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Les champions : Hommage à MARCEAU

Posté par jacpetanque le 4/7/2004 21:50:00 (31689 lectures) Articles du même auteur

Hommage à MARCEAU

Extraits de livres sur Marceau NARCY

« Albert CALANOTTI et les Rois de la Pétanque » par Mario GARRO.

« C'est ça la Pétanque » par André DESPLAS.

« Il était une fois Le Mondial La Marseillaise à Pétanque » par Pierre ANDRÉIS et Jean-Paul DELHOUME.

« La Pétanque » par Marco FOYOT, Alain DUPUY et Louis DALMAS.




Extrait du livre « Albert CALANOTTI et les Rois de la Pétanque » par Mario GARRO, journaliste du journal « La Marseillaise », paru en 1976 à Marseille, Editions « La Marseillaise ».

1. Extrait du chapitre « BESSE, le roi de la pétanque », pages 167 et 168.

En 1969, BESSE gagna avec CHARLY et BACCIARDI et devint recordman absolu du RICARD-LA MARSEILLAISE. Cette année-là, BESSE fut le roi de l'INTERNATIONAL à PETANQUE qu'il domina de bout en bout. En demi-finale contre VANNI, il fit une partie comme on n'en fait qu'une ou deux dans la vie.
Demi-finaliste en 1967, Jeannot VANNI avait empoigné son sujet à pleins bras. Fidèle à son personnage, il avait pris tous les risques entraînant avec lui ses coéquipiers Robert LE NOIR et MARLETTO, à se surpasser. VANNI étalait devant les maîtres de la pétanque une adresse insolente, mais pour battre BESSE, il aurait fallu encore plus d'adresse et plus de classe.
A onze partout, la victoire de VANNI ne faisait plus l'ombre d'un doute. Il avait le treizième point par terre, pour se sortir d'affaire BESSE devait réussir un carreau en place, même en trappant, il avait perdu la partie. Silence dans le stade - c'est la règle sacrée - BESSE regarda la boule bien en face, revint au rond, et on entendit claquer un carreau. BESSE venait de tirer... chapeau !
« J'ai eu la chance de réussir un carreau » disait BESSE peu après mais le public debout comme un seul homme s'écria : « II n'y avait que BESSE pour faire ça ».
L'ultime empoignade groupait six champions de première : BESSE, BACCIARDI, Charly de GEMENOS contre DEJEAN, GALES et MARCEAU, un gamin de Paris qui avait fait sensation en mettant à l'ombre tous les gros bras de Marseille. Il a suffi que MARCEAU apparaisse pour que l'on n'entende plus parler de BALDI, LOVINO et BROCCA.
MARCEAU confirma en finale la fïère impression qu'il avait produite. Il arborait toujours son petit sourire moqueur, mais cette fois, il avait devant lui Monsieur Pétanque : BESSE souverain, implacable qui donnait dans le pathétique en sauvant des situations désespérées, comme seuls savent le faire ceux qui se battent la foi collée aux tripes. CHARLY de son côté, répondait par des carreaux aux carreaux de MARCEAU, soudain lâché par ses hommes éprouvés par le feu de BESSE et CHARLY à qui BACCIARDI préparait admirablement le terrain.
MARCEAU n'avait pas réussi l'exploit de gagner le RICARD-LA MARSEILLAISE à 20 ans, mais il avait gagné le coeur du public, le respect de ses adversaires et emballé le Roi de la Pétanque lui-même : François BESSE qui disait après la finale : « Prodigieux ce petit MARCEAU. Il m'a littéralement emballé. Je crois que si j'étais riche, je l'achèterais pour moi tout seul, pour mon plaisir personnel. Je l'emmènerais au Parc Borély et là, assis sur un banc, je le regarderais tirer du matin au soir. Ça me rappellerait mes vingt ans ».

