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Les champions : Philippe Quintais : je suis un patriote

Posté par BOULEGAN le 3/8/2020 11:10:00 (16234 lectures) Articles du même auteur

La légende vivante de la pétanque française s'est retourné sur son extraordinaire carrière, pour un entretien sincère et lucide. A son image.



Philippe Quintais : je suis un patriote

 


Considéré par beaucoup comme le meilleur joueur de tous les temps, le sociétaire d'Oléron poursuit une extraordinaire carrière, riche de centaines de moments exceptionnels. Il a accepté d'en évoquer quelques-uns pour nous, à travers un entretien sincère, souriant et lucide où il est notamment revenu sur ses débuts, expliqué son amour du drapeau, donné de précieux éclairages tactiques et parlé des moments qui l'ont le plus marqué. Un moment rare, en compagnie de l'un des montres sacrés de notre sport.


Je viens de parcourir ton palmarès, et c'est vraiment incroyable de voir tout ce que tu as gagné depuis tes débuts. Du coup, ma première question risque de te donner de la difficulté à répondre, mais je vais tout de même te la poser. Quel est ton plus grand souvenir, celui qui est le plus cher à ta mémoire ?

C'est mon premier titre de champion de France en tête-à-tête, parce que c'est celui-là qui a déclenché tout le reste. A cette époque, je jouais dans mon département, ma ligue, et je n'allais pas beaucoup plus loin. En plus, j'étais en train de faire mon service militaire, donc c'était complètement inattendu de gagner ce titre. Mais c'est ça qui a fait basculer ma vie.

 

Photo Pétanque Magazine


Quand tu arrives dans ce championnat, tu as vingt ans, et tu penses quoi ? Qu'est-ce qu'espère ce jeune homme de l'Eure-et-Loir qui vient de gagner le championnat de Ligue ?

Tu sais, c'était un département qui n'avait jamais dépassé les seizièmes de finale dans un championnat de France. Je n'avais aucune ambition, même si j'avais réussi à gagner deux-trois beaux concours. Et pour tout te dire, je n'étais même pas sûr de pouvoir y aller : j'avais besoin d'une permission de 96 heures, et il ne me l'ont donnée que très tardivement.

Non, j'étais déjà content de battre le record de mon département. Et lorsque j'ai passé le samedi, c'est-à-dire que je me suis qualifié pour les quarts de finale, j'étais super-content.


Et là, tu te dis quoi ?

Il y avait eu de la casse le samedi, alors il y avait une carte à jouer. Mais franchement, je me disais juste : « Il arrive ce qu'il arrive, on verra bien. »


Et en quart, tu rencontres qui ?

Un de mes amis avec qui je jouais souvent, Olivier Dorigny. Je le bats assez difficilement, et en demi-finale, je prends Dominique Guillot, qu'on appelait le Breton. C'était un Parisien qui jouait très bien aux boules, et un personnage haut en couleur. Il parlait beaucoup, très fort, et moi j'étais jeune, j'avais un petit peu peur. Je m'en suis sorti très difficilement, 13-11 ou 13-12. Et en finale, j'ai pris Dominique Szygula, de la Saône-et-Loire, qui malheureusement s'est suicidé peu après. Lui aussi était très expressif, parlait beaucoup.

La dernière mène, on est 11-11, je fais un palet sur sa première boule et je refais un palet sur sa deuxième. Il met la troisième juste derrière le bouchon, et quand on se croise, il me dit : « Fais attention au bouchon, parce que tu peux perdre dans la mène si tu le frappes. » J'ai tiré, et j'ai fait carreau. Le plus beau carreau de ma vie, puisqu'il a tout changé.

C'était pour moi un énorme bonheur. C'était la première fois que je voyais autant de monde, des carrés d'honneur aussi remplis. Passer au-dessus de tout ça, c'est un bon début. Surtout quand tu représentes un département comme était alors le mien : j'étais avec mon président de club, mon délégué et quelqu'un qui était mon partenaire à l'époque, Roger Huillet, qui m'avait emmené. J'avais l'impression qu'on était tous les quatre contre la France entière. C'était vraiment un très très bon moment.

 

 

 

Photo Pétanque Magazine 


Tu as rarement parlé de tes débuts. Comment un petit gars de l'Eure-et-Loir, dans les années soixante, se met à la pétanque et commence à faire des concours ?

