Publicité

L'entretien du mois : Maryan Barthélémy, itinéraire d'un enfant gâté

Posté par BOULEGAN le 2/5/2011 6:30:00 (35153 lectures) Articles du même auteur

L'entretien du mois

Maryan Barthélémy, itinéraire d'un enfant gâté

 

 

 

A moins de quarante ans, le chef de projet de Quarterback a déjà vécu plusieurs vies. Champion du monde junior de pétanque, vainqueur du mythique Provençal, commentateur pour la télévision, maître d'oeuvre des Masters et du Trophée des Villes, il travaille à présent sur la production des prochains championnats du Monde qui se tiendront l'an prochain chez lui, à Marseille. Peut-être la plus belle façon, pour cet infatigable collectionneur de challenges, de rendre à la pétanque tout ce qu'elle lui a donné...

 

 

L'édition 2011 des Masters débute le 17 juin. Du nouveau cette année ?

De nouvelles villes, déjà. Aux côtés de La Baule, Beaucaire et Agen, qui ont déjà été ville-étape par le passé, Port Leucate et Wissembourg...



... accueilleront cette année les Masters. Cette dernière est la première ville alsacienne à le faire et je m'en réjouis : ce sera l'occasion d'organiser une démonstration en Allemagne, à quelques kilomètres de là, avec la participation de deux des champions présents, et de promouvoir la pétanque outre-Rhin.

 

Ces Masters auront une forte tonalité internationale, avec la présence de l'équipe de France choisie pour disputer en août le championnat d'Europe, ainsi que les équipes malgaches et thaïlandaises. Un mot sur cette internationalisation des Masters ?

J'ai entendu quelques critiques sur le fait que ces équipes étrangères prendraient la place de joueurs français. Mais ils sont à leur place : ils sont compétitifs, et les Thaïlandais l'ont prouvé en 2009 en parvenant en finale. Quarterback est là pour promouvoir la pétanque, montrer qu'elle ne se limite pas qu'à la France. C'est grâce à ces joueurs d'autres pays qu'on pourra vraiment se mondialiser : il faut profiter de leur niveau. Le monde de la pétanque française doit arrêter de se regarder le nombril, il faut aller de l'avant.

 

 

Quarterback organise également le Trophée des Villes. Des changements sont prévus pour la prochaine édition ?

La formule actuelle est plutôt satisfaisante : nous allons la reconduire pour le Trophée 2011. Il aura lieu les 25, 26 et 27 novembre à Nevers.

 

La pétanque est à présent fréquemment retransmise à la télévision. Qu'est-ce que çà a changé ?

Il faut savoir que nous le faisons avec des contraintes importantes. Nous devons caler des dates dans des délais très courts, entre les dates des événements traditionnels et en respectant le calendrier des joueurs. C'est la raison pour laquelle l'édition des Masters ne comporte cette année que cinq étapes. Plusieurs autres villes étaient candidates mais ne pouvaient nous accueillir qu'à des dates qui coïncidaient avec d'autres grandes compétitions. Nous avons dû refuser.

La télévision a permis aux joueurs de se faire connaître du grand public. Lorsque Damien Hureau a remporté les Masters, on ne me parlait que de lui dans toute la France, alors qu'il n'était pas très connu jusque là. Au delà de Fazzino, Foyot ou Quintais, beaucoup de joueurs ont été mis en lumière par la télévision, et peuvent vivre un peu mieux de leur sport, car même si la pétanque n'est pas professionnelle, elle génère quand même un peu d'argent.

 

Même si tu ne joues quasiment plus, tu as été toi-même un grand joueur : à dix-sept ans, tu étais déjà champion du monde junior, finaliste de la Marseillaise et vainqueur de Millau. La Marseillaise, c'est là que tout a commencé ?

Oui, bien sûr. Avec Franck Ferrazola et Pierre Santiago, notre ambition était de gagner quatre ou cinq parties, et d'être l’équipe de jeunes qui irait le plus loin. Et puis nous avons battu Passo, Capeau, Salvador en huitièmes, et Foyot, Luchesi, Kokoyan en quart, avant de perdre en finale. Le lendemain, grâce à un billet d'avion déniché par les gens de la Marseillaise, j'étais à Ajaccio avec Gaspard Gasparian et Richard Trani, qui avaient mon âge, pour le Grand prix des commerçants, le concours le mieux doté de l'époque, et nous avons gagné. Le mois suivant, je gagnais Millau avec Gaspard et je devenais champion de France avec Franck et Pierre. Cet été 1988 était complètement fou.

 

 

Je me souviens de cette finale de la Marseillaise. Ce qui m'avait frappé, c'était le fait que malgré ton jeune âge, tu intervenais énormément, tu parlais beaucoup à tes partenaires, pour mener le jeu ou les encourager. Cà venait d'où, çà ?

Mener le jeu m'a toujours plu. Je suis de la même année que Franck, et nous nous nous sommes tout de suite bien entendus : quand nous avons fait équipe avec Pierre, il fallait que l'un de nous se sacrifie et fasse le pointeur. Ça m'a intéressé : c'était l'époque des grands pointeurs marseillais, Pisapia, Kokoyan. Dans les parties, c'était les patrons, c'était eux qui menaient le jeu : j'essayais de m'inspirer d'eux. En triplette, le pointeur joue ses boules en premier, il a un peu de recul, voit mieux le jeu et peut conseiller ses partenaires. C'est ce que j'essayais de faire.