 

2. Extrait du chapitre « Bébert de Cagnes, le roi des flambeurs », pages 172 et 173.

Bébert de Cagnes dont la valeur est consacrée par un titre national tête-à-tête, règne sur la France des flambeurs. Il a des contrats d'exclusivité avec de grosses légumes de Paris et de la Côte d'Azur qui cherchent à se faire mousser avec le talent des autres et à des fins électorales.
Bébert de Cagnes est payé au carreau en place, autant dire qu'il gagne bien sa vie. Le petit MARCEAU était lui aussi de cette race des joueurs. On l'entretenait pour jouer aux boules.
BESSE avait dit de lui : « Ce MARCEAU, si j'étais riche, je l'achèterais pour mon plaisir personnel. Pour le voir tirer du matin au soir ».
Mais, LE CACOU qui s'est payé ce luxe, ne nourrit pas les mêmes sentiments envers le môme MARCEAU. Mettez-vous à sa place.
Il l'a accueilli chez lui. Il l'a niché, choyé, dorloté, habillé des pieds à la tête. Il lui a fourni l'argent de poche, les intégrales, les meilleurs restaurants. En retour, il ne lui demandait que quel-ques carreaux. Peu de choses pour un garçon aussi adroit mais le môme aimait trop l'oseille et il n'a pas hésité à « doubler » LE CACOU en frappant les siennes. LE CACOU qui est le roi des braves types, se contenta de lui dire en apprenant son infortune : « Va-t'en vite, morveux et que je ne te revois plus à Marseille ».
MARCEAU nullement impressionné, remonta à Paris, où il accepta aussi l'argent... de gauche, jusqu'au jour où, des truands arnaqués et moins indulgents que LE CACOU lui firent effectivement sa fête.
Séquestré dans un bouge, le môme en sortit miraculeusement indemne, marqué au rasoir et les poignets brisés. Depuis, MARCEAU n'est plus que l'ombre du prodigieux tireur qui avait émerveillé Marseille.
BEBERT DE CAGNES et MARCEAU vivent exclusivement des boules comme OTHELLO, CESAR DE MONTELIMAR, JO ARAMA.
D'autres comme MASCON, LOVINO, PEPE RUIZ, LUBRANO, BALDO, BESSE, MAGNANI, LE JAPONAIS, VANNI, LUCCHESI, ROUVIERE, AGACCIO, SALVADOR tirent de la pétanque le plus clair de leur revenu.
D'autres cèdent à la passion du jeu, comme Milou RICHARD le flambeur au coeur tendre qui explique : « J'aime ça - c'est passionnant, c'est ma drogue à moi ».
Milou LE COIFFEUR a perdu un jour son salon de coiffure avant de le regagner. Un notaire aixois a perdu son étude. Un vacancier suisse de passage au Parc Borély a perdu sa mercédès, MARCEAU a failli perdre la vie et l'Aixois Paul RIGAUD l'a effectivement perdue à L'Isle-sur-Sorgues, dans une partie de pétanque, qui ressemblait étrangement à du poker.
Vous voyez la pétanque, n'a pas toujours ce caractère bon enfant qu'on lui attribue. Mais quoique l'on fasse personne ne pourra empêcher certains joueurs spécialisés dans la farce des boules honteuses d'égayer leurs parties d'un peu de braise.
Quoi que l'on dise et même en y mettant de la bonne volonté personne ne réussira à faire passer Bébert de Cagnes, MARCEAU, LOVINO, AGACCIO et les rois de la flambe pour des enfants de choeur.
J'ignore, si tous ces caïds servent le prestige de la pétanque. Ce dont je suis sûr en tout cas, c'est qu'ils ne sont pas faits pour servir la messe.
La pétanque n'est pas, et ne sera jamais un cantique.


Extrait du livre « C'est ça la Pétanque » par André DESPLAS, paru en 1971 à Paris, Editions Solar Editeur, pages 85, 86 et 87.

