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Les champions : Lozano, coeur de champion

Posté par BOULEGAN le 2/5/2020 9:30:00 (10994 lectures) Articles du même auteur

Dans la carrière des plus grands champions, il y a quelques moments vraiment extraordinaires. Dédé Lozano a évoqué pour nous ceux qui ont le plus marqué sa carrière.


Lozano, cœur de champion

 


Dans la carrière de tous les grands champions, il y a quelques moments vraiment extraordinaires. Dédé Lozano, le grand champion belge, a évoqué pour nous ceux qui ont le plus marqué sa carrière. Joueur discret et peu porté sur les interviews, il a néanmoins accepté de se confier longuement à Boulistenaute, pour un entretien où il se révèle tel qu'il est : direct, sincère, amoureux du jeu et de ses dimensions humaines, nostalgique et terriblement attachant.

 
 

Ta carrière est pleine de grands moments, de souvenirs exceptionnels. Quels sont ceux que tu mettrais au-dessus de tous les autres, aujourd'hui ?

Je n'ai pas toujours dit ça, mais maintenant, il me semble que les plus beaux, ce sont tous ceux que j'ai vécus avec Metz. Parce qu'il y avait beaucoup plus que les simples performances sportives, c'était une aventure humaine formidable.

Oui, je dirais ça, même si mon rêve de gosse, c'était d'être champion du monde.


Tu rêvais d'être champion du monde lorsque tu étais gamin ?

Oui. Je vivais au Maroc à l'époque, et mon père avait fait partie de l'équipe nationale, avait disputé deux fois le championnat du monde. Et moi, je rêvais de le gagner un jour.

 

Photo Pétanque Magazine


En 1981, tu arrives à Lyon. Et c'est là que tu construis le joueur que tu vas devenir ?

Oui, grâce à mon frère. Jean-Michel était plus fort, beaucoup plus complet lorsque nous étions jeunes, que moi qui n'étais qu'un idiot de tireur. Mais la vie l'a un peu détourné de la pétanque, et de ce destin de champion qui l'attendait peut-être.

Moi, au départ, à part attraper une cible entre six et dix, il ne fallait pas me demander autre chose. On a joué énormément l'un contre l'autre, sur un terrain complètement fou au bord d'une voie ferrée, super-technique. Il fallait envoyer, tourner la boule, savoir faire tout ce que j'ai fini, peu à peu, par apprendre. Parce qu'avant d'aller jouer ailleurs, il fallait déjà que j'arrive à battre mon frère. Et ça, ce n'était pas facile.

 

Photo Pétanque Magazine


Revenons à l'aventure de la Ronde de Metz. Qu'est-ce qu'elle avait de spécial ?

C'était une aventure humaine, je te l'ai dit. Moi, je pense qu'il faut jouer avec ses amis. J'ai besoin de jouer avec des gens que j'aime, et qui m'aiment. J'ai parfois refusé d'intégrer des grandes équipes, parce que je savais que je n'allais pas y trouver ça. Moi, je veux partager des bons moments à la pétanque, et partager des bons moments en dehors. Et à Metz, c'était comme ça. Et c'est pour cela que ça a duré longtemps.

On était défrayés, bien sûr. Mais sinon, il n'y avait rien à gagner d'autre, que les titres et le plaisir de les remporter ensemble. Par rapport aux grands teams où les champions étaient rémunérés, on se sentait un peu les petits face aux grands, et on se sentait fiers de les battre.

Il y avait un état d'esprit particulier, qui s'était créé grâce à la famille Sala, mais aussi beaucoup, je pense grâce aux Belges. En Belgique, la relation avec le sport passe toujours par l'amusement, le sens de la fête, le côté petit pays par rapport au gros pays qu'est la France. Claudy, Tichon, Michel, Nancy (Weibel, Hémon, Van Campenhout, Barzin, NDLR) ont amené beaucoup à ce club.

 


Il y a eu aussi des locaux qui se sont hissés à votre niveau, je pense à Fabrice Riehl et à Fred Machnik notamment. Quel rôle ont-ils joué dans cette aventure ?

