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Les champions : Le Boursicaud, la rage de vaincre

Posté par BOULEGAN le 17/4/2020 12:10:00 (18882 lectures) Articles du même auteur

Dans la carrière des plus grands champions, il y a quelques moments vraiment extraordinaires. Bruno Le Boursicaud en a évoqué quelques-uns avec nous.



Le Boursicaud, la rage de vaincre

 

 

Dans la carrière des plus grands champions, il y a quelques moments vraiment extraordinaires. Bruno Le Boursicaud, qui en a connu beaucoup tout au long d'une grande carrière qui lui en réserve certainement encore, en a évoqué quelques-uns avec nous.


Lorsque tu te retournes sur ta carrière, quel est le moment qui te revient en premier ?

Mon premier titre de champion de France, en 2002, avec Bruno Rocher.


Quand tu arrives à Cournon d'Auvergne, pour débuter ce championnat, dans quel état d'esprit es-tu ?

Content d'être là, déjà. Parce que juste avant le début des championnats de la Sarthe, Bruno ne retrouvait plus les licences. A l'époque, on ne pouvait pas payer dix euros et jouer quand même, comme aujourd'hui. On commençait à se dire qu'on n'allait pas pouvoir participer, lorsque qu'on a annoncé au micro que quelqu'un les avait retrouvées. Et on a gagné le championnat.

Et lorsqu'on est parti pour le championnat de France, à Cournon d'Auvergne, on a eu un accident de voiture, heureusement sans gravité. Donc voilà, on était déjà contents de participer.

 

Photo Pétanque Magazine


Et ça se termine par un titre de champion de France, face à Tassin et Gualandris, après une demi-finale contre Choupay et Loy. Comment as-tu vécu ça ?

J'étais heureux, mes parents étaient super-fiers de moi. J'avais attendu ce titre avec impatience, même si on sait qu'on peut être un très bon joueur et ne jamais gagner de titre. Mais quand on commence un sport, les titres ce sont des buts qu'il faut avoir. Quand tu as des convictions, tu veux avoir des titres, et tu veux ensuite les défendre.


Ce titre national, tu avais commencé à y penser quand ?

J'ai commencé à jouer à Saint-Nazaire, et j'avais été vice-champion de France junior en 1994 à Vichy. C'est à ce moment-là, je crois, que j'ai commencé à penser à ce maillot.

 

Photo Pétanque Magazine


Ensuite, les titres vont s'enchaîner. Vous allez disputer deux autres finales ensemble, Rocher et toi. Une, deux ans plus tard, que vous perdrez face à Simon Cortes, et un nouveau titre l'année suivante, conquis aux dépens d'Aleixio et Monnier. Mais déjà, dès 2003, c'est un titre en triplettes qui vous attend. Ca, c'est aussi un grand souvenir, je suppose ?

Oui, bien sûr. On jouait avec Julien Lamour, pour la première année. C'est un beau souvenir en effet.


Du coup, Bruno Rocher, ça a été une rencontre très importante, pour toi ?

Bien sûr. Et pour d'autres aussi, parce que Bruno, c'est un super-tremplin pour quelqu'un qui commence : on se rend compte que tous les jeunes qui sont passés dans le club, il les a fait monter.

On s'est connu à Combrit, en 2001. Je devais jouer avec Gérard Thorel et le pauvre Patrick Hervo, qui vient de nous quitter. Gérard n'a pas pu venir, et nous avons joué avec Sandrine, la femme de Bruno Rocher. Lui, je le connaissais un peu, je l'avais battu à la Ligue quelques mois plus tôt et je lui avais dit que j'aimerais bien jouer avec lui. Après le national de Combrit, où nous avons perdu en quart de finale, Sandrine lui a conseillé de faire équipe avec moi. Ca a commencé là.

C'est aussi grâce à Bruno que je suis rentré aussi vite en Équipe de France. Dès 2003, j'étais avec lui au championnat du monde, et on perd en finale.

 


Le championnat triplettes de cette année-là, à Perpignan, a dû peser lourd dans cette sélection. On y a découvert ta rage de gagner, et je pense notamment aux seizième de finale que vous avez disputé face aux tenants du titre, Fazzino, Voisin et Suchaud, qui reste encore aujourd'hui une partie d'anthologie. Tu t'en rappelles, je suppose ?

