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Livres et multimédias pétanque : Anecdotes 4 du livre « Pétanque passion » de Gérard NAUDO et Jean MITJAVILLE

Posté par regis84 le 21/3/2007 7:00:00 (9307 lectures) Articles du même auteur

Anecdotes par Gérard NAUDO
 
Pour Boulistenaute.com Gérard a eu la gentillesse de nous ouvrir son livre pour nous faire partager ses plus belles anecdotes. Qu’elles soient croustillantes, drôles ou émouvantes, agrémentées de commentaires sur les joueurs qui ont écrit ces partitions et que l’on surnommait « musiciens », « concertistes », « amuseurs » ou « virtuoses ».

Aujourd’hui : IV – Pétards & grands frissons – Le B.C.P. de ma jeunesse…



IV

Pétards & grand frisson…

   En 1967 & 1968, les champions de France vont visiter l’hexagone boules en main, invités qu’ils sont à toutes les grandes manifestations dignes de cette appellation. Bagneux, Cognac, Paris, Châteaurenard, Cannes, Marseille, Aix en Provence, Carcassonne, Limoux, Annemasse, Vichy, Toulouse, et partout Gérard, Jean & Claude font le spectacle.
   A Cognac, les 13 & 14 mai 1967, deux mois avant le championnat, nos trois amis jouent & gagnent le Grand Prix des Charentes. Peu avant le début de la compétition, Jean & Claude jettent un coup d’œil sur le concours de tir qui tient un peu de la fête foraine…L’objectif est placé sur une planchette à ressort munie d’un pétard. Tant et si bien qu’à chaque boule frappée, c’est pétard & feu d’artifice…
    Tout à coup, le gars qui anime « l’affaire » annonce : « Claude BAILLS… première série ! » C’est Jean, sachant que Claude n’était pas chaud pour ce genre d’exhibitionnisme, qui l’avait fait inscrire sans l’en avertir… « Attends mon brave jean, se dit Claude, tu ne seras pas déçu ! » Et il prend place face une des deux cibles, et fait un véritable massacre. Il tire quatre séries sans en manquer une…planche, boule, ressort, pétards, tout vole !
   «  On se croirait au 14 juillet » dit un quidam émerveillé. Et Claude, en pleine euphorie en rajoute. Il tire même dans la cible d’à côté, semant une pagaille monstre sur le « pas de tir ». Jusqu’à ce que le brave organisateur désemparé s’approche de Claude & lui dise tout bas : « Je vous donne deux bouteilles de Cognac et une pendule, mais de grâce arrêtez ! Vous êtes en train de f… mon « affaire » en l’air ! ».
   Claude accepta l’offre du « commerçant » aux portes de la faillite. Il n’y perdait pas le bougre. D’autant plus que c’est Jean qui avait payé la mise…
   Dans la série « anecdotes musicales », la préférée de Jean est intitulée « le grand frisson ». Avec ses dons de brillant conteur & sa mémoire infaillible, Jean la rapporte dans ses plus petits détails :
   Un samedi de pleine saison, Claude passe me prendre à Roanne en 2CV pour aller jouer à Bagneux…Il pleuvait aussi à Bagneux, et nous voilà partis à patauger sur des jeux marécageux ou presque, dans un concours constellé de beau monde. A la troisième ou quatrième, on prend MONTERO, un rude. Un bon ! Nous, on joue moyen et nous voilà en difficulté, menés 10-12, le point parterre, plus de boule, et deux boules dans les mains du MONTERO en question.
   Contrairement à nous, et malgré les conditions exécrables, le gars n’en a pas manqué une !
   Je dis à Claude : « on a perdu ! ».
   « Laisse moi faire ! regarde… ». Il se met au milieu du jeu & annonce à la cantonade : «  Mesdames & Messieurs, l’homme que vous avez devant vous, et qui n’en a pas encore manqué une, va faire deux trous ! »…
   La galerie n’était pas très imposante, cependant Claude eut droit à une belle bronca.
   Mais arrangez-vous comme vous voudrez, le gars tire et…fait les deux trous annoncés. Soit 12-11, et on est « toujours vivants ».
   Dans la mène qui suit, changement de musique, MONTERO & son ami n’ont plus de boule. Nous en avons trois quant à nous. Deux à moi & une à Claude. C’est clair, si je tape, c’est gagné…
   Bien évidemment, MONTERO qui avait subi la pression de Claude la mène avant, ne se gêna pas : « Oh ! Dis donc BAILLS, et qu’est ce qu’il va faire ton tireur ? » .
   Moi la pluie, la boue, c’est pas mon fort ! j’adore le soleil…
   Et je fais deux trous.
   MONTERO, lui, repart à la charge : « A toi, fanfaron ! On va voir ce que tu sais faire ! »
   Et Claude, dans un immense éclat de rire de lui rétorquer : « Moi tu vois, je vais te faire connaître le grand frisson… ». Et de prendre amicalement le gars, consentant & tranquille parce que presque sûr maintenant de sa victoire. «  Ecoute bien, lui dit Claude, tu te mets derrière le rond, au garde à vous, dos tourné au jeu. Et tu bouges plus ! »
   Claude, lui, prend la place dans le rond, et envoie…Pendant la trajectoire, il annonce très fort : « pas droit ! »…
   Pour moi, c’était la quasi-certitude que nous avions gagné. En effet, « à l’atterrissage » Claude fait un « pile » presque impossible, loin, dans la boue, sous la pluie.
   Alors il retourne MONTERO dans le sens du jeu, lui tend la main & lui dit : « Voilà, tu viens de connaître le grand frisson… ».
   Il faut oser le faire, n’est ce pas !  »