Un rôle important, notamment Fred Machnik qui a été au départ de tout. Claudy jouait à Paris, mais il voulait se rapprocher de chez lui, et il a pris Fred comme tireur. Ensuite on est tous arrivés un par un, et ça a commencé. Mais aussi, surtout, parce qu'il y avait quelqu'un dont on n'a pas encore parlé, c'est David Le Dantec. Il a été pour beaucoup dans la réussite sportive du club. Au niveau de la mentalité, de la connaissance du jeu, du calme, de la capacité à former les bonnes équipes, il coche toutes les cases, c'est magique. Il nous a beaucoup apporté mentalement.

 


Vous pensiez accumuler autant de victoires ?

On savait qu'on pouvait faire quelque chose, je ne vais pas te mentir. Quand on a fait les deux premiers Grands Huit sans les gagner, on a vu qu'il ne manquait pas grand-chose. Mais ensuite, quand on a vu qu'on était allé chercher cinq Coupes de France et deux Coupes d'Europe, c'est un truc de fou. Mais je pense que c'est la mentalité qui nous a fait gagner tout ça.


Il y a une autre compétition qui arrive inévitablement lorsqu'on évoque ta carrière, c'est le championnat du monde. Tu en as disputé énormément pour la Belgique, et ils forment, mis bout à bout, une autre belle histoire. Parce que ce rêve de gamin, c'est là que tu l'as réalisé, finalement...

C'est vrai. J'ai fait plus de championnats en Belgique qu'en France, en fait. J'ai été une seule fois champion de France, et cinq fois en Belgique.

Je suis devenu Belge en 1997, et j'ai fait mon premier championnat du monde en 1998. J'avais disputé le Trophée Canal+ l'année d'avant avec la Belgique, mais je n'avais pas pu faire Montpellier parce que j'attendais encore ma naturalisation. Du coup l'année suivante je suis allé en Espagne, où nous avons perdu en demi-finale contre le Maroc.

Quand Gustave Moëns m'avait appelé en équipe nationale, je lui avais dit : « Gustave, il faut que tu me donnes trois ans. Si d'ici là, on n'a pas été champions du monde, je n'insisterai pas. »

Et voilà, en 1999 on a fait la finale à la Réunion contre Madagascar, et en 2000, on a conquis le Graal à Faro.

 

Photo Jac Verheul


Ca doit donner des ailes, ça ?

Justement, non. J'avais atteint mon but, et ça m'enlevait pas mal de motivation. A cette époque, je travaillais, j'avais un gamin, et aller du lundi au vendredi au bureau et partir tous les week-ends jouer, ça n'allait pas avec la vie de famille. Et avec ça, la notoriété qui s'est multipliée par dix parce que je suis champion du monde, ça ne m'allait pas trop non plus.


En quoi c'était un problème, d'être soudain aussi connu ?

J'ai du mal avec ça, en général. Je n'aime pas trop qu'on parle de moi. Et d'ailleurs, j'ai accepté cette interview parce que je te connais, que je te respecte, mais je t'avoue que j'ai hésité.

Lorsque j'ai été champion de France avec Chapeland, en 1989, et qu'on nous demandait de porter notre maillot tricolore, on avait presque honte de le faire. Et Willy, c'était encore pire que moi. C'était un phénomène au tennis, c'était un phénomène au foot, et à chaque fois qu'il arrivait au sommet, il ne voulait pas aller plus loin. On était invité ensemble dans tous les nationaux, et il préférait faire un petit concours à quarante kilomètres de chez lui. Pourtant, il avait une des adresses les plus pures que j'ai vues de ma vie.

C'est comme ça. Parfois, j'aimerais être incognito sur les terrains, je prendrais plus de plaisir.

Tu vois, en octobre au Trophée l'Equipe, le premier jour j'étais avec Claudy, et beaucoup de gens lui demandaient un autographe, une photo. Moi, j'avais l'impression d'être un fantôme. C'est tout juste si certains ne me demandaient pas de me décaler un peu pour ne pas être sur la photo. Et je m'apercevais que ça m'arrangeait.

