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L'entretien du mois : Matthieu Gasparini, étoile du Nord

Posté par BOULEGAN le 8/10/2013 5:00:00 (47299 lectures) Articles du même auteur

Discret et talentueux, le jeune ingénieur d'EADS est l'une des figures de proue de la pétanque du Nord de la France.


L'entretien du mois

Matthieu Gasparini, étoile du Nord

 

 

 

Discret et talentueux, le jeune ingénieur d'EADS est l'une des figures de proue de la pétanque du Nord de la France. Alors qu'il se prépare à un prochain transfert dans un grand club du Sud-Ouest, celui qui reste un des pointeurs préférés de la génération montante s'est confié, entre lucidité et modestie, à Boulistenaute.

 

 

 

Tu étais cette année licencié à Sedan, mais on dit que tu t'apprêtes à rejoindre un grand club en 2014. C'est exact ?

Oui, je jouerai à Gourdon l'an prochain. Je ferai le doublette avec Simon Cortès, le doublette mixte avec Nadège Baussian et le triplette avec Simon et Sébastien Da Cunha. J'espère que nous ferons de beaux résultats.


Tu as été numéro un du classement individuel des nationaux en 2008, troisième en 2011, deuxième en 2012 et tu pointes actuellement à la troisième place. Malgré cela, tu n'as que rarement intégré le groupe France. Qu'est-ce qui te manque, à ton avis?

On me l'a proposé trois ou quatre fois, mais je n'ai pu jouer avec le maillot qu'une fois, en 2011. L'élément déclencheur pour rentrer dans le groupe France, à mon avis, c'est un gros résultat dans un championnat de France, et notamment un titre. Je pense que c'est ce qui me manque, même si je marche bien dans les nationaux. Une autre porte d'entrée, je pense, ce sont les stages et les sélections jeunes : j'ai commencé assez tardivement et je n'y ai jamais participé.

 


Tu engranges beaucoup de points, on l'a dit, sur le circuit des nationaux, et surtout tu le fais avec énormément de partenaires différents. C'est dû à quoi, cet éclectisme ? Le goût de changer, le goût de vivre des expériences ?

Oui, c'est tout à fait ça. Il y a un groupe d'une quinzaine de joueurs avec qui je m'entends vraiment bien, et en fonction des endroits où j'ai envie d'aller jouer, des opportunités, je joue avec un ou l'autre. J'aime bien changer, découvrir d'autres personnes : ça permet de passer des week-ends différents, de vivre d'autres formes de jeu, c'est enrichissant, je trouve.


Tu as participé deux fois aux Masters de pétanque, avec Sarrio, Fournié, Robineau en 2011, et avec Sevilla, Cortes et Quintais en 2012, et tu es parvenu deux fois en finale. Quel souvenir en as-tu et quelle expérience en as-tu tiré ?

Là aussi, c'était deux expériences enrichissantes : c'était une chance pour moi de pouvoir y participer. La première fois, c'était par le biais d'un vote, et on était content de faire un résultat, de montrer aux gens qui avaient voté qu'ils ne s'étaient pas trompés. Il y a quand même eu une petite déception à la clé, puisqu'on s'est inclinés en finale en menant assez largement contre l'équipe de France. Il y a donc eu quelques regrets, même si ça reste un bon souvenir dans l'ensemble.

La deuxième fois, c'était encore autre chose : Christophe Sevilla m'a choisi pour faire partie de son équipe, et ça m'a donné la chance de mieux connaître Simon Cortès et Philippe Quintais. J'ai pris beaucoup de plaisir, et on a fait un beau résultat.

 


Et tu as joué avec Quintais. Qu'est-ce qu'on éprouve quand on évolue à côté d'une légende ?

De la fierté. C'est quelqu'un qui représente toutes les valeurs que chacun aimerait incarner. Il a un palmarès énorme, il se comporte vraiment de manière exemplaire sur les jeux, c'est... C'est Philippe Quintais, quoi. C'est le joueur, avec Christian Fazzino et Marco Foyot, qui a marqué l'histoire de la pétanque, c'est un monument, et encore une fois, c'est une grosse fierté d'avoir pu jouer avec lui.


On t'a découvert en 2007, lorsque tu as disputé une demi-finale du championnat de France tête-à-tête face à Christian Fazzino. Ça reste toujours un grand souvenir, cette partie ?

Oui... Avec le recul, je dirais que je ne vois plus la partie de la même manière qu'à l'époque. Quand je l'ai jouée, j'avais beaucoup d'insouciance, je débutais dans la pétanque, et je ne me rendais pas forcément compte de la chance que j'avais de jouer une telle partie : aujourd'hui, je la jouerais peut-être différemment, dans un autre état d'esprit.

Mais bon, oui, ça reste un super-souvenir. C'est peut-être une de mes meilleures parties en tête-à-tête, et j'ai fait cinq ou six points : pas trop de regrets donc, il était vraiment injouable ce jour-là.