Oui, et je m'aperçois que cette partie est restée gravée dans la mémoire de beaucoup de gens. On était champions de France doublettes en titre, on affrontait les tenants en triplette, beaucoup de monde était venu voir ça.

Nous, on était les petits jeunes qui jouaient avec Bruno Rocher, et on tenait tête à Fazzino, notamment à la fin où il m'envoie un peu les pieds et que je réponds, c'était super. Gagner 13-12 contre lui, Daniel Voisin qui était au top et Suchaud qui venait de gagner deux championnats du monde, sur du goudron super-difficile à jouer, avec cinq ou six cents personnes autour, c'était vraiment bien.


Et avec un final extraordinaire, parce qu'après cette mène assez tendue où vous égalisez à 12-12, tu as dû réaliser deux annulations, et Fazzino a dû à son tour frapper un bouchon...

C'est ça, et ça s'est fini en fond de cadre, avec deux boules en main pour Fazzino qui tire à la gagne. Il a manqué la première au fil : quand je l'ai vu sortir, j'ai cru qu'on était morts, et puis il a manqué aussi la deuxième. Il aurait pu pointer aussi, il y avait de la place. Mais je pense qu'au vu de la partie, il a voulu montrer qu'il était le patron, et gagner en tirant.

Du coup,on a gagné, mais je pense que c'était écrit. La pétanque, c'est un livre : tu l'ouvres, et tu sais qui va être au bout.

 


Ce destin, on l'a dit, va te mener très vite en Équipe de France. On a la sensation que c'est là, sous le maillot frappé du coq, que tu vas vivre tes plus grandes émotions. Je me trompe ?

Non, c'est vrai. Moi, je suis très émotif, donc tout le monde a pu le voir. Et chaque titre, je le vis comme si c'était le premier.

Ces deux titres de champion de France, c'était formidable, et le titre de champion du monde qui a suivi en 2004, c'était la cerise sur le gâteau. Quand tu gagnes un titre départemental tu as envie d'être champion de France, quand tu es champion de France, tu as envie d'être champion du monde... C'est ça la compétition.

Moi, je l'ai toujours eu, le goût de ça. En 2001, j'étais dans l'équipe locale pour l'étape des Masters de Pornichet. On avait battu Passo, Foyot et Marigot 13-12, et on avait perdu en demi contre Hureau, Hureau, Lamour 13-12 en manquant plusieurs fois la gagne.

Mais c'est vrai qu'en Équipe de France, tu as encore des sensations différentes, parce que tu joues pour ton pays. Quand tu es dans un sport qui a 300, 400 000 licenciés, ce sont eux tous que tu représentes, et tu veux gagner pour eux. Et quand tu gagnes, tu es content pour toi, mais tu es aussi content pour ton pays.

 


Pour ta première sélection, tu avais de la pression ?

C'était compliqué, parce que j'étais jeune, et il fallait que je prouve que j'avais ma place. Mais en sélection, j'ai toujours joué avec des joueurs que j'appréciais. C'est agréable, parce que là, on ne choisit pas ses partenaires et ça peut ne pas être le cas.

Moi je jouais avec Michel Loy, Bruno Rocher, Damien Hureau, c'était bien. Mais la première année, on avait perdu en finale contre Quintais, Suchaud, Lacroix, Sirot 15-12, et on les reprend l'année suivante en demi-finale. Là, tu te dis : « Si je ne les bats pas, je ne serai peut-être plus sélectionné. » Et on les bat ! Ensuite on joue la gagne contre les Belges qui font une belle partie, mais nous aussi et on est champions du monde.

Mais l'année suivante, on perd, et ils m'ont enlevé de l'Équipe de France. Je ne l'ai retrouvée qu'en 2007.

 

 


Avec Lacroix, Suchaud et Grandet. Une formation qui va être championne du monde en 2007, 2008 et 2010, et championne d'Europe en 2009. En 2010, tu commences également à représenter, après Quintais, Suchaud et Milei, la France au tir de précision : tu vas y remporter deux titres, en 2010 et 2012, et une médaille d'argent en 2016. Ce sont de grands souvenirs, ça aussi ?