Le B.C.P. de ma jeunesse

   A deux ou trois reprises, ,j’ai été amené à citer le Bouling-Club-Perpignanais, temple de la « longue » dans ce récit exclusivement pétanqueur…Ah ! le B.C.P. de ma jeunesse ! Le B.C.P. des années 40 !…
   Il était tout proche de la Promenade des Platanes, planqué derrière le cinéma Familia & les Etablissements Danoy… Un petit chemin de terre que l’on devinait à peine, après un « esse gauche-droite », filait tout droit jusqu’à une vieille porte verte, à la poignée peu sûre & au pêne grinçant qui, par temps humide, cherchait en vain à pénétrer dans sa gâche. Mais derrière la petite porte verte…Derrière, c’était le paradis pour joueurs de « longue » !
   Grands platanes & petits acacias organisaient des tonnelles pour les terrains de l’été, tout proches de la « baraque » où « Gégé » BOURJALAS servait de la bière « Ruoms », parce que la « Champigneule », selon les « anciens » était trop chère…
   Le B.C.P. des années 40, ce fut le berceau de mes premières sensations boulistes. Le milieu familial mis à part, c’est là que je me sentais le mieux.
   Et lorsque arrivaient les grandes vacances, avec des amis de mon âge, des journées entières nous répétions nos gammes boulistes sous la haute & bienveillante surveillance du sympathique Emile BRIQUEU & du vénérable Paul ASPAR. Il y avait là Paul PASCALI, Francis BROC, Gérard BARNIER qui furent longtemps mes coéquipiers, mais aussi nos aînés Fredo MARTY, COULET, HOUIN, MAS, « Bébert » AUSSERAY…
   Le B.C.P. était de ce temps là le premier club perpignanais. Il tirait sa force de la valeur de ses dirigeants, de la qualité & la représentativité de ses équipes, du dynamisme de ses animateurs, de la vitalité de l’ensemble de ses membres, et de la formidable ambiance que faisaient régner dans ses rangs ses merveilleux « amuseurs »…
   Parmi eux, le fameux André CASTRES, dit « Dédé la Frappe », capable « de faire 2 sur 3 », à 12,50 mètres, sur une boule posée sur la selle d’un vélo. De préférence, pas le sien, celui d’un autre ! Ou bien encore d’enfiler 3 boules su 5 dans un broc situé à une quinzaine de mètres… et puis, chose remarquable, « Dédé » n’était pas difficile, toutes les boules lui allaient bien. Certes, il avait les siennes, mais lorsqu’il arrivait au boulodrome & qu’il décidait de « faire une séance », nous, les jeunes, allions chercher la brouette dans laquelle on stockait les vieilles boules, et c’est des pleines brouettes que le brave « Dédé » balançait avec aisance & une adresse remarquables. Car en plus d’être un amuseur exceptionnel, André CASTRES était également un excellent tireur… Et lorsque fatigué, il se proposait d’arrêter, nous le poussions à la consommation : « Allez, «  Dédé », encore une brouette ! ». Et le voilà qu’il repartait…

