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Livres et multimédias pétanque : Anecdotes 2 du livre « Pétanque passion » de Gérard NAUDO et Jean MITJAVILLE

Posté par regis84 le 7/3/2007 1:00:00 (8272 lectures) Articles du même auteur

Anecdotes par Gérard NAUDO
 
Pour Boulistenaute.com Gérard a eu la gentillesse de nous ouvrir son livre pour nous faire partager ses plus belles anecdotes. Qu’elles soient croustillantes, drôles ou émouvantes, agrémentées de commentaires sur les joueurs qui ont écrit ces partitions et que l’on surnommait « musiciens », « concertistes », « amuseurs » ou « virtuoses ».

Aujourd’hui : II -  Fernand le sponsor du « Pompier »…



II

   Dans un registre tout à fait différent, Roger BONIFON «  Le Pompier » marqua lui aussi son époque tant à la pétanque qu’à la longue…
  Tout jeune, Roger suivait son père Alban BONIFON & son ami VIAL dit « Le Charbonnier », au cours de leurs prestations arbitrales dans les rangs d’une masse de plus en plus importante de pétanqueurs sympathiques, certes, mais déjà turbulents & pas très disciplinés…
   C’est en 1935 que Roger débuta vraiment. Il avait à peine douze ans, et ses coéquipiers furent dès le début les meilleurs joueurs des Boulistes de Saint-Jacques dont le boulodrome était situé face au vélodrome, dans un bouquet d’acacias superbement feuillu & vert et qui cachait une buvette aux dimanches débordants d’activité, et solidement réputée pour les délices & les largesses de ses « heures apéritives »…
    Ses premières parties officielles, à la longue, ou au jeu lyonnais si vous préférez, Roger BONIFON les partagea avec André SARIS, Vincent ETCHEVARIA & un nommé MARY. Très vite, il fut connu & craint par les meilleurs. Il était grand pour son âge, solide, gagneur & enthousiaste, adroit, bavard & coquin. Comme le dira plus tard l’un de ses meilleurs équipiers & amis : « Chez lui tout était grand. La taille, la « gueule » et le talent ! ».
   Ce n’est qu’au milieu des années quarante, sous l’influence d’Emile POEY, qu’il vint carrément à la pétanque. Victor VIDAL, surveillant à la mairie de Perpignan, et le père SANMARTI dit « Bouteille » formèrent avec lui l’une des meilleures triplettes de l’époque « avant-cinquante ». Ensuite, il joua avec les BARTISSOL, BAILBE, RIBALTA, dit «  Le Sastre »…
   Son plaisir sa passion même, il l’assouvissait dans les parties dites intéressées. Et à « La Cigale » ou à « L’élite-Bar », les spectateurs habituels connaissaient les jours & l’heure à laquelle « Le Pompier » flambait avec, ou contre Jean PARAYRE « Le Négus », Henri GALANO, EGIDO dit « Rouffaque », le souriant Louis AZEAU, le sympathique Vincent BARNILS, le redoutable PEYRE ou bien encore HABTICHE ou PALANQUE…Le « Flambe » s’élevait à cinq francs par tête & la partie. Ca n’était pas mal pour l’époque, tout en restant « sage ».

Fernand le sponsor du « Pompier » 