Là aussi, c'est un enchaînement. Lorsque tu parviens à être champion du monde et que tu es tireur, tu as forcément envie de faire le championnat du monde de tir, d'avoir aussi ce titre-là. En plus, en 2010, j'avais perdu ma mère, j'ai pensé à elle quand j'ai gagné, forcément.

Et en 2012, malheureusement, lorsque j'ai gagné, je venais de perdre mon père. Ce sont toutes ces émotions qui sont ressorties lorsque je suis monté sur le podium, tu vois.

 


Tu déclares souvent ne pas beaucoup pratiquer le tête-à-tête, et pourtant c'est là qu'on t'a vu briller en 2019. D'abord à l'Odyssée des champions, à Montpellier, où tu as dominé Dylan Rocher en finale, et ensuite au Trophée l'Équipe, avec une superbe victoire en indiduel. On a été encore une fois frappé par la qualité de ton mental, la sensation que tu avais toujours, après toutes ces victoires, quelque chose à prouver. C'est le cas ?

Oui, c'est ça. Chaque fois que je joue, je veux montrer aux gens que je suis toujours là, toujours au haut niveau. Je ne joue pas beaucoup en tête-à-tête, c'est vrai, mais jouer à quatre boules, comme le proposait Marcel Laborde, ça me plaisait beaucoup, et j'avais très envie de faire cette finale. C'est une très belle compétition, et j'avais envie de lui faire honneur.

 

 

Déjà 250 000 vues sur Youtube - PLAY (56 minutes) 

 

Et au Trophée l'Équipe, ça fait quelques années que je suis un peu mis de côté en Équipe de France, et Maryan Barthélémy m'a fait confiance. Là aussi, j'avais envie de prouver aux gens que j'étais là, et de ramener le titre à la France qui ne l'avait jamais eu en tête-à-tête. J'avais très envie de ça, d'être le premier Français à soulever le trophée.

 


Cette envie, cette grinta, c'est ça qui te fait gagner ?

En fait, s'il n'y a que ça, ça ne suffit pas. Il faut avoir un niveau, mais c'est vrai que l'envie, ça représente une grande partie de ce qui amène à la victoire.

Mais aussi, je ne sais pas si tu l'as remarqué, lorsque je joue, j'essaie d'être toujours souriant, décontracté, de prendre du plaisir, de m'amuser avec le public. Ça, c'est une grande force, aussi.

 


On vit tous, en ce moment, une période particulière. Beaucoup d'entre nous sont confinés chez eux, c'est aussi ton cas. Qu'est-ce que tu aurais envie de dire à tous ceux qui vont lire cette interview, à la grande famille de la pétanque ?

C'est un grand malheur qui nous frappe. On n'a pas le choix : pour tous les soignants, les pompiers, tous ceux qui nous protègent, qui nous soignent, qui nous gardent en vie, je pense qu'il faut rester chez nous, mettre un masque, se laver les mains.

Et pour ceux qui ont la chance de pouvoir le faire chez eux, continuer à jeter quelques boules, s'amuser un peu. On fait quelques jeux en vidéos, pour les enfants de Romans-sur-Isère avec Franck Lemaire, Stéphane Garin.

Voilà, je pense que plus on respectera ça, et plus le déconfinement arrivera vite. Restez chez vous.

 

Bruno sur la WebTV Boulistenaute

QUINTAIS vs LE BOURSICAUD Finale du tir de précision 2018 de l'Europétanque - PLAY (19 minutes) 

Tyson MOLINAS vs Bruno LE BOURSICAUD, individuel à Montpellier - Juin 2019 - PLAY (26 minutes) 

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Auteur Conversation
boulovales
Posté le: 17/4/2020 15:46  Mis à jour: 17/4/2020 15:46
CLUB des Supporters Boulistenaute.com
Inscrit le: 17/8/2007
De: Saint-Hilaire de Riez - 85 Vendée - Pays de Loire
Envois: 478
 Re: Le Boursicaud, la rage de vaincre
Un très bon joueur, qui s'est constitué un palmarès à en faire pâlir beaucoup, et qui a su conserver bonhommie et simplicité.
Ne change rien Bruno!
  
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