Par hasard. Quand j'avais douze ans, je jouais au foot. Et un samedi, l'entraîneur ne me fait pas jouer, et je rentre en vélo à la maison, dégoûté. Mes parents étaient en train de jouer à la pétanque avec le voisin, et ils n'étaient que trois. Il m'ont proposé de jouer avec eux. J'ai refusé parce que ça ne m'intéressait pas, mais comme mon père a insisté, j'ai fait une partie. C'était la première fois que je prenais des boules de pétanque dans mes mains, et mon père me dit : « Dis-donc, tu te débrouilles bien ! »

Et mon voisin me dit : « Écoute, la semaine prochaine, il y a un concours pour les jeunes en tête-à-tête à Rambouillet, tu devrais venir le faire. » Moi, je ne voulais pas, parce que j'avais un match de Coupe. Mais j'apprends dans la semaine que l'entraîneur ne me sélectionne pas non plus pour ce match. Du coup, je vais faire le concours et je le gagne. Et on me remet la première coupe de ma vie à la pétanque, et vingt francs. J'ai trouvé que c'était une belle somme, et j'ai décidé de me mettre à jouer.

Là, je me suis mis à m'entraîner beaucoup, vraiment beaucoup même, et il est arrivé ce qui est arrivé.


Tu gagnes donc ce championnat de France, et rapidement, les portes de l'Équipe de France s'ouvrent à toi, puisque tu disputes les championnat du monde en 1990...

Et même avant, puisque j'ai été sélectionné en 1989, pendant une journée.


Comment ça, pendant une journée ?

J'étais allé à Epinal pour défendre mon titre au championnat de France tête-à-tête. J'avais gagné plusieurs gros concours durant l'année, et là je me qualifie pour les quarts de finale. Le président de mon département vient me voir et m'annonce qu'il y a eu une réunion à la Fédération, et que je suis sélectionné pour les championnats du monde en Espagne. Et il organise une petite fête le soir pour célébrer ça.

Mais le lendemain, en quart de finale, je fais fanny contre Gérard Delom. Et là, ils viennent me voir et me disent : « On est désolé, mais tu es encore un peu trop tendre. Finalement, on ne te prendra pas au championnat du monde. » Donc, le même jour, je fais fanny, je perds mon titre de champion de France et je perds ma sélection. Drôle de week-end, non ? (rires)

Je ne savais pas si ça reviendrait un jour. Mais l'année d'après, ils m'ont sélectionné avec Patrick Milcos et Jean-Pierre Wattiez, que je ne connaissais pas du tout. C'est un truc qui ne pourrait plus arriver aujourd'hui, mais malgré ça, on perd 13-12 en demi-finale contre Marco, Marigot et Simoès. Ça s'est joué d'un rien, sur la dernière boule. Pour mon premier championnat du monde, si j'avais eu la chance de faire la finale, ç'aurait été magnifique.

 

Photo Pétanque Magazine 


C'est un regret que tu as dû évacuer, puisqu'il va se passer quelque chose de vraiment incroyable durant les années suivantes : de 1990 à 2004, tu vas disputer le Mondiaux tous les ans, et être quasiment chaque année sur le podium. C'est énorme, d'autant qu'on se rappelle qu'il y avait alors une ou deux autres équipes de France, et que tu as joué avec beaucoup de gens différents. Du coup on se demande comment c'est possible. Est-ce que c'est parce que tu jouais vraiment beaucoup mieux que tous les autres, ou est-ce qu'il y avait une autre raison ?

Il y a plein de choses qui rentrent en jeu. Je pense que je jouais aussi bien que les autres, et les autres jouaient aussi bien que moi, mais je crois que j'ai la faculté de m'adapter à mes différents partenaires, et je pense les aider à bien jouer, c'est du moins ce que beaucoup me disent. Je crois que je leur amène une certaine sécurité, une certaine confiance, et d'autre part, chaque fois que j'ai fait une équipe, c'était des parties d'amitié. Dans tous les sports, pour soulever des montagnes, il faut jouer avec des copains, et jouer pour eux. Il faut que dans tes tripes, au fond de toi, tu aies envie de les faire gagner. C'est ça qui donne de la force.

Un championnat du monde, c'est comme une guerre. Tu défends ton pays, et tu ne peux pas le faire tout seul : tu dois t'appuyer sur tes potes, et eux doivent s'appuyer sur toi.

