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L'entretien du mois : Stéphane Le Bourgeois, l'atout carreau de Fazzino

Posté par BOULEGAN le 29/5/2015 5:00:00 (35915 lectures) Articles du même auteur

Intraitable et brillant sur les terrains, le tireur francilien cultive en dehors de ceux-ci gentillesse et distance avec le jeu. Entretien avec un joueur sensible et attachant.


L'entretien du mois

Stéphane Le Bourgeois, gentil homme

 

 

Sociétaire de la Ronde de Metz pendant plusieurs saisons et, le nouveau tireur de Christian Fazzino aux Marais Montluçon se construit patiemment, saison après saison, un palmarès remarquable. Intraitable et brillant sur les terrains, le tireur francilien cultive en dehors de ceux-ci gentillesse et distance avec le jeu. Entretien avec un joueur sensible et attachant.

 

 

Tu viens de signer dans l'Allier, pour jouer avec Christian Fazzino et Denis Olmos, et vous êtes qualifiés pour les prochains championnats de France triplettes. Cette association, elle s'est faite comment ?

On avait fait un ou deux concours comme ça, avec Christian, et ça s’était bien passé. David Le Dantec devait quitter la Moselle pour venir jouer à Paris, je me retrouvais seul et lorsque Christian et Denis m'ont proposé de jouer avec eux, j'ai accepté tout naturellement. Et j'en suis très content, parce que c'est vraiment un régal de jouer à leurs côtés.


On dit parfois qu'il est un petit peu dur à jouer, Fazzino. Ce n'est pas ton impression, apparemment ?

C'est un pur bonheur. Je me régale, aussi bien dans le jeu qu'en dehors. C'est quelqu'un d'exceptionnel.

 


Pour faire une équipe qui fonctionne avec quelqu'un, on sait qu'il faut le considérer comme un joueur, ne pas être bloqué par l'admiration, mais quand même : qu'est-ce qu'on éprouve quand on est associé à quelqu'un qui est une véritable légende vivante ?

De toute façon, je pense qu'il y a trois personnes avec qui on ne peut pas refuser de jouer en France, c'est Philippe Quintais, Dylan Rocher et Christian Fazzino. Alors, ce que j'éprouve, c'est du plaisir avant tout, et la sensation de vivre une très très belle expérience : c'est quelqu'un qui est extrêmement précis, minutieux, toutes ses boules sont pesées...


Ça donne un sentiment de sécurité ?

Exactement. Et puis c'est Fazzino, et même s'il approche la soixantaine, il fait toujours peur à beaucoup d'adversaires.

 


Cette équipe t'a amené à quitter la Ronde de Metz, un club ou tu as passé quelques saisons et connu beaucoup de grands moments. Qu'est-ce que tu retiens de ce passage en Moselle ?

Beaucoup de plaisir, là encore, dans un club où il n'y a aucune animosité, au milieu de joueurs d'exception. Notre association, avec Claudy (Weibel, NDLR) et David (Le Dantec, NDLR), a payé dès la première année : demi-finale du championnat de France triplettes à Soustons et demi-finale du championnat de France doublettes à Rennes avec Claudy. On a fait la finale de la Coupe de France la même année, c'était déjà une grosse satisfaction et le sentiment de bien m'être intégré à ce club-là.

Et puis par la suite, il s'est passé ce qui s'est passé : on a pris les trois plus gros titres, le championnat de France triplettes, la Coupe de France et la Coup d'Europe, et on a été invaincus pendant trois ans en compétition de club.

 


Je viens de revoir la vidéo de ta victoire à Millau l'an dernier en compagnie de Sébastien Da Cunha, et on te voyait très ému après la finale. Mais il y a toujours beaucoup d'émotion lorsque tu gagnes à Millau, puisque tout le monde a encore en mémoire ta victoire de 2008, avec Hector Milesi et Romain Fournié. Parle-moi de ce moment.

C'est un des plus grands moments de ma carrière bouliste. Il y en a eu d'autres très très beaux, mais celui-là était beau sur le plan humain, sur le plan de l'émotion, sur plein de choses. Déjà, gagner Millau en triplettes, c'est énorme, mais là... Au départ, quand on s'est inscrits, on n’imaginait pas qu'on pouvait faire cette chose-là, et on l'a fait. Non, c'était vraiment bien.

 

 

 

Lire la vidéo (1h10 minutes)

 

 

 


L'an dernier avec Sébastien, on avait fait une exhibition ensemble deux trois jours avant, on s'est très bien entendu sur le jeu. Sébastien est un garçon d'une adresse extraordinaire...