La jeune (enfin...) pétanque parisienne, qui est en passe de supplanter la cellule mère, la marseillaise, sur le chapitre de la renommée, n'a guère été épargnée par les sanctions de la Commission de la hache, comme disent les rugbyphiles.
L'un de ses plus beaux fleurons, un authentique « titi » de la Butte, le fameux Marceau, adolescent chétif, malingre, aux cheveux longs, aux expressions pleines de gouaille, aux airs de Poulbot de Paname, a écopé d'une année de suspension pour ne pas avoir honoré sa sélection aux finales nationales de doublettes, qui eurent pour cadre Montauban !
Ce qui est piquant, c'est de connaître les véritables raisons qui ont conduit « le Môme », puisque tel est le surnom de Marceau, à demeurer obstinément au pied de la tour Eiffel, plutôt que d'aller défendre ses chances - et elles étaient grandes ! - dans le département de Tarn-et-Garonne...
Eh bien ! il nous faut revenir dans le Midi pour y voir plus clair. Au cours de l'été 1970, Marceau, qui fut deux fois champion de France juniors en P.T.T., et, notamment, demi-finaliste du championnat de France seniors 1970, à Vichy, avec Authieu et Mélis, Marceau, donc, jouait les mercenaires sur la Côte. Il vivait pratiquement et exclusivement du jeu de boules. Il était descendu en Provence chez le dénommé Cacou, un gitan bien connu, qui le nour-rissait, l'entretenait comme un vrai professionnel, moyennant d'impressionnantes séries d'estanques.
Mais Marceau, un peu gouape sur les bords, ne s'en est pas tenu à cette sécurité, à cette existence somme toute confortable. Il a voulu « doubler » Cacou. « Le Môme » aimait trop l'oseille, et c'est pourquoi il a accepté aussi de l'argent... de gauche, en d'autres ternies, qu'il n'a pas hésité une seconde à « prendre en cheville » son bienfaiteur.
Cacou a découvert le pot aux rosés, et le jour même, il a remis « le Môme » dans le train, en lui disant : « Petit, monte à Paris, et... tout de suite ! Je veux plus te voir par ici ou dans un concours quel qu'il soit. Disparais de ma vue ou je te fais ta fête ! »
II faut croire que cette déclaration et tant de fermeté courroucée avaient impressionné « le Môme », puisqu'il jugea bon de « faire le mort » de crainte de voir le Cacou mettre avec le concours de ses mafiosi, son sinistre projet à exécution.
Il aurait pu éviter la suspension en invoquant, par exemple, des excuses auprès de M. Fradin, président du Comité des Yvelines, mais il l'a négligé. Aussi ce même M. Fradin, un gros industriel parisien aimant la pétanque, s'est-il vu dans l'obligation de lui infliger cinq années d'interdiction de participer à une rencontre officielle.
C'est d'autant plus regrettable que le comportement de Marceau peut s'expliquer par son « environnement » familial, et il faudrait que sa jeunesse, son talent, son irresponsabilité presque lui vaillent les circonstances atténuantes, le sursis, sous réserve qu'il s'emploiera à ne pas recommencer.
Il y va de la « survie » d'un gars pétri de qualité, qui, si l'on ne fait rien pour le repêcher, risque de s'enliser dans un oubli et une misère morale et physique, dans lesquels, hélas ! il est déjà en train de sombrer.
J'espère que les fadas parisiens et français, s'ils sont aussi chics qu'on s'accorde à le dire, feront le maximum pour sauver Marceau, chef-d'oeuvre en péril !
Avec Marceau, la charrette des condamnés parisiens hébergera pour d'autres motifs un quatuor de grande qualité : les fameux Barelli et Kodjo, accompagnés de deux joueurs moins célèbres sur le plan national : Bathala et Gérard Anjudo*. Pourquoi cela ? Parce que aux parties qualificatives du pastis Duval, à Paris, Barelli faisait équipe avec Kodjo et que, par la suite, il y a eu permutation de partenaires. Un ménage à quatre en quelque sorte. Mais la Fédération, elle est pour l'orthodoxie !

*N.B. L'auteur André Desplas n'a pas mentionné le nom juste de ce joueur, le nom juste doit être Gérard Algudo.