 

Photo Pétanque Magazine 


Ça donne peut-être une autre clé pour comprendre d'où tu puises cette force. Quand tu joues avec le coq sur la poitrine, tu es dans un état particulier, il y quelque chose de plus qui t'anime ?

C'est la seule chose qui m'anime. Moi, je suis vraiment un patriote. Même si j'ai des origines portugaises, je suis Français avant tout. La France, c'est le pays qui m'a tout donné, et je ne supporte pas qu'on la dénigre. Alors, quand je vais dans un championnat du monde, c'est pour faire gagner le maillot.

Tu vois, on dit souvent qu'un championnat de France, c'est beaucoup plus dur à gagner qu'un championnat du monde. Ce n'est pas vrai. Même si, au niveau des talents, c'est plus relevé, tu sais que des championnats de France, tu en feras d'autres. Quand tu vas dans un championnat du monde, si tu perds, tu n'en feras peut-être plus jamais. C'est ce qui est arrivé à Laurent Morillon, qui a été mon tireur très longtemps, et à bien d'autres. Et donc, tu as une pression qui est beaucoup plus forte.

 

Photo Jac Verheul


On t'a vu souvent insister sur la notion d'équipe, comme tu viens de le faire à l'instant. Ceci étant, tu as été deux fois champion de France tête-à-tête, tu as gagné cinq fois le Mondial de Millau en individuel et tu as remporté il y a deux ans l'Odyssée des champions à Montpellier, qui réunissait seize anciens champions du monde. Tu n'as donc besoin de personne pour gagner. Qu'est-ce que tu éprouves lorsque tu joues seul, qu'est-ce qui te fait vaincre?

En fait, je n'aime pas vraiment ça. Pour moi, la pétanque, ça se joue en triplette, avant tout. Mais pour te répondre, j'ai l'avantage d'être patient et de pouvoir bien tirer et bien pointer. Du coup, je peux rattraper l'un par l'autre, et ça m'aide beaucoup à gagner seul. Parce que le tête-à-tête, ce n'est pas spécialement un jeu de tireur, comme beaucoup le pensent : si tu pointes très bien et que tu envoies le bouchon loin, tu peux gagner comme ça contre les meilleurs tireurs. Et vice-versa : si tu tires très bien, tu peux battre les meilleurs pointeurs. Alors si tu peux allier les deux, tu passes forcément de bons moments.

Ensuite, je n'aime pas perdre et je ne baisse jamais les bras. C'est peut-être ça, aussi, qui m'a fait gagner.

 


A une certaine époque, quand on allait voir jouer Quintais, on voyait quelqu'un qui attaquait énormément, et qui laissait très peu de marge de décision à des adversaires qu'il obligeait à jouer en défense. Ensuite, à l'époque de la Dream Team, je me souviens vous avoir vu gagner des championnats en pointant énormément. Est-ce que c'est, comme tu viens de le dire, parce que tu es capable de jouer indifféremment en attaque ou en défense, ou bien il s'agissait de deux époques différentes ?

Quand je jouais avec Henri (Lacroix, NDLR), on avait une aisance au point qui faisait qu'on pouvait étouffer l'adversaire de cette façon. On le faisait moins bien quand je jouais avec Jean-Luc et Laurent (Robert et Morillon, NDLR) et là, l'aisance, on l'avait plutôt au tir avec un Jean-Luc qui parvenait toujours, très régulièrement, à finir les mènes. Bon, ce n'est pas qu'Henri ne finisse pas bien les mènes (rires), mais Philippe (Suchaud, NDLR) est quelqu'un qui n'aime pas forcément beaucoup tirer en début de mène. Alors que Laurent Morillon, dès qu'il voyait une boule arriver à moins d'un mètre du cochonnet, il partait au rond. C'était son jeu à lui, alors que Philippe, il a beaucoup joué avec Christian Fazzino et Daniel Voisin, il est plus dans la défensive. C'est vrai qu'on ne se lançait pas trop : on aimait bien attendre la petite faute de tir de l'adversaire et contre-attaquer.

 

 


Donc, ces changements de jeu, ce n'était pas autre chose que du réalisme, au fond ?

Exactement. De toute façon, toute ma carrière s'est faite comme ça. J'ai profité des périodes où je me sentais bien pour beaucoup tirer, et lorsque je me sentais moins bien, j'axais mon jeu sur le point.