Et puis on fait une ou deux parties où je joue pas trop mal, et le deuxième jour, c'est avec moi qu'on voulait faire la photo. Et j'ai du mal avec ça. La notoriété, ça fausse les rapports avec les autres, je trouve.

 

Photo Yohan Brandt pour Quarterback


Du coup, au début des années 2000, au lieu d'accélérer, tu lèves le pied ?

C'est ça. Quand je partais faire un national et qu'on perdait en seizièmes, j'étais presque content, parce que j'allais passer le dimanche chez moi. Quand tu commences à penser comme ça, ce n'est pas bon.

Alors j'ai moins joué, j'ai même fait l'impasse sur deux championnats du monde et je ne suis revenu en équipe nationale qu'en 2005, parce que cette année-là, c'était à un kilomètre de chez moi, à Bruxelles. L'année suivante, comme on avait fait la finale, je suis allé à Grenoble, et puis je n'ai rejoué qu'en 2012, parce que là, c'était à Marseille.


Marseille, c'est ta ville de cœur, c'est ça ?

Exactement, pour un tas de raisons. Je suis supporter de l'OM depuis longtemps. J'adore la musique et tout particulièrement le groupe IAM, que je suis depuis ses débuts.

Et puis, lorsque j'ai commencé à jouer en France, j'étais à Lyon, mais pour moi, la pétanque, c'était Marseille. A l'époque j'étais plein d'ambition, et je me disais : « Si tu veux être fort, c'est là-bas qu'il faut être fort. » C'était le berceau du jeu, les plus grands étaient là-bas, ceux qu'il fallait battre étaient là-bas. Et je voyais que les Lyonnais craignaient un peu de descendre à Marseille. Du coup, pour moi, c'était un challenge.

J'y ai d'abord fait quelques rencontres par l'intermédiaire de Jean-Louis Cazemajou, et au début des années 90, je jouais plus là-bas qu'à Lyon. J'y ai connu des personnages inoubliables, notamment Petou Caglieri : j'ai gagné Martigues avec lui et Michel Carvin, contre Foyot, Passo et Farré, c'est un grand souvenir.

Eric Bartoli aussi, avec qui j'ai aussi passé des moments formidables. René Lucchesi, qui est le premier champion du monde avec qui j'ai joué, Brocca, Capeau, ils me faisaient rêver.

J'ai toujours aimé le côté excessif de Marseille. Alors, tu vois, faire un championnat du monde là-bas, je n'aurais manqué ça pour rien au monde.

 

Photo Jac Verheul 


Et ce championnat du monde, il a répondu à tes attentes ?

Franchement , c'est peut-être le plus bel événement que j'ai vécu. Même si la fin a été ce qu'elle a été, même si j'ai vécu un dimanche horrible, j' ai connu, du mercredi au samedi, les quatre plus beaux jours de pétanque de ma vie, parce que je croyais vraiment qu'on allait le gagner. Je pensais vraiment que ça pouvait le faire, et d'ailleurs j'ai laissé beaucoup jouer les trois autres (Weibel, Hemon, Van Campenhout, NDLR) les premiers jours parce qu'ils faisaient une super-équipe.

Madagascar, en huitièmes, avait plus les faveurs des medias que nous. Ça m'avait un peu vexé, et j'étais assez remonté. Mais comme l'équipe marchait bien comme ça, je suis resté en retrait, en me disant que je pourrais remplacer l'un ou l'autre s'il avait une défaillance. Mais à un moment, ce sont les trois qui ont eu un coup de barre. On était 2-6, je crois, et Michel m'a demandé de rentrer. Et là, dès les premières boules, j'ai eu un truc que j'ai rarement ressenti : un sentiment de plénitude absolue, l'impression que je pouvais faire ce que je voulais de mes boules. Et on a gagné.

En quart contre le Canada, qui était très fort cette année-là, il a fallu faire un jeu d'une autre monde pour gagner et quand on est arrivé en demi-finale contre la France, j'étais sûr qu'on allait les battre.