Extrait du livre « Il était une fois Le Mondial La Marseillaise à Pétanque » par Pierre ANDRÉIS et Jean-Paul DELHOUME, paru en 2004 à Marseille, Editions Européenne de Marseille-Provence, ISBN 2-911988-47-7, page 27.

Marceau, l'ange déchu

Il était venu de la capitale en 1969 pour s'imposer au pays de la pétanque. Gouailleur, adroit mais avec la morgue de ses 20 ans, il a brillé un seul été. Après sa finale perdue contre Besse, mais ô combien formidable, Marceau Narcy fut invité partout en Provence. Ils étaient nombreux ceux qui voulaient en faire leur tireur. Les concours à l'enjeu énorme furent pour lui un aimant. Il rêvait. Il voulait être un artiste de la pétanque au pays des cigales, faire son numéro et recevoir l'hommage des spectateurs. Des victoires, des fêtes, lui tournèrent la tête. Il crut qu'il était mûr pour le vedettariat. Il acceptait les défis et eut la malencontreuse idée de s'associer à des gens peu recommandables et d'affronter d'autres joueurs pour qui la partie n'était qu'une énorme mise. Il ne put suivre les petites boules et fut pris dans un monde où l'on ne pardonne pas ceux qui ont des dettes. Fauché, ruiné, blessé, il fut laissé sur le bord du chemin dans l'impossibilité déjouer à nouveau.
Triste conclusion pour le sympathique môme Marceau, doué pour jouer dans la cour des grands. Il n'avait pas l'envergure pour entrer dans un cercle sans pitié. Il n'avait pas appris "La cigale et la fourmi" de ce bon Monsieur de La Fontaine. Terrible carence.


Extrait du livre « La Pétanque » par Marco FOYOT, Alain DUPUY et Louis DALMAS, paru en 1984 et 1991 à Paris, Editions Robert Laffont, pages 92 et 93.

Un autre coup superbe fut réussi par le Petit Marceau. II avait le point, donc le gain de la mène, ses adversaires n'ayant plus de boules. Mais il devait marquer 4 au score pour remporter la partie. Trois boules de son équipe étaient placées devant le but. Cherchant le moyen de les faire compter, il eut une de ces inspirations qui sont la marque des grands joueurs. Il tira une des boules adverses derrière le but, en donnant à sa boule un effet de « rétro ». Sa boule revint sur elle-même, prit le but au passage, et le ramena dans les trois boules devant. Inutile de dire qu'il fut salué par une ovation.

 

LE « RÉTRO » DU PETIT MARCEAU. Les boules 2, 3, 4 de l'équipe du Petit Marceau étaient devant le but A. Il avait le point avec la boule 1. Avec sa boule B, il a tiré la boule adverse derrière le but, avec un fort effet « rétro ». Sa boule est revenue sur elle-même, et a pris au passage le but pour l'emmener en A'.

Voir aussi l'article sur le décès de Marceau et quelques discussions sur le forum (1) et le forum (2).

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Auteur Conversation
Anonyme
Posté le: 13/12/2004 16:31  Mis à jour: 13/12/2004 17:11
 Re: Hommage à MARCEAU
l'extrait du livre « C?est ça la Pétanque » par André DESPLAS me semble conforme à la réalité. Important, pas de légendes colportées, Lucide, il avait vu dés 1971 que Marceau était en grand danger, Humain il avait déjà compris, ce qui est appelé aujourd?hui, le problème médico-social de Marceau.

Juste une petite erreur il faut lire "Gérard Algudo" et non pas Gérald Anjudo un autre phénomène de la pétanque qui tirait en écartant les genoux comme un danseur de Charleston. Un bras extraordinaire qui a marqué les trois jours de ST Pierre à Toulouse et les concours du Val de Marne. Super copain et équipier/tireur de Marceau dans les années 60, il a eu une fin tragique qui a contribué à démolir un peu plus Marceau, qui parlait souvent de "Gérard" et de sa disparition à la fin de sa vie.
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