Ma vraie place, c'est milieu. J'aime bien avoir des choses différentes à faire, allier le point et le tir. Faire un devant de boule ou gagner un bon point, je trouve ça aussi beau que faire un carreau. J'aime tous les aspects de la pétanque.


Justement, il y un aspect qui est très lié à toi, tout spécialement. Quand j'étais jeune, lorsqu'on tirait le bouchon, c'était pour faire des points à la fin d'une mène , quand le jeu était bouché par les boules adverses. Et puis un jour, on a commencé à tirer le bouchon pour se sortir d'un mauvais pas en annulant la mène. Ce coup-là, qui n'était quasiment pas employé, on peut dire que tu en es en quelque sorte l'inventeur, puisque tu en as usé jusqu'à en faire un coup de base. Je me trompe ?

Je ne sais pas si je l'ai inventé, mais c'est vrai que je l'ai beaucoup employé à une époque où ça me réussissait bien. C'est devenu un peu ma spécialité. J'avais une confiance en moi qui faisait que j'en frappais beaucoup. Parfois, je ne tirais pas bien dans une partie et ensuite, je frappais tous les bouchons pour m'en sortir. Pourquoi ? Je me suis souvent posé la question.

Mais c'est vrai que ça nous a beaucoup aidé et que depuis cette période-là, beaucoup de tireurs s'y sont mis. C'est devenu un geste familier qui fait souvent tourner les parties.

 


On t'a appelé longtemps, et on t'appelle encore, le roi Quintais. Mais ce royaume avait une capitale où tu as beaucoup, beaucoup régné, c'était Millau et le parc de la Victoire. Tu as gagné quinze fois le Mondial, qui était certainement à l'époque l'épreuve où il était le plus difficile de s'imposer. Je voulais que tu me dise un mot de ce concours, qui n'existe plus aujourd'hui que dans nos mémoires.

Ce n'est pas difficile à expliquer. Si tu enlevais Rolland-Garros au tennis, si tu enlevais la Coupe du Monde au football, ce serait comme lorsque on a enlevé Millau à la pétanque. On a perdu le plus beau tournoi qu'on avait.

Tout le monde se retrouvait là-bas. C'était l'été, il faisait beau régulièrement, il y avait un mélange entre les champions et les joueurs lambda qui se passait très bien. C'était en même temps une grande compétition et une fête. C'était tout simplement magique. Depuis qu'on a perdu ça, c'est comme si on avait perdu une jambe.

 

 


On parlait tout à l'heure de ce jeune homme de l'Eure-et-Loir qui gagnait son premier titre de champion de France. Est-ce qu'il aurait pu imaginer que vingt-quatre ans plus tard, il serait seul au milieu du palais des Sports de Marseille, brandissant un trophée que l'on venait de lui remettre pour l'ensemble d'un carrière absolument hors-normes, et applaudi par plusieurs milliers de personnes ?

Bien sûr que non. Je pense que c'est le cas de tous les champions, dans tous le sports. On ne peut pas imaginer des choses comme ça. Une carrière, ça peut basculer à n'importe quel moment. Moi, j'ai eu la chance que ça ait duré longtemps, que ça dure encore un petit peu, mais jamais je n'aurais pu m'attendre à ça. A chaque fois que j'ai gagné un concours ou un titre important, je me suis dit dans ma tête que c'était peut-être le dernier.

D'ailleurs, c'est ce qui est beau, parce que si on savait ce qui va nous arriver, ça ne serait pas drôle.

 

Photo Jac Verheul


Tu as pris ta retraite internationale en 2004, pour diverses raisons. Et puis on t'a vu revenir, d'abord pour les championnats d'Europe en 2017 puis pour les championnats du monde 2018, avec le succès que l'on sait. Mais ce qui m'a le plus frappé, c'était de voir la faim de victoires et la motivation qui t'ont animé dès que tu as retrouvé le groupe France. Quintais a toujours envie, donc?

Je n'ai jamais cessé d'avoir envie. C'est un sport qui me passionne, et au fil des années, la pétanque, c'est devenu ma vie. Et cet appétit, il ne m'a jamais quitté.

J'avais décidé d'arrêter parce que j'avais des problèmes familiaux. On a perdu ma mère, et il a fallu rattraper la société familiale dont elle assurait la gestion. Et puis on m'avait fait des propositions au niveau fédéral qui n'ont pas été tenues. Donc, j'ai abandonné l'international, et je ne serais jamais revenu si Michel Desbois, et mes partenaires Philippe Suchaud et Henri Lacroix, ne m'avaient pas poussé à le faire.