 


Tu vis dans le Nord, une région qui voit depuis quelques années pas mal de ses joueurs accéder au haut niveau. Comment pourrait-on qualifier la pétanque de cette région, et les qualités de ses joueurs ?

Dans le Sud, il peut y avoir des gens qui pensent que dans le Nord, on ne sait pas jouer. Et puis, ceux qui viennent chez nous s'aperçoivent que c'est quand même très dur, notamment dans le 59 où on trouve une multitude de bons joueurs.

Il y a pas mal de nationaux dans la région, et beaucoup de joueurs n'ont pas l'opportunité de se déplacer autant que moi. Mais il y en a quand même pas mal qui bougent un peu, et je crois que les joueurs du Nord ont maintenant montré, notamment lors de nombreux championnats de France, qu'ils avaient leur place dans le haut niveau.

 


Tu fais partie, même si tu en es l'un des aînés, de la nouvelle génération, celle des Fournié, des Sarrio, des Savin, des Philipson. Une génération qui est en train de prendre le pouvoir sur le circuit national, mais qui patiente encore, à l'exception de Dylan, à la porte de l'équipe de France. Est-ce que tu penses que vous aurez votre chance ?

Il n'y pas de raison que ça n'arrive pas. Après, ça passe par les résultats, le comportement. Mais le talent est là, et ça arrivera un jour.

Bon, après, pousser vers la sortie des joueurs comme Suchaud, Lacroix ou Le Boursicaud, c'est quand même compliqué. Honnêtement, pour l'instant, ces joueurs-là sont indétrônables : même s'il y a beaucoup de jeunes talentueux, il y en a peu, à part Dylan, qui peuvent rentrer dans ce cercle fermé de très gros joueurs.

Ce qui se passe à mon avis, c'est qu'ils jouent beaucoup moins que les jeunes, et du coup on parle un peu moins d'eux que de ceux qui, comme moi ou d'autres, font beaucoup de nationaux. Maintenant, s'ils venaient à jouer eux aussi tous les week-ends, je pense qu'ils en gagneraient autant voire plus, et la question ne se poserait même pas.

 


Tu as déjà gagné beaucoup de beaux concours. Quel est le résultat dont tu rêves ?

Le même que tout joueur qui ne l'a jamais eu : être champion de France. Gagner des nationaux, ça fait toujours plaisir, mais ça ne change pas notre vie. Un titre, c'est différent : c'est ce qu'il y a de plus beau à gagner, je pense, et ce qu'il y a de plus dur. Il y a tellement de bons joueurs qui ne l'ont jamais eu qu'on se dit que peut-être, on ne l'aura jamais, mais bon, c'est aussi pour ça qu'on joue... Je crois que c'est le titre dont tout joueur rêve.


On ne t'a jamais vu au Mondial la Marseillaise. Comment ça se fait ?

J'ai failli le faire cette année, mais c'est vrai que je ne suis jamais venu. Il y a plusieurs raisons à ça. Même si mon avis change au fur et à mesure en découvrant un peu le Sud, on m'a beaucoup mis en garde sur le fait que ça pouvait être un endroit très compliqué à jouer quand on n'est pas Marseillais : bon, je commence à voir que ce n'est pas forcément vrai, mais il y a surtout le fait qu'avec le boulot, c'est difficile de poser toute une semaine début juillet alors que je prends mes vacances au mois d'août.

Mais bon, oui, j'irai un jour, parce je pense qu'avec Millau, c'est l'un des deux concours les plus prestigieux et que même sans résultat, ça doit toujours être beau à faire et à regarder.

 


Tu regrettes souvent que ton père joue rarement avec toi. Est-ce que ça un rapport avec le fait que tu lui a un jour cassé le doigt en jouant ?

Non (rires). C'est une anecdote que j'ai racontée dans mon portrait, mais tu sais, mon père est un joueur très très occasionnel : ça me ferait plaisir d'en faire un de temps en temps avec lui, mais ce n'est pas un passionné comme je le suis.


Tu as également beaucoup joué au football. Est-ce que c'est un plus, ça, pour un joueur de boules, de pratiquer une autre activité sportive, et plus généralement de s'entretenir physiquement ?

Le vrai exemple qui nous le montre, c'est Christian Fazzino : il fait du vélo, sûrement d'autres sports, et quarante ans après son premier titre, il est à nouveau champion de France.

Oui, c'est important, bien sûr. On s'aperçoit, à la fin d'un concours, quand on est fatigué, que c'est beaucoup plus dur de bien jouer. Avec une bonne forme physique, c'est plus facile.

 


Parallèlement à ta carrière de joueur, tu t'intéresse de très près à la pétanque féminine. C'est une discipline qui connaît depuis quelques années une montée en niveau spectaculaire. Tu es d'accord ?

Oui, bien sûr. J'ai eu la chance d'assister à plusieurs championnats de France féminins ces dernières années, et on s'aperçoit qu'il n'y a plus de parties faciles. Le niveau est effectivement beaucoup monté, notamment au tir. D'ailleurs, il n'y a plus comme avant une ou deux équipes qui dominent, beaucoup d'équipes différentes peuvent prétendre au titre.