 

Et nous, ça nous a passionné de te voir, exceptionnellement, endosser le rôle du pointeur.

C'est vrai, je tire tout le temps, mais j'ai toujours dit qu'un jour, si j'avais quelqu'un qui tapait beaucoup de boules, ça ne me gênerait pas de pointer, parce que c'est quelque chose que j'adore faire. Mais j'étais vraiment épuisé au bout de ces deux jours de concours, et très ému aussi, c'est vrai, parce que Millau, c'est un des plus gros concours qu'il puisse y avoir en France, et y accrocher une deuxième étoile, ça fait quelque chose.

 


Tu es devenu champion de France triplettes en 2012, on le disait tout à l'heure, mais c'était ta deuxième finale. Tu en avais déjà disputé une en 1996 en compagnie de ton jeune frère. Raconte-moi ça.

Je jouais avec Philippe Donikian en doublettes, c'était une équipe qui tenait la route, et il nous manquait un tireur. J'avais mon petit frère, que j'avais materné et couvé quelques années sans le mettre en compétition. Et cette année-là, je l'ai pris pour faire les championnats, et on a fait ce parcours-là. Ça été un championnat de France très beau, dans la mesure où j'y avais mes deux frères, le petit qui jouait avec moi et l’aîné qui nous suivait : partager une finale comme ça en famille, c'est super. Bon, on a perdu, mais on n'y a même pas pensé sur le coup...


D'autant que sans vous faire injure, vous étiez loin de compter parmi les favoris, et que cette performance a été assez énorme...

Bien sûr, d'autant que le parcours du dimanche était assez dur. La première du matin, c'est la partie qui restera gravée à jamais dans ma tête : on joue la partie qui était à l'époque au top, Philippe Quintais, Jean-Luc Robert et Laurent Morillon, et on est menés 3-11, et on réussit à gagner. Pour nous, c'était mission impossible, et on l'a fait.

C'est marrant d'ailleurs, parce qu'on a fait exactement la même chose à Roanne, quand on a été champions de France : on était menés 3-11 contre Dylan, Fred Perrin et Philippe Suchaud. Là aussi, c'était beau, parce que c'est une victoire de l'amitié : on est très gagneurs tous les trois, mais notre force, je pense, c'est le respect qu'on avait les uns pour les autres et l'amitié qui nous liait. C'est ça qui fait faire de grandes choses à la pétanque, qui permet de se surpasser.

 


Tu vas à Narbonne en septembre, disputer un nouveau championnat de France avec Fazzino et Olmos. L'objectif, c'est le titre ?

Non. On va y aller déjà pour sortir des poules, et après, on verra bien ce qui se passera.

Si on est là le dimanche, oui, il faudra peut-être compter sur nous. Mais bon, le samedi, c'est très difficile à passer.


Tu as quarante-deux ans, tu te situes donc entre la génération des Foyot, des Fazzino, des Passo et celle des jeunes. Quel regard portes-tu sur tous ces joueurs et plus généralement, sur l'évolution de la pétanque ?

J'ai depuis toujours un très grand respect pour les joueurs d'avant, parce que je pense que si la pétanque en est arrivée où elle est, c'est en partie grâce à Foyot, à Fazzino, à Choupay et à d'autres, il ne faut pas l'oublier.

La jeune génération, je la trouve talentueuse, même si elle peut être parfois un peu moqueuse. Mais je pense qu'il y a une très très belle relève qui va arriver, avec ces jeunes qui sont vraiment très très adroits. En ce qui me concerne, je m'entends bien avec les uns comme avec les autres.

 


Tu m'as dit t'être beaucoup occupé de ton jeune frère, l’avoir couvé et l'avoir lancé assez tard dans la compétition. Aujourd'hui, si tu vois un jeune talentueux qui débute, quel est le conseil que tu aurais envie de lui donner ?

J'ai déjà pris deux ou trois jeunes sous mon aile, parce qu'on m'avait demandé d'essayer de les faire évoluer. Ça été le cas du petit Rousseau, de Bryan le Marec que je fais un peu sortir de sa Bretagne pour l'aguerrir...


Tu joues avec eux, tu leur mène le jeu, mais qu'est-ce que tu leur dis dans la voiture ?

De prendre du plaisir. Je leur dis aussi que quoi qu'il arrive, ça n'est que de la pétanque. Voilà, il ne faut pas dramatiser si un jour on joue moins bien, c'est un détail. Prendre du plaisir, à chaque fois qu'on joue : c'est le plus important. Quand on y arrive, les résultats suivent.