Lorsqu'on m'a remis ce trophée à Marseille en 2012, qui m'a fait énormément plaisir, je me rappelle que je considérais ma carrière internationale comme terminée. Les championnats du monde, je ne voulais plus en entendre parler. Parce qu'après 2004, j'ai fait coach quelques années : ça ne m'a pas plu, parce que coacher ses partenaires, c'est beaucoup moins bien que jouer avec.

Mes amis, ma famille ne comprenaient pas pourquoi j'avais arrêté. Mon père me disait : « Tu n'aurais jamais dû faire ça. » Mais moi, quand j'arrête, j'arrête, et je pense que quand on prend une décision, il ne faut surtout pas la regretter.

 


Et quand tu reviens, et que tu deviens à nouveau champion du monde à Desbiens, au Canada, c'est le même plaisir que précédemment, ou bien celui-ci a un goût nouveau ?

C'était un plaisir un peu différent, en effet, parce que j'étais plus à la place du remplaçant que du titulaire. Ça me convient très bien, mais c'est vrai qu'on le vit un peu différemment. Je me suis régalé, parce que quand tu joues avec Henri, Philippe et Dylan (Lacroix, Suchaud et Rocher, NDLR), même si tu fais le quatrième, c'est un grand plaisir. J'espère que tous ceux qui ont été remplaçants avant moi l'ont vécu avec le même bonheur : j'étais aussi bien sur le banc, parce que comme je te le disais tout à l'heure, dans un championnat du monde, je suis à fond pour mon pays, pour mon équipe. Donc que j'ai joué ou pas, pour moi, c'est exactement la même chose.

Bon, il y a toujours des gens qui se chargent de te dire : « Oui, bon, tu as gagné mais tu ne jouais pas. » (rires) Je l'entends souvent, mais ce n'est pas grave, ce n'est pas un problème. Quand tu es sur le podium, la Marseillaise, elle retentit autant pour toi que pour les trois autres.

 

Photo Cyril Montenol


Cette année, tu es resté à Oléron Petanque Elite, alors que tous les autres joueurs et joueuses s'en allaient, et tu avais décidé de faire une année blanche au niveau des championnats. Est-ce qu'on peut déjà, même s'il va passer de l'eau sous les ponts d'ici le mercato, avoir une idée de ce que tu feras l'an prochain ?

Je suis resté cette année parce que ce qu'on avait fait ensemble, avec Michel Calvet, je trouvais que ça ne pouvait pas s'arrêter comme ça. Mais l'an prochain, je vais partir ailleurs, même si je ne sais pas encore où exactement.

J'ai deux ou trois propositions, mais je ferai une partie d'amis. Pas une partie faite pour relever des challenges ou des défis, parce que je n'ai plus envie de sillonner la France dans tous les sens pour faire des championnats. Je ferai toujours les grosses compétitions parce que j'aime ça, mais je vais les échelonner. Il y en aura moins au calendrier.

Cette période qu'on vient de vivre à cause du coronavirus m'a fait redécouvrir des choses que j'avais perdues. Des plaisirs simples de la vie que j'avais oubliés, parce que j'étais toujours sur les routes ou dans des tournois. Je me suis aperçu qu'on menait une vie de barjots : on est appelés un peu de partout, on y va parce qu'on aime la pétanque et parce qu'une fois que tu as dit oui à l'un, tu es obligé de dire oui à l'autre. Et c'est devenu n'importe quoi : je vois des joueurs comme Dylan ou Henri, ils sont toujours en avion, en voiture, ils ne s'arrêtent jamais. Moi, je ne veux plus ça : ces plaisirs que j'ai redécouverts ces derniers mois, j'ai envie de continuer à les vivre.

 


Entretien réalisé par Pierre Fieux

Note: 9.00 (10 votes) - Noter cet article -


Les commentaires appartiennent à leurs auteurs. Nous ne sommes pas responsables de leur contenu.
Auteur Conversation
Capri
Posté le: 5/8/2020 10:33  Mis à jour: 5/8/2020 10:33
Boulistenaute accro !
Inscrit le: 7/7/2005
De: Belgique (Seraing)
Envois: 6129
 Re: Philippe Quintais : je suis un patriote
Joli compte rendu.

