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Les champions : Marco Foyot, jours de gloire

Posté par BOULEGAN le 3/4/2020 7:00:00 (24284 lectures) Articles du même auteur

Dans la carrière des plus grands champions, il y a quelques moments vraiment extraordinaires. Marco Foyot est revenu pour nous sur les trois plus grands souvenirs de sa carrière.



Marco Foyot, jours de gloire

 

 


Dans la carrière des plus grands champions, il y a quelques moments vraiment extraordinaires. Marco Foyot, joint par vidéo, est revenu pour nous sur les trois plus grands souvenirs de sa carrière.


Depuis plus de quarante ans, tu as tout connu à la pétanque. Quel est le plus grand moment, celui qui t'a le plus marqué, parmi toutes ces années ?

Il y en a trois. Le premier, c'est mon premier titre de champion de France, en doublettes, en 1980 avec Antoine Stefani. C'est important parce que je voulais un titre, mais en triplettes ça ne venait pas. Et en doublettes et en tête-à-tête, le championnat tombait toujours sur la Marseillaise, et du coup je ne le faisais jamais. Alors, à l'époque, je gagnais tous les plus grands concours, je me faisais beaucoup d'oseille au Bois dans les parties d'intérêt, ça allait bien pour moi, mais j'avais quand même envie de mettre un maillot bleu-blanc-rouge.

 

Photo Pétanque Magazine


Tu pensais que tu le méritais, c'est ça ?

Bien sûr. Ca va te paraître prétentieux, mais à l'époque, je me considérais comme le meilleur joueur du monde. Pourquoi je te dis ça ? Parce que je faisais beaucoup de parties d'intérêt, et je me sentais capable de rendre trois points de treize à n'importe qui. Je l'avais même dit dans les années quatre-vingt à Choupay, qui était le meilleur tireur à ce moment-là.

Quand je jouais à six boules à Auteuil, je faisais des trucs invraisemblables. Bébert de Cagnes m'avait appris beaucoup de choses, et je les mettais en application tous les jours. L'après-midi à Auteuil, je faisais des parties à 1000, 3000, 5000 balles. C'était des francs à l'époque, et le SMIC était autour de 2000 francs. Moi, dans la semaine, je gagnais cinq fois ça.


Et en 1980, ce maillot, tu finis par l'avoir ?

Oui, à Perpignan. Antoine bricolait un peu, mais chaque mène, je tirais trois boules, je faisais deux pile. Le dimanche, on a pris Claude Baills en huitièmes qui était un joueur extraordinaire. En quart, on a pris Raluy, qui n'était pas un adversaire facile, et les frères Olmos en finale. En quart, en demi et en finale, on m'a dit, parce que moi, je ne m'étais pas rendu compte, que je n'avais manqué aucune boule.

 

Photo Pétanque Magazine


Ça, c'était ton premier grand souvenir. Et le deuxième ?

Le deuxième, c'est 1976, lorsque je gagne la Marseillaise pour la troisième fois consécutive. Parce que deux ans avant, je n'ai pas conscience de ce que je fais. Je suis encore un minot, ce n'est pas médiatisé autant qu'aujourd'hui. Mais en 1976, après la finale, je réalise ce que nous venons de faire quand je vois arriver vers moi Albert Calanotti, avec sa chevelure blanche et sa chemise noire, et qu'il me dit : « Tu vois, mon petit : ce que tu as fait, jamais plus quelqu'un ne le fera. » Et aujourd'hui, en 2020, je vois que plus personne ne l'a fait.

 

En 1974, tu avais battu en quart de finale Brocca, Besse et Charly de Gémenos. Mais là, en 1976, il y avait eu aussi une partie légendaire, puisqu'en demi-finale, vous aviez battu Lovino...

C'est ça, avec Denis Salvador et Roux, le fils du Bajard. Lui, il est venu me voir avant la partie et il me dit : « Toi, tu as déjà gagné deux fois la Marseillaise. Et tu veux la gagner trois fois, c'est ça ?  Tu nous prends pour quoi ?» Et moi, je suis un peu embêté.

Mais écoute bien. J'ai tiré une trentaine de boules, je n'en ai jamais manqué. Et en plus, il n'y avait pas de partage, ce qui était rare. En finale, du coup, je ne partage pas, et on devient les premiers joueurs à gagner la Marseillaise sans partager. Il y avait beaucoup de primes également, et on les a toutes prises aussi (rires).

 


Quel est le troisième grand moment qui te revient ?

Mon titre de champion du monde. En 1992 à Aoste. Mon père était présent, et c'est un très grand souvenir. Je jouais avec Daniel Monard et Christian Fazzino.

 

Ce sont de très grands joueurs, mais sur le papier, c'était une association inattendue. Comment a été formée cette équipe ?

C'est Henri Bernard, qui était président de la Fédération à l'époque, qui l'a faite. Un jour, il vient me voir, et il me dit : « Tu vas aller te faire couper les cheveux plus courts, et en septembre je t'envoie au championnat du monde. » Mais pourquoi me faire couper les cheveux ? Bernard était un ancien militaire. Il me dit : « Parce que tu as les cheveux trop longs. Et surtout tu te rases. » (rires)

Alors je lui demande avec qui, et il me répond : « Je vais te faire jouer avec ton ennemi. » C'était Fazzino. On n'était pas ennemis, mais c'est vrai qu'à l'époque, il y avait de la rivalité entre nous, on ne se parlait pas. Je dis à Bernard : « Vous pensez que Fazzino voudra jouer avec moi ? » Il me dit : « Fazzino va jouer avec toi. Vous allez jouer jouer tous les deux. »

Je lui demande qui était le troisième, et je m'attend à Choupay, ou René Coulomb. Ce sont les meilleurs joueurs de l'époque. Il me dit : « Daniel Monard. » Et là, je ne comprends rien. Mais je la ferme, parce que je n'ai encore jamais fait de championnat du monde en sélection, et que j'ai envie d'y aller.