 


Tu fais partie du Team des Gentlemen, qui participe à pas mal d'actions en direction d'associations d'aide au handicap. Comment ça se passe ?

Très bien. C'est quelque chose qui me tient à cœur depuis longtemps, car j'ai un beau-frère handicapé, et je passe souvent une demi-journée ou une journée entière avec ces gens-là, parce que ce sont des leçons de vie qu'on prend, et ça remet vraiment les idées en place.

Le Team met en place des animations, on joue avec un ou deux handicapés et franchement, ce sont des moments de bonheur extraordinaires. Michel Loy vient, Hector Milesi aussi, Passo à qui je pense en ce moment et à qui je souhaite de remonter très vite la pente, Jean-Pierre Lelons... On leur fait passer de bons moments, je pense, mais ils nous le rendent bien.

 


Tu fais partie d'un autre Team, je crois...

Oui, le Team Ladaille. On fait plein de manifestations, avec Hervé Hernandez, qui œuvre pour la commune du Mesnil Hamelot. Il y a Morgan Bacon, David Batista, le champion de France promotion 2012, ma femme et ma fille, on essaie tous de mettre la pétanque en avant dans ce coin de Seine-et-Marne.

 

Entretien réalisé par Pierre Fieux "BOULEGAN"

 

 

 

AvatarLe portrait de Stéphane LE BOURGEOIS,
notre boulistenaute {djmc}

::PORTRAIT

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Les commentaires appartiennent à leurs auteurs. Nous ne sommes pas responsables de leur contenu.
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Auteur Conversation
laurent06
Posté le: 29/5/2015 10:30  Mis à jour: 29/5/2015 10:30
Boulistenaute en progrès
Inscrit le: 5/11/2005
De: 06 Alpes Maritimes - PACA
Envois: 231
 Re: Stéphane Le Bourgeois, l'atout carreau de Fazzino
bonjour
voici un article qui me fait plaisir a plusieurs titres
tout d'abord c'est qq de tres fort et humble:il n'a pas la grosse tete de certains ni la moquerie de certains jeunes
de plus mon fils avait fait la finale de la coupe de l'avenir contre sa fille en 2009 a nevers
ensuite cela a ete un des rares joueurs de haut niveau a nous feliciter pour notre victoire avec mon fils et son collegue au national de rocheville en 2013
et pour finir il joue maintenant avec mon joueur prefere
bonne chance a toi et a ton equipe pour cette annee,jespere que tu rameneras le maillot tricolore!!!
corto
Posté le: 29/5/2015 10:05  Mis à jour: 29/5/2015 10:05
Boulistenaute en progrès
Inscrit le: 16/12/2002
De: Namur (Belgique)
Envois: 590
 Re: Stéphane Le Bourgeois, l'atout carreau de Fazzino
Superbe article qui décrit parfaitement Stéphane tel qu'il est dans la vie et sur un terrain.

Je garde et garderai que des magnifiques images des 4 années passées ensemble !!!

Son association avec Christian et Denis sera une des attractions du championnat de France à Narbonne...équipe à suivre...avec 3 formidables compétiteurs.

A bientôt

Amitiés
David
schumi94
Posté le: 29/5/2015 9:52  Mis à jour: 29/5/2015 9:52
Boulistenaute accro !
Inscrit le: 19/9/2006
De: 94 Val de Marne - Île de France
Envois: 444
 Re: Stéphane Le Bourgeois, l'atout carreau de Fazzino
Très beau portrait de mon ami et partenaire de temps à autres Stéphane qui reflète bien ce gentil garçon que je connais depuis très longtemps. Avec lui ce n'est que du plaisir et de l'amitiée. Je lui souhaite de tout cœur un nouveau titre de champion de France cette année avec Denis Olmos et "MONSIEUR" Christian Fazzino.

schumi94
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PORTRAIT N° 296 DAVID Christian "schumi94"
http://www.boulistenaute.com/actualite-portrait-296-david-christian-schumi94-7587
Menucourt
Posté le: 29/5/2015 9:51  Mis à jour: 29/5/2015 11:01
Boulistenaute accro !
Inscrit le: 8/11/2002
De: Menucourt Val D'Oise (95) Ile De France
Envois: 6153
 Re: Stéphane Le Bourgeois, l'atout carreau de Fazzino
Bel entretien avec un champion que l'on a plaisir à retrouver (ainsi que Nathalie et Laura) sur les terrains , on lui souhaite la même réussite à Montluçon que celle qu'il a connue à Metz.

Et il fait en effet partie des champions qui donne beaucoup de son temps pour les handicapés , chapeau Stéphane , je te souhaite le meilleur pour toi et ta famille.
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