 


Tu es encore très jeune, mais tu as en même temps pas mal de vécu dans le milieu de la pétanque. A l'heure où elle vit une mutation parfois difficile vers un statut de sport de haut niveau, comment vois-tu son avenir ?

Je pense qu'il y a des actions à mener pour éviter qu'elle ne dérive et perde encore des licenciés dans le futur. Si on ne fait pas quelque chose rapidement vis-à-vis de l'alcool, on aura du mal à progresser, et à donner une image différente de celle qu'on a à l'heure actuelle. Beaucoup de joueurs ne viennent plus sur les concours à cause des bagarres, à cause de l'alcool : il faut le supprimer des terrains, peut-être mettre des contrôles, peut-être mettre des sanctions un peu plus lourdes. Ce n'est pas simple, mais je pense que si on ne progresse pas sur ce point-là, ça peut être compliqué dans le futur.

 

 

Entretien réalisé par Pierre Fieux "BOULEGAN"

 

Lire: PORTRAIT N°409 GASPARINI Matthieu "matalbert"

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Les commentaires appartiennent à leurs auteurs. Nous ne sommes pas responsables de leur contenu.
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Auteur Conversation
Matteo2b
Posté le: 1/12/2013 13:08  Mis à jour: 1/12/2013 13:08
Bébé boulistenaute
Inscrit le: 18/3/2012
De:
Envois: 21
 Re: Matthieu Gasparini, étoile du Nord
Salut Matthieu,
Pour t'avoir vu jouer sur plusieurs nationaux j'ai pu constater que t'es un mec qui se prend pas la tête comme certains, et toutes tes boules sont jouées, de plus tu as le respect des adversaires bons ou moins bons, cela ne m'étonne pas que tu sois parmi les meilleurs du moment, bonne continuation avec ta nouvelle équipe !!! À l'occasion de se tomber dessus dans un national !!!
matalbert
Posté le: 15/10/2013 9:06  Mis à jour: 15/10/2013 9:06
Boulistenaute en progrès
Inscrit le: 18/10/2004
De: 80 Somme - Picardie
Envois: 274
 Re: Matthieu Gasparini, étoile du Nord
Bonjour à tous,

Je tenais tout d'abord à remercier Pierre pour cet article.
J'étais sceptique il y a quelques mois lorsqu'il me l'a proposé mais finalement je ne regrette pas du tout d'avoir répondu à ses questions.

Merci également à tous pour ces commentaires qui me touchent sincèrement.

A bientôt sur les terrains ou ailleurs

Matthieu
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Mon portrait
Anonyme
Posté le: 13/10/2013 9:24  Mis à jour: 13/10/2013 9:24
 Re: Matthieu Gasparini, étoile du Nord
Bravo Mat !
Très bel article.
Je suis vraiment content pour toi.
C'est une vraie performance cette année de finir dans les 3 premiers des nationaux après avoir été arrêté 2 mois pour ton coude cassé...Sans compter la rééducation.

Ta force.
C'est la persévérance, tu ne lâches rien. Tu es un gagneur. Et les parties, tu les gagnes car tu en as plus envie que chacun de tes adversaires.
C'est également ton mental et ta capacité à gérer très bien la pression surtout devant un beau public.

Reste plus que quelques marches à franchir pour être dans l'élite : Un championnat de France voir plus. Et je pense vraiment que dans les 3 ans qui viennent, ça se concrétisera.

En plus tu as les éloges des monstres de la pétanque. Ca c'est la consécration.

Tu passes également un message fort concernant la gangrène de ce sport, l'alcool et ceux qui ne respectent pas la pétanque. Il faut en effet une mobilisation de tous, et surtout des hautes instances de la pétanque. Car même des dans nationaux, on constate et accepte ces écarts...

A bientôt Mat.
Tof
bombardier84
Posté le: 10/10/2013 21:11  Mis à jour: 10/10/2013 21:11
Boulistenaute régulier !
Inscrit le: 30/3/2004
De: 84 Vaucluse PACA, Piolenc
Envois: 1713
 Re: Matthieu Gasparini, étoile du Nord
Un bon gars ce mathieu, pas la grosse tete et qui plus est un excellent joueur. Tjrs un plaisir de le croiser et d'echanger quelques mots...

Bonne continuation a toi
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Le plus important c'est pas de gagner c'est d'avoir 13 avant son adversaire

Je n'ai confiance en personne... sauf en Phillipe Quintais à 12 à 12
regis84
Posté le: 10/10/2013 20:40  Mis à jour: 10/10/2013 20:42
Co-Webmaster
Inscrit le: 12/2/2003
De: Avignon - 84 Vaucluse - PACA
Envois: 4573
 Re: Matthieu Gasparini, étoile du Nord
Il a quand même un gros défaut, il ne fait pas l'apéro!!!!! dixit mamasse !!!
Pour moi c'est une grosse qualité, j'aurai au moins un point commun avec Matthieu, non deux il est aussi fan de la pétanque féminine
Plein de bonnes choses pour toi Matthieu
Régis
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