   Il est vrai que dans le domaine du parrainage, Roger était en avance sur son temps. Il paraît même que, outre les braves pointeurs plus ou moins « laborieux » qui le transportaient en voiture le dimanche, il pouvait également compter sur un « sponsor »…C’était Fernand, le généreux & volubile marchand de stylos du Marché de la république.
   A côté de nombreuse victoires et de brillants exploits, « Le Pompier » passa tout près de ce qui aurait pu être une super-prouesse lors de la première édition de la Coupe de France Violet-Byrrh qui se déroula à Perpignan en 1952.Ce n’est qu’en quart de finale que le trio « sang & or » baissa pavillon. Il était composé de Roger BONIFON, de Joseph CUTCHET & de René ANDRÉA, l’excellent « milieu » du « Pompier », à la longue comme à la pétanque…
   Et la carrière de notre « soldat du feu » se poursuivit toujours aussi brillante & avec des coéquipiers différents, comme Raymond MOUCHE, impressionnant mangeur d’escargots, « Chichois » ANDREU, le Linotypiste de chez Comet, puis Vincent REDONNET, Henri GALANO également, Raphaël RUIZ, dont il dit qu’il fut le meilleur de tous.
   Il admet volontiers qu’il était râleur & musicien. Mais sans méchanceté ! « Juste un peu de vice, dit-il, mais si peu ! ».
   Et puis il a ses souvenirs & ses anecdotes bien à lui.
   Une année, en partie qualificative pour aller au championnat de France de Provençal, l’excellent Claude BAILLS, le regretté André FREICHE & le sympathique Christian BAGUR menaient Roger BONIFON, Henri GALANO & Dominique BORAS 12 à 9.
   Et voilà que Dominique BORAS avec sa première boule « fait tout jouer ».
  A 12 à 9, la chose est importante, et Roger « avait réuni son conseil d’administration »…On en était là, sans se presser, à se poser la question de savoir s’il fallait tirer les boules pour dégager le jeu ou si carrément il fallait flinguer le but, qui, lui, faisait  la gagne !
   Et avec une lenteur quasiment machiavélique, « Le Pompier » laissait macérer l’affaire dans l’intention, bien sûr, de faire monter la pression chez les gens d’en face…
   Et ce qui devait arriver arriva. Claude BAILLS, tout à coup, las d’attendre, lança en direction du « Pompier » :
   «  Alors Roger, tu le tires tout de suite ce but, ou bien tu attends qu’il gonfle ! »
   « Eh bé, tu me donnes une idée ! Je vais le tirer tout de suite… »
   Et Roger alla au rond, s’élança & frappa le but de plein fouet, assurant du même coup la gagne & la place pour les championnats de France.
   Bien évidemment sa répartie était toute prête, et lorsqu’il arriva vers Claude, il lui dit suffisamment fort pour que tout le monde l’entende : « Tu as vu, pas besoin qu’il gonfle. Il était assez gros comme ça ! »
  
   L’anecdote qui suit est beaucoup moins « glorieuse », et il nous a semblé que Roger nous la racontait avec moins de verve & de plaisir que la précédente…Mais « Le Pompier » faisait partie de ce monde de gens talentueux, certes, mais excessifs, et de-ci de-là un tantinet « embrouilleurs ». Cela n’enlevait rien à sa classe proprement dite, ni au plaisir qu’il offrait dans ses bons & mauvais moments à une galerie qu’il ne laissait que très rarement indifférente.
   « L’affaire », car ce fut véritablement une affaire, se passe un soir de concours assez important, au stade des demi-finales. D’un côté Jean MORENO, Emile PALANQUE & SAQUE, un employé des P.T.T. excellent & sympathique joueur. De l’autre BONIFON et…
   Eh bien sur un « coup de grisou » mémorable, notre homme ne se souvient plus de ses partenaires d’un soir…
   Au diable ! Voilà les faits…
   La partie est toute proche de son dénouement, et ça ne va pas très fort pour « le Pompier ». Tellement peu fort même, que MORENO va tirer la gagne sur un coup qui se joue à plus de dix mètres, suite à un déplacement de but défavorable à notre conteur…
   PALANQUE fait ses dernières recommandations à son ami MORENO. « Le Pompier », lui, se place à huit ou neuf mètres du rond…MORENO de son côté, légèrement handicapé par un problème de vue, est dans le rond. Il lève la tête, et la boule de gagne lui apparaît là-bas, loin, dans le faisceau lumineux d’un bec de gaz tout proche…
   Quant on aura dit que la galerie était au coude à coude & que le silence ajoutait à la tension de ce final palpitant, il sera l’heure d’annoncer : moteur & dénouement !…
   MORENO avait le visage des grands jours & son allure torturée à la Jack Palance…Son bras ne trembla pas & sa vue, bien que faiblissante, ne le trahit point…a boule sortit de sa main comme si elle avait des ailes, et « Le Pompier » aux deux tiers du trajet, jugea instantanément des dégâts qui allaient suivre…Alors il ne fit ni une ni deux, il s’élança & pêcha la boule au vol… « Tu as fait le pas ! Le coup n’est pas bon ! Tu dois retirer !… », s’écria-t-il avec une assurance que lui seul pouvait afficher en pareille circonstance…
  Vous voyez le coup de là ! une véritable émeute. Emile PALANQUE jurait tous les Dieux, la galerie se déchaînait, personne ne donnait raison à BONIFON…
   L’arbitre arriva, les organisateurs aussi. Et chacun donna sa version des faits…C’était à la fois simple & compliqué, suivant que l’on soit catégorique & intransigeant ou bien arrangeant  et laxiste…
   Et puis pareille affaire n’était point prévu dans les textes…Et alors ?…
   Et alors, au lieu d’éliminer purement & simplement le « coupable », on décida de faire rejouer la boule. Et après de longs moments de palabres, d’énervement & de vacarme, Jean MORENO, efficace tireur s’il en était, retira & manqua…
   Et pas très fier tout de même, Roger BONIFON gagna la partie.
   Mais l’affaire fut chaude & longtemps les antagonistes s’en souvinrent. Vous voyez ce que je veux dire !…
   Cependant, malgré ses excès, ses coups pas très clairs, ses histoires & ses cris, aujourd’hui encore lorsque l’on parle du « pompier », même ceux qui ne le portaient pas dans leur cœur ponctuent leur propos par un « truc » dans le genre : «  Ca fait rien, il était tout de même fort ce p… de « Pompier » !… ».
   Et le plus bel hommage que l’on puisse rendre à cet exceptionnel joueur de longue & de pétanque, c’est de rapporter l’opinion de Marcel MALE, qui fut champion de France de jeu lyonnais à ses côtés : « Tant que « Le Pompier » a deux boules en main, tu n’as jamais perdu ! ».
   Il en fut longtemps ainsi à la longue comme à la pétanque !

