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Les champions : Dylan, l'année du sacre

Posté par BOULEGAN le 29/3/2020 13:00:00 (16531 lectures) Articles du même auteur

Dans la carrière des plus grands champions, il y a quelques moments vraiment extraordinaires. Dylan Rocher est revenu pour nous sur les championnats du monde 2012.



Dylan, l'année du sacre

 

 

Dans la carrière des plus grands champions, il y a quelques moments vraiment extraordinaires. Dans celle de Dylan Rocher, les championnats du monde 2012 à Marseille sont à marquer d'une pierre blanche. Joint par vidéo chez lui, il a accepté d'évoquer avec nous ce grand souvenir.


En 2012, tu étais le petit nouveau au sein de l'Équipe de France, avec trois monstres sacrés, Bruno Le Boursicaud, Henri Lacroix et Philippe Suchaud. Comment tu te sentais au moment d'aborder cette échéance ?

Bien. Je venais de gagner Nyons avec Henri et Puccinelli, et on sortait d'un stage à Vals-les-Bains où on s'était bien détendus, bien préparés. On sentait que ça arrivait, il y avait pas mal de médiatisation, j'étais monté à Paris faire le Petit Journal de Yann Barthès, mais j'étais assez serein.

C'est vrai que je faisais mon entrée en Équipe de France avec des grands joueurs, mais j'avais l'habitude de jouer régulièrement avec eux dans les nationaux en sélection. Bruno, je jouais avec lui depuis tout petit, je venais de faire les championnats avec Philippe, Millau avec Henri...

Mais bon, c'est vrai que là, c'était le grand bain, et on savait qu'à Marseille avec un gros public, ce serait une compétition haut de gamme, autre chose.

 


D'autant que tu tenais le poste de tireur, sur un terrain qui allait se révéler terrible pour la plupart d'entre eux. Ça amenait de la pression, ce terrain très sélectif, ou pas ?

Je me souviens que lorsqu'ils ont décidé du type de terrain, j'avais été appelé par la fédération, deux trois mois avant, pour aller les tester. Du coup, quand je suis arrivé aux championnats, je les connaissais et même s'ils étaient en effet très durs, je trouvais qu'ils étaient plutôt beaux. Il fallait tirer bien dans la boule, et je trouvais qu'ils nous avantageaient, qu'ils étaient bien pour nous.


Vous avez fait du gros jeu dès le début. A quel moment as-tu eu l'impression que vous pouviez être en danger ?

Dans les groupes, on a fait de très belles parties, on les a toutes gagnées. Après, en huitièmes de finale, c'était complètement différent parce que c'était à élimination directe. On jouait contre l'Estonie, j'ai manqué double à la première mène et ça nous a coûté très cher. On a pris cinq points d'entrée, on a senti qu'on était dans le dur. Mais après, on a bien déroulé, et ça s'est bien passé. Contre le Maroc en quart, on a très bien débuté, et on n'a jamais éprouvé de difficulté.

 


La demi-finale contre la Belgique, c'était un gros morceau, je suppose ?

C'était le premier grand test. On savait que c'était une très belle équipe, qu'ils étaient capables de tout. Ils avaient battu Madagascar un peu plus tôt, et on les sentait en forme. Moi, je l'étais aussi, j'avais de très bonnes sensations à l'entraînement, mais même en commençant très bien, on s'est retrouvé 0-5. Là, on a commencé à se demander si ça allait le faire. Mais on a tenu bon, et on a réussi, en deux trois mènes, à renverser la vapeur, à passer devant.

 


Jusqu'à une dernière mène incroyable...

Oui. Déjà, je n'ai pas trop compris pourquoi ils ont fait rentrer Tichon à ce moment-là de la partie. On était ensemble, on ne menait que 7-5, rien n'était joué. On sait que Claudy peut être décisif à tout moment, il l'avait d'ailleurs été un peu plus tôt dans la partie en sortant un bouchon, c'était curieux de le sortir. Bon, tant mieux pour nous... C'est vrai que ça a donné une dernière mène un peu bizarre (la Belgique a tiré et manqué six fois, sur la première boule de Lacroix puis au bouchon, NDLR), qui nous a fait gagner.

 


Et aujourd'hui, quels sont les premiers souvenirs qui te reviennent de la finale France-Thaïlande ?

Les super-sensations que j'éprouvais avant, à l'entraînement, sur l'espace qu'on nous avait donné pour ça. Et puis le début de partie, où on commence 1-3, la nécessité de tenir bon, là aussi. Les quelques belles mènes qui ont suivi, qui ont fait que les Thaïlandais ont un peu baissé les bras. Et puis la victoire. En tant que pétanqueur, c'est un de mes meilleurs souvenirs.

 


Ce qui frappe sur les vidéos (qu'on trouve facilement sur Internet, NDLR), c'est le jeu que tu fournis, bien sûr, mais aussi le sentiment que tu étais survolté. Je suppose que la formidable ambiance du Palais des Sports de Marseille explique ça ?

Bien sûr. Il y avait déjà beaucoup d'attente, beaucoup de pression avant et pendant. Mais comme j'étais en forme, c'était de la bonne pression, celle qui fait gagner. Et pendant la compétition, avec des milliers de spectateurs autour, c'était énorme. J'ai pris beaucoup de plaisir, j'éprouvais des sensations que je n'avais pas connues auparavant, j'avais envie de gagner, j'avais ma famille, j'avais mes amis tout autour... C'était un grand moment de ma vie.

 

 

 

A ce moment-là, tu avais déjà été champion d'Europe, deux fois champion de France, tu avais gagné deux fois le Mondial la Marseillaise. Est-ce que tu considère que ce titre à changé la suite de ta carrière ?

Non, je ne pense pas. Les étapes les plus importantes, ç'est le championnat de France tête-à-tête en 2006, alors que j'étais dans ma première année junior (Dylan était parvenu en demi-finale, NDLR) et la finale du championnat de France triplettes l'année suivante à Dijon (Dylan jouait avec son père Bruno et Robineau, et avait perdu contre Phalippot, Lagarde et Delforge, NDLR). Ce sont ces deux résultats qui ont commencé à me propulser, et ensuite, le gros boum, c'est la victoire au Mondial la Marseillaise en 2010. Au niveau médiatique, au niveau sportif, ça m'a fait franchir un stade.

Alors, le championnat du monde, ça a été important, c'est certain. J'étais beaucoup attendu, il y avait beaucoup de pression, et gagner de cette façon-là, c'était énorme. Je pense que c'est peut-être le plus beau championnat du monde qu'il y ait eu : j'en ai parlé avec Henri, avec Suchaud, qui avaient connu Grenoble, Genève, et ils pensent aussi que Marseille, c' était le must.

 


Merci, Dylan. Tu veux rajouter quelque chose ?

Oui, je voudrais dire à tout le monde, avec ce qu'on vit en ce moment, qu'il faut rester chez soi, prendre son mal en patience, être sérieux. Il n'y a que comme ça qu'on pourra ressortir bientôt, revoir la famille, les amis, et se retrouver tous bientôt sur les compétitions.

 

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