 

 

Photo Jac Verheul 

 

Et ça n'a pas été le cas, avec six trous de votre part à la dernière mène. Comment tu l'as vécu ?

Ça a été la pire fin de partie de ma vie. C'est fou, parce qu'en début de partie, on les tenait grave. C'était le terrain le plus difficile sur lequel j'ai jamais joué. Il fallait les envoyer parfaitement, et je me sentais vraiment supérieur à Suchaud au point ce jour-là. Même Henri, que je considère comme le meilleur depuis une dizaine d'années, était bizarrement très très moyen. Ca veut dire que si tout se passait bien, on pouvait les battre très rapidement.

Sauf que Dylan nous fait un truc de fou, un truc que je n'ai jamais vu ailleurs. Si tu me demandes: « Qui t'a impressionné le plus sur une partie, dans toute ta vie ? », je te répondrai que c'est Dylan Rocher dans cette demi-finale. C'est incroyable, il a joué quatre boules avec deux toutes les mènes. Parce qu'un carreau, on sait que c'est important, mais un carreau dans un jeu aussi dur à pointer, c'est énorme. Ca veut dire que les boules de point qu'Henri et Suchaud perdaient, de façon incroyable, ce jour-là, Dylan les rattrapait toutes.

S'il avait tiré juste normalement, on pouvait aller vers le titre. A Marseille, après la semaine que j'avais vécue, en ayant rencontré Akhenaton quelques jours avant, ça aurait pu être magnifique.

 

Photo Jac Verheul 


Je me rappelle qu'en 2012, des voix s'élevaient déjà, en Belgique, pour critiquer le fait qu'on vous sélectionnait une fois de plus, pour demander qu'on laisse la place à de jeunes joueurs. Le fait que vous, les quatre mousquetaires, aient été aussi souvent retenus, comment tu l'expliques ?

On a depuis longtemps un coach, Gustave Moëns, qui a été un grand joueur lui-même,  et qui nous voit comme les meilleurs. Mais il faut quand même dire quelque chose. Tous les joueurs belges que l'on place derrière nous en sélection ont fait, eux aussi, un ou plusieurs championnats du monde : Uytterhoeven, Masuy, Baton, Pardoen, ont tous été en équipe nationale. Donc, le sélectionneur a essayé ces joueurs, même si c'est passé un peu inaperçu puisqu'il n'y a pas eu de finale au bout.

Au bout du compte, c'est Gustave qui décide, et il se trouve que sa vision du jeu est assez semblable à la nôtre. C'est peut-être pour ça qu'il nous a souvent retenus.

Ou bien, peut-être qu'il a vu que les bonnes boules, on les jouait. Et peut-être qu'il a vu que d'autres, les bonnes boules, il les jouaient beaucoup moins. Mais là, tu vois, je crois qu'on a remis la main sur un lascar qui les a, ces qualités, c'est Joël Marchandise. C'est quelqu'un qui peut nous faire regagner un championnat du monde.


Parce que cette qualité, le cran, c'est particulièrement utile au niveau international?

Bien sûr. Mais pour savoir ça, il faut y avoir joué. La phrase qu'on entend toujours : « C'est plus difficile de gagner un championnat de France qu'un championnat du monde», même si elle est intrinsèquement juste, ne tient pas lorsque tu connais la réalité. Parce que même si tu affrontes des parties parfois moins fortes, ce qui contrebalance, c'est l'énorme pression que tu éprouves quand tu représentes ton pays.

Tu sais que tu vas te faire démonter si tu passes à travers, et il faut supporter ça et arriver à faire du jeu. Les championnats du monde ne ressemblent à aucune autre compétion.

 

Photo Jac Verheul 


Cette pression, tu en as besoin ?

Oui, parce que pour moi, motivation et pression, c'est pareil. D'ailleurs, lorsque je prépare un grand événement, je joue très peu dans les mois qui précèdent. Je me mets la pression tout seul, et je fais monter ma motivation. Et le rendement suit, parce que c'est elle qui me fait bien jouer.