Bravo Monsieur Ph Quintais
kiki55
Posté le: 4/8/2020 8:44  Mis à jour: 4/8/2020 8:44
CLUB des Supporters Boulistenaute.com
Inscrit le: 9/3/2005
De: Toulouse - 81 Tarn - Midi-Pyrénées
Envois: 1328
 Re: Philippe Quintais : je suis un patriote
Superbe interview d'un immense champion !!! Vu son amour du maillot se serait beau qu'il soit un jour champion Olympique mais ....
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Il n'y a qu'une chose qui puisse rendre un rêve impossible...la peur d'échouer
jydroitier
Posté le: 3/8/2020 19:14  Mis à jour: 3/8/2020 19:14
CLUB des Supporters Boulistenaute.com
Inscrit le: 2/10/2007
De: Bourg-Lès-Valence / Drôme / Région Auvergne-Rhône-Alpes
Envois: 591
 Philippe Quintais : je suis un patriote
Comme à son habitude Pierre FIEUX nous propose un entretien de très belle facture. 😉

Philippe QUINTAIS en champion d'exception qu'il est se livre une nouvelle fois avec beaucoup de franchise, mais également avec toute l'humilité et la sagesse qui le caractérisent et sont l'apanage des très grands du sport en général.

Merci à Pierre pour son travail en amont de l'interview ainsi qu'à Philippe pour cet agréable moment.
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Cauterets
Posté le: 3/8/2020 17:40  Mis à jour: 3/8/2020 17:40
Bébé boulistenaute
Inscrit le: 14/10/2014
De:
Envois: 62
 Re: Philippe Quintais : je suis un patriote
Bonjour,

Je prends cette liberté de m’exprimer sur Philippe Quintais.
Je connaissais ce joueur pour l’avoir vu jouer avant ce qui va suivre mais je l’ai vraiment vu tutoyer les étoiles lors du Championnat du Monde en Thaïlande à Chien Mai en 1993.
Lors de son quart contre Foyot,Monard,Fazzino dans une soirée où la chaleur était toujours présente , il se retrouve mené 2/7 avec un Passo peu à son aise au tir et semblant perdu et un Georges Simoes correct sans plus, et là déplacement de bouchon dans le cadre voisin à une distance dépassant allègrement les dix mètres.Et Quintais prend le tir à ce moment pour un palet et un carreau salvateur.Le ton était donné et tout le reste fut Jusqu’à la fin de la partie du même calibre.
Ce jour là j’ai vu la quintessence de ce sport face à une équipe de très haute lignée.
Je l’ai suivi avec attention pendant de longues années, avec Jean Luc Robert et Laurent Morillon, ou avec Philippe Suchaud qui correspondait à mes yeux à son équipier parfait....un peu comme scottie Pippen avec Michael Jordan au Chicago Bulls..puis Henri Lacroix qui sont tous des joueurs hors normes , On peut rajouter (Lelons,Hureau,Concedieu,Amri, Lucien.........) mais Quintais demeure Quintais .
Un jour Jean Luc Robert disait de lui qu’il était capable de jouer tout un concours sans perdre une boule,je le crois sincèrement.
Bien sur certains me diront mais d’autres joueurs ont un niveau de jeu éblouissant ou une approche différente (Foyot plus hâbleur,Fazzino plus intransigeant et bougon) c’est vrai mais il ne s’agit pas de comparer les uns ou les autres mais Quintais a réussi à gagner certains concours (Marseillaise,coupe de noel à Toulouse......) avec des joueurs qui n’arboraient pas un statut Immensément reconnu....je ne suis pas discourtois en disant cela , je suis juste dans l’énoncé de la vérité.
Pour finir ,il y a deux ans à Saint Tropez, j’ai mis ma timidité de côté et j’ai osé l’aborder alors que nous nous trouvions à côté.j’ai découvert un homme simple,avec une humilité fait homme.
La comparaison pourra paraître excessive pour certains mais il est à la pétanque ce que Georges Charpak était à la Physique où Norman Béthune à la médecine (deux personnages que j’aurai aimé croiser même si l’un était décédé 20 ans avant ma naissance)Ce sont avant tout des passionnés mais qui quelque part véhiculaient une forte touche d’humain et c’est bien cela l’essentiel.....
Merci Monsieur Fieux qui ,par vos interviews et vos articles , nous permet d’étancher notre curiosité bouliste.
Bonne journée à tous
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