 

Photo Pétanque Magazine


Parce que tu en avais fait un en 1988, en tant que champion de France ?

Oui, avec Lapietra et Luchesi. Et tu vois, parfois, une carrière, ça tient à peu de chose. Cette année-là, si on avait perdu en finale du France, René et moi, on aurait peut-être fait le championnat du monde avec Choupay, que la fédé avait décidé de qualifier. Mais comme je bats Fazzino et Voisin en demi-finale, ils les prennent à eux, et ils les mettent avec Choupay. Et ils sont champions du monde.

 

Du coup, en 1992, vous avez un peu joué ensemble avant d'aller à Aoste ?

Non. Le président Bernard voulait que j'aille jouer à Zurich et dans un autre concours, mais j'avais donné mon accord à Bob Morisson, qui a été ensuite président de la Fédération américaine, pour faire une tournée aux USA en juillet et août. La première fois que j'ai joué avec Fazzino et Monard, c'était au début du championnat du monde.

 

Comment ça s'est passé?

Bien, j'ai su mettre de l'huile dans les rouages, trouver les mots. Mais en quart de finale, ça allait très mal. On était menés 12-4 contre la Thaïlande, Monard vient de manquer trois fois double, et le Thaïlandais a tapé gagné. Le gars la saute d'un millimètre et on marque un point. Je dis à Daniel : « Ecoute moi. Il faut que tu pointes. Fazzino et moi, on va tirer. »

On laisse Christian au milieu, et de pointeur, je deviens tireur. Les deux premières que je tire, je fais carreau, carreau. Fazzino derrière moi fait recul, carreau. On en fait quatre, 9-12.

La mène d'après, je fais carreau, carreau. Fazzino frappe deux fois, on en fait trois. 12-12.

La mène suivante, j'ai fait palet, carreau. On a gagné 13-12. Elle est belle l'histoire, non ?

 

Ca a été plus facile ensuite ?

Enfin, il y avait des clients quand même. En demi-finale, on prend Weibel, Van Campenhout et Van Caneghem et de l'autre côté, Passo prend la Tunisie et gagne.

Du coup en finale on a Simoës, qui était peut-être le meilleur pointeur du monde, Quintais qui était le meilleur milieu du monde et Passo qui était certainement le meilleur tireur de la planète. C'étaient les champions en titre, une équipe fabuleuse.

Moi, je dis à Fazzino et Monard : « Laissez moi faire. Laissez moi parler, il ne faut pas qu'ils jouent à fond. ». Et je fais un peu de cinéma. Quand je met un point à cinquante, je dis tout fort : « Celui-là, il est bon, je pense que Simoës le gagnera un coup sur deux, maximum. » Il y avait un peu de rivalité entre nous, et ça l'énervait un peu. Du coup, il le perdait deux fois.

C'est ce qui s'est passé la première mène. Passo a frappé une fois sur deux, Simoës a perdu deux boules, et Monard a eu sa première boule à tirer. J'ai dit à Christian : « Celle-là, elle va être très importante. » Il frappe, et Quintais gagne le point à la dernière. Et Monard frappe à nouveau. Et là, je me dis : « Marco, tu vas être champion du monde. » A la première mène. Ça paraît dingue, mais c'est ce qui s'est passé. On a gagné 15-3.

La dernière mène, il a fallu qu'on aide un peu Monard. Il a frappé gagné et avec Christian, on l'a accompagné au rond. Il nous dit : « Ma boule, je ne la sens pas. Elle fait trois kilos huit. » Je lui dis : « On s'en fout. Tire comme quand tu es chez toi, en Lozère. Il suffit que tu la pousse un peu, et ça suffit. Tu as deux boules, tu vas y taper.» Il est allé au rond, il a fait une espèce de chique de rien du tout, la boule a dû faire cinquante centimètres et on est champions du monde.

 

Photo Pétanque Magazine

 

 Merci d'avoir partagé ces souvenirs. Tu voudrais profiter de cette interview pour dire autre chose ?

Oui. Aujourd'hui, je pense à Pape Diouf, qui vient de nous quitter. Tu vois, regarde, je viens d'acheter l'Equipe, il est en première page. Il était venu me voir l'année dernière au parc Borély, on avait parlé un long moment. Il m'avait raconté une anecdote qui nous concernait tous les deux : lorsque j'étais venu à Marseille la première fois, en 1974, il venait de rentrer au journal la Marseillaise comme pigiste et il avait fait un de ses premiers articles sur moi. C'était un grand bonhomme, un grand président de l'OM, et je suis très triste après cette nouvelle.

Restez à la maison, comme moi, et prenez soin de vous.

 

 

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2019 : FOYOT/FAZZINO une légende bien vivante ! 

Marco Foyot, les leçons du père 

2014 : Marco Foyot, le rêve américain 

2012 : Marco Foyot, la vie comme une fête 

2011 : Marco Foyot, paroles de star 

 

 

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Auteur Conversation
petanque
Posté le: 3/4/2020 9:33  Mis à jour: 3/4/2020 9:33
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 Re: Marco Foyot, jours de gloire
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jacou
Posté le: 3/4/2020 9:25  Mis à jour: 3/4/2020 9:25
Bébé boulistenaute
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 Re: Marco Foyot, jours de gloire
quand on lit ça, on peut que se dire qu'il en avait..... et qu'il en a encore.
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