Après une telle carrière, est-ce qu'il te reste un rêve, ou bien un regret si tu penses que tu ne le réaliseras pas, un concours que tu aimerais encore gagner un jour ?

Tu t'en doutes, je pense. C'est le Mondial la Marseillaise, bien sûr. J'adore cette compétition, elle est unique : chaque partie est un concours à elle seule. Le gagner, bien sûr, mais simplement fouler le carré du Vieux Port, j'aurais trouvé ça énorme.

On a failli y briller en 1990, avec Lucchesi et Jean-Luc Robert. On a perdu 13-12 en huitièmes de finale contre Pisapia, après une partie de près de quatre heures. C'était la première partie que je vivais comme ça, avec une galerie énorme, des gens dans les arbres.

On était arrivés à Borély à la bourre, il n'y avait pas de place. Un gars avait surgi, et avait proposé de garer notre voiture, il n'y a qu'à Marseille que tu vois ça. Jean-Luc avait laissé les clés à ce mec qu'il n'avait jamais vu, et on avait franchi les grilles du parc. Plein de gens venaient nous voir, nous montraient à quel jeu on allait jouer, et on est arrivé au milieu de tout ce monde qui attendait que la partie commence. C'était des instants magiques. Ca fait partie des plus beaux moments que j'ai vécus, encore au-dessus de ceux que tu vis dans un championnat du monde. Même aujourd'hui, en te le racontant, ça me fait dresser les poils.

Cette partie, on l'a perdue, mais je m'en fous. Je l'ai vécue. J'ai vu Pisapia, accroupi au milieu du jeu, lisser sa donnée avec la paume de la main. Ça nous gonflait, mais il ne nous serait jamais venu à l'idée de lui dire quelque chose tellement on avait du respect pour lui. Et aujourd'hui, tu vois, c'est un souvenir magnifique. L'impression d'avoir vécu quelque chose qui s'est perdu.

 

 

Tu es nostalgique de ça ?

Bien sûr. Ce jeu, on l'a amputé. Maintenant, il n'y a plus d'intelligence dans la pétanque, à cause du temps, à cause des cadres. On utilise moins de coups qu'avant. C'est devenu du ball-trap.

Quand j'étais môme au Maroc, Je suivais mon père sur les concours tous les week-ends. Ce n'était pas du tout le même jeu que maintenant. Il était joué par des loustics qui jetaient le bouchon derrière un arbre, qui mettaient cinq minutes pour jouer une boule, qui essayaient de te déstabiliser. Rien n'était interdit. Ca, c'est la pétanque que j'ai aimée et que j'aime toujours. Mais elle n'existe plus, et ça fait partie des raisons de mon retrait depuis pas mal d'années.

Je suis toujours autant passionné par le jeu, mais je pense qu'il a perdu plusieurs de ses dimensions. La tactique, par exemple, a en grande partie disparu. Quand j'ai fait le Trophée l'Equipe il y a six mois, j'avais l'impression de jouer à autre chose : tu n'as qu'une minute, tu n'as plus le temps de réfléchir, donc tu fais vite n'importe quoi.

Le côté psychologique, la guerre des nerfs qui se jouait dans le temps a disparu aussi. Attention, c'était un jeu, ça se faisait dans le respect. Mais faire manquer une boule à l'adversaire, à partir du moment où tu ne l'insultais pas et que tu ne lui touchais pas le bras, ça faisait partie du jeu.

Moi, quand j'ai commencé à bien tirer, j'en avais des mecs derrière le rond, les bras croisés en train de me braquer. Quand ils voyaient que je supportais ça, ensuite, ils voulaient jouer avec moi.

Tout le monde aimait ça. Quand tu étais mené 0-10 ou 0-11 et que tu trouvais des ficelles, toujours dans le respect, pour faire craquer l'adversaire et que tu gagnais, on venait te féliciter. Maintenant, c'est mal vu, et c'est même incompréhensible pour certains. Je peux l'admettre. Mais ça a enlevé tout un côté spectacle qui était fabuleux, des joueurs qui étaient de véritables acteurs de théâtre.