« Pétanque Passion » de Jean MITJAVILLE et Gérard NAUDO

Prochainement : III -  Au rendez-vous du « Négus » - Voyage Mouvementé…

Toutes les anecdotes dans la rubrique : Livres-Littérature 

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Les commentaires appartiennent à leurs auteurs. Nous ne sommes pas responsables de leur contenu.
(1) 2 »
Auteur Conversation
Anonyme
Posté le: 5/4/2007 23:35  Mis à jour: 5/4/2007 23:35
 Re: Anecdotes 2 du livre « Pétanque passion » de Gérard N...
Vraiment un pur bonheur que de lire ces anecdotes...

Faut vraiment que je lise Pétanque Passion !
Anonyme
Posté le: 11/3/2007 20:03  Mis à jour: 11/3/2007 20:03
 Re: Anecdotes 2 du livre « Pétanque passion » de Gérard N...
oui polo.enfin jme souvien plu tp mé c srtt de lui kon parle, de c titre.enfin pavréman danecdote, ou d expréssion d baills é otre.mé c alléchan kd meme
mamasse
Posté le: 9/3/2007 20:15  Mis à jour: 9/3/2007 20:15
Co-Webmaster
Inscrit le: 5/7/2004
De: Pontault Combault 77 Seine et Marne Île de France
Envois: 106926
 Re: Anecdotes 2 du livre « Pétanque passion » de Gérard N...
Belle analyse "lameduse".

Et merci encore Régis de nous faire vivre ces aventures boulistiques.

A mercredi prochain, pour un nouvel épisode.

A+
Anonyme
Posté le: 8/3/2007 0:04  Mis à jour: 8/3/2007 0:04
 Re: Anecdotes 2 du livre « Pétanque passion » de Gérard N...
C'est ce côté pagnolesque qui a pu faire tout le charme et l'attrait de la pétanque!
Les nouveaux règlements au fil du temps et le peu de charisme de la majorité des meilleurs joueurs ont fait disparaître cette âme de la pétanque.
Aujourd'hui il ne faut pas s'étonner de voir les compétitions désertées une fois que les participants ont perdu: il n'y a plus d'artistes pour les retenir et les amuser!
polo
Posté le: 7/3/2007 13:46  Mis à jour: 7/3/2007 13:46
Boulistenaute accro !
Inscrit le: 20/2/2007
De: Dour BELGIQUE
Envois: 2646
 Re: Anecdotes 2 du livre « Pétanque passion » de Gérard N...
Comme la ditTIPI que du bonheur,jespere quil y aura des anecdotes sur F.GOUGES!!!!
eNCORE MERCI à Monsieur Naudo pour sa gentillesse
Vivement le N0 3
B ebert de Gagnes disait:
Frapper une boule cest difficile, t imagine une boule et toutautour d'elle l'univers!!!
Aux spectateurs en86 à EPINAL qui lui demandaient
"alors Bebert encore perdu,que se passe t il?"il repondit
" Et oui on joue de malchance on a perdu à la derniere mène!!!"
PAS MAL QUEN PENSEZ VOUS?
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