   Amuseur aussi, l’incomparable & sympathique RASCAGNERES, dit « Rasca », dont la spécialité consistait, les jours de pluie, à tirer en s’abritant sous un parapluie d’escouade, tenu dans sa main gauche, sans que cela le gène le moins du monde. Il avait comme coéquipiers de prédilection l’inénarrable LAGREZE, dit « Biscot », le roi du pince-sans-rire Louis NASPLEZES, et le grand, le très grand VALENTIN… Un jour de Toussaint, par une tramontane déchaînée, le quatuor, par l’intermédiaire de « Rasca » jouait la boule de la dernière chance d’une partie presque perdue… Là, tout près du jeu, se tenait un monsieur qui essayait en vain de replier « L’Indépendant » dont la tramontane lui disputait la propriété… « Rasca envoya sa boule », et immédiatement s’écria : « Fort ! Je suis trop fort !… » Dans le même temps, « Le Nord-Ouest » avait piqué une double feuille du journal à notre lecteur-spectateur & la dirigeait sur le trajet de la boule à « Rasca »… La rencontre eut lieu à 2 ou 3 mètres du but, et le journal enveloppa, comme pour en faire un paquet-cadeau, l’objet roulant & rond qui transportait les derniers espoirs de « Rasca » et ses amis… Bien trop longue avant que « L’Indép » ne prenne son destin en main, la boule freinée, stoppa sa course tout près du but…
    - Mais c’est qu’elle a peut-être gagné ! s’exclama « Rasca »
    - Oui, mais il faudrait mesurer, de rétorquer des adversaires pas très futés & qui commençaient à douter…
    - C’est simple, dit « Rasca » en sortant une boîte d’allumettes de sa poche, on va mettre le feu au journal…
   Ainsi fut fait…Et attisé par la tramontane, le journal partit en fumée, libérant, dans la joie que l’on devine la boule de la gagne signée de la main du merveilleux RASCAGNERES, dont le rire de basse-chantante résonna jusqu’au lointain graphique…
   Cette anecdote authentique du temps où les boules « étaient joyeuses & amicales », fermera cette parenthèse un tantinet nostalgique.

« Pétanque Passion » de Jean MITJAVILLE et Gérard NAUDO

Prochainement : V – Petits conseils…quelques tuyaux & combines un peu rosses…

Toutes les anecdotes dans la rubrique : Livres-Littérature 

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Les commentaires appartiennent à leurs auteurs. Nous ne sommes pas responsables de leur contenu.
(1) 2 »
Auteur Conversation
Anonyme
Posté le: 6/4/2007 0:04  Mis à jour: 6/4/2007 0:04
 Re: Anecdotes 4 du livre « Pétanque passion » de Gérard N...
Que du bonheur ! Que du bonheur !

Gérard Naudo parvient à rendre ces anecdotes si vivantes qu'on a l'impression de les avoir vues de nos yeux vues ! Il arrive même à recréer le suspense, et fait naître chez son lecteur une impatience et une attention qui empêchant de décrocher ne serait-ce qu'un instant !
polo
Posté le: 24/3/2007 14:57  Mis à jour: 24/3/2007 14:57
Boulistenaute accro !
Inscrit le: 20/2/2007
De: Dour BELGIQUE
Envois: 2646
 Re: Anecdotes 4 du livre « Pétanque passion » de Gérard N...
Tres beau livre on s avoure esperons que d autre auteur suivront cet exemple.
Merci Monsieur Naudo;
Amicalement
polo de Belgique une fois
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Anonyme
Posté le: 23/3/2007 23:18  Mis à jour: 23/3/2007 23:18
 Re: Anecdotes 4 du livre « Pétanque passion » de Gérard N...
Quel talentttttttt !!!
Anonyme
Posté le: 23/3/2007 9:12  Mis à jour: 23/3/2007 9:12
 Re: Anecdotes 4 du livre « Pétanque passion » de Gérard N...
Bravo a l'auteur , comme j'aimerais savoir ecrire comme ça, avec tout les scénarios que j'ai en tête .
yves
Posté le: 22/3/2007 13:18  Mis à jour: 22/3/2007 13:18
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De: 02 Aisne Picardie Soissonnais
Envois: 2034
 Re: Anecdotes 4 du livre « Pétanque passion » de Gérard N...
Perso, moi, ça ne me fait pas regretter le temps de la marine à voile ...
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