Mais attention,  comprends-moi, ce que j'éprouve aujourd'hui en parlant de ça, ce n'est pas de l'aigreur. C'est de la nostalgie. De la nostalgie pure.

 

 

 

 

 Entretien réalisé par Pierre Fieux

 

 

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Les commentaires appartiennent à leurs auteurs. Nous ne sommes pas responsables de leur contenu.
Auteur Conversation
robertleca
Posté le: 3/5/2020 20:06  Mis à jour: 3/5/2020 20:06
CLUB des Supporters Boulistenaute.com
Inscrit le: 23/12/2002
De: 83 Var PACA Six-Fours
Envois: 353
 Re: Lozano, coeur de champion
et oui, un enorme joueur avec qui j ai evoluer et meme failli etre son partenaire avec Willy pour les championnats du rhones avant qu il ne parte en belgigue ou il a fait cette magnifique carriere et malgré sont retrait du circuit ( un peu comme moi) je lui souhaite encore de grandes victoires. au plaisir dede, de ce retrouver et de parler de quelques anectodes et aussi de la facon d aborder la "nouvelle petanque" qui ne nous plais pas forcement...
ludo74
Posté le: 2/5/2020 20:57  Mis à jour: 2/5/2020 20:57
Boulistenaute accro !
Inscrit le: 7/12/2008
De: Villefranche sur Saône
Envois: 4484
 Re: Lozano, coeur de champion
C'est agréable qu'un joueur de son niveau pense comme la plupart des joueurs... j'attends avec impatience les championnats avec J-L Robert ! 😎😎😎
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- Mon Portrait - http://www.boulistenaute.com/actualite-portrait-637-besnier-ludovic-ludo74-13591

Je ne perds jamais. Soit je gagne soit j'apprends.
FEDALIEN
Posté le: 2/5/2020 18:58  Mis à jour: 2/5/2020 22:43
CLUB des Supporters Boulistenaute.com
Inscrit le: 18/3/2004
De: Mohammédia MAROC
Envois: 322
 Re: Lozano, coeur de champion
Bel article sur un très Grand Champion.. N'est-il pas le fils de mon Ami Jeannot, Champion du Maroc, et International Marocain..
Photo (Collection Driss Erraghioui):
24 heures du CMC (Casablanca) édition 1976.. Les Gagnants:De gauche à droite: Feu Jeannot Lozano, Driss Erraghioui, Feu Ichich ..Et devinez qui tient la pancarte? Et ben! C'est le petit Dédé, tout mignon!



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Je souhaite à tous d'atteindre par la pétanque ce qui est si difficile à atteindre dans la vie : le bonheur, l'amitié, la liberté et la beauté.
jayro
Posté le: 2/5/2020 13:39  Mis à jour: 2/5/2020 13:39
Bébé boulistenaute
Inscrit le: 6/5/2018
De:
Envois: 30
 Re: Lozano, coeur de champion
La finale à Faro:
lien vidéo Faro

Avec des commentaires intéressants sur l'équipe de France et la mauvaise entente pétanque entre Quintais et Foyot.
bouda
Posté le: 2/5/2020 12:46  Mis à jour: 2/5/2020 12:46
Boulistenaute accro !
Inscrit le: 15/1/2006
De: 11 Aude - Languedoc-Roussillon
Envois: 3700
 Re: Lozano, coeur de champion
L un des plus beaux entretiens qu il m est été permis de lire. Qu un monsieur !!! Respect. Nous nous sommes rencontrés à Millau en tête à tête je crois en 2001 ou 2002 à la 5 ème. J avais perdu mais ça reste un bon souvenir. L annee apres en 1/4 je bas claudy je m étais vengé lol.
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PORTRAIT N° 285 Frédéric MARTINEZ "bouda".
http://www.boulistenaute.com/actualite-portrait-285-martinez-frederic-bouda-7102
  
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