayrol, à Bonnevialle, à Claude Lacan, à plus de trente années d'efforts, de passion, rayées d'un trait de plume administratif.

Cerné de fauteuils vides, devant un carré d'honneur que je ne reconnaissais pas, je ne comprenais plus ce que je faisais là.

Je me suis levé. Je suis sorti lentement du parc. Quelques vers de Rostand me revenaient en mémoire :

Un bruit d’illusions sèches et de regrets,

Comme, quand vous montez lentement vers ces portes,
Votre robe de deuil traîne des feuilles mortes.

Je suis remonté dans ma voiture. Putain. J'aurais pas dû venir.

 

 

Vos réactions dans le FORUM débat "Millau Blues" 

Note: 10.00 (2 votes) - Noter cet article -



  
          253 utilisateur(s) en ligne plus...

DANS LA BOUTIQUE

SUIVEZ-NOUS
Pétanque mobile Facebook pétanque Dailymotion Vidéo pétanque Google+ pétanque Twitter pétanque YouTube Vidéo Pétanque Instagram pétanque Pinterest Pétanque Flux rss pétanque

Créer votre site Internet petanque
FORUM BLOGPETANQUE.COM
Entraide, trucs et astuces !