Six mois avant, j'avais fait fanny au national de Martigues contre Foyot en vingt minutes. Mais ces vingt minutes m'avaient beaucoup appris. J'en avais tiré des leçons sur la manière de gérer les compétitions, le stress, la façon d'avoir un impact sur les adversaires.

A l'époque, c'était moins chloroformé que maintenant, on pouvait parler, la verve était même nécessaire : il fallait pouvoir répondre, avec les boules bien sûr, mais aussi avec des mots. Aujourd'hui, plus personne n'ose le faire, çà devient tout de suite agressif. C'était différent alors, on pouvait parler, il le fallait parfois : ce n'était pas facile d'affronter des gens comme Luchesi, ou Foyot qui était le seul joueur vraiment connu, la confrontation était dure, mais quand la partie se terminait c'était fini. Il y avait un respect total.

Aujourd'hui, les joueurs ont été mis dans un moule : c'est dommage, ils faudrait qu'ils soient plus eux-mêmes. La pétanque a besoin de grosses personnalités : je regrette par exemple que Radnic ne participe pas aux Masters cette année. Il va beaucoup nous manquer.

 

Et puis sept ans plus tard, plus de Barthélémy. Qu'est-ce qui t'a fait arrêter ?

J'en avais marre. J'ai pris ma première licence à 5-6 ans, j'ai eu la chance de gagner le premier championnat auquel j'ai participé. C'était mon sport, je me préparais, je me couchais tôt. Arrivé à vingt-cinq ans, je me posais pas mal de questions, j'avais l'impression d'être passé à côté de ma jeunesse. En 1995, je me suis dit : si je gagne Martigues, j'arrête. On a gagné, j'ai arrêté.

 

 

Tu avais auparavant accumulé également un très beau palmarès au jeu provençal, aux côtés de Philippe Roux...

Philippe est très bon à la pétanque : j'ai fait trois quarts de finale de la Marseillaise avec lui et trois partenaires différents (Alain Caciagli, Thierry Lesage et Fernand Moraldo avec qui nous avons aussi gagné le Méridional de Cassis). Mais au jeu provençal, c’était le meilleur, avec Lovino et Massoni. Et quand on joue avec le meilleur, on gagne, forcément. J'avais commencé la longue avec mes copains Thierry Erisson et Yuthi Soeng, fait quelques concours aussi avec Christian Vaast « ecureuil », et puis j'ai eu la chance de jouer avec Philippe, et Claude Carbo qui nous a beaucoup apporté. Voilà, on a gagné le Provençal en 1994, ainsi que beaucoup de grands prix, jusqu'à celui de Martigues...

 

Tu t'intéresses toujours à ce jeu ? Qu'est ce que tu penses de son évolution ?

Oui, je suis notamment la carrière de Philippe Roux, qui joue maintenant avec Alain Valdès et Hervé Fontani, deux mecs remarquables. Son titre de champion de France avec Hervé l'an dernier m'a fait très plaisir.

Pour moi, le jeu provençal est le sport boules le plus difficile : il faut avoir une grande concentration, une forme physique parfaite pour arriver à bien jouer pendant plusieurs jours. Mais il n'est pas pratiqué dans toute la France, et c'est rédhibitoire .

Je souhaiterais pour ma part qu'on réunisse un tour de table avec tous les acteurs de ce sport : il y a des gens intelligents parmi eux et çà donnerait des résultats. Sinon, il risque de s'éteindre à petit feu.

Il faut l'exporter. Une solution serait qu'on oblige tous les comités à organiser des compétitions de jeu provençal. On pourrait par exemple le faire en parallèle avec les nationaux de pétanque.

 

 

Tu as connu la vieille garde marseillaise, les Brocca, Kokoyan, Pisapia. Est-ce qu'ils étaient différents des joueurs d'aujourd'hui ?

Surtout, nous les regardions, nous, d'un œil différent . Nous avions énormément de respect pour eux et il ne nous serait pas venu à l'esprit de leur dire « Allez, vieux ! », comme j'ai entendu certains jeunes d'aujourd'hui le dire à Fazzino.

Tu sais, j'ai eu la chance de jouer avec Pierre Brocca. S'il nous donnait rendez-vous pour déjeuner à huit heures et qu'on arrivait à huit heures dix, il nous mettait minables. C'étaient des gens exigeants et intelligents : sur dix conseils qu'ils nous donnaient, il fallait en garder huit ou neuf.

Pierre m'en donnait beaucoup, sur la manière de se préparer, la façon d'aborder les concours. Il me disait : « Si tu as un championnat le samedi, ne joue pas la semaine. Garde l'envie. » Et il avait raison. A Marseille, on peut faire un concours chaque jour, du premier janvier au trente-et-un décembre. Si on les fait tous, à la fin, on ne fait plus la différence entre un concours de quartier et un national.

Il insistait aussi sur l'importance de se fixer des objectifs, sur l'entraînement.

Aujourd'hui, quel est le joueur qui fait du vélo, qui va courir ? Je n'en connais qu'un, c'est Christian (Fazzino). Les autres disent : « Je n'en ai pas besoin ». Dans dix ans, quand les Asiatiques vont débarquer, ça va leur faire drôle.

 

Les championnats du monde 2012 auront lieu à Marseille, et tu piloteras la retransmission télévisée pour Quarterback, qui a été nommé producteur délégué par la fédération. Je suppose que cela va être un grand moment pour toi et, peut-être, une façon de boucler la boucle ?

En effet, c'est un gros projet puisqu'il ne s'agit pas simplement de retransmettre, mais aussi d'en réunir les moyens. J'ai déjà des rendez-vous toutes les semaines avec des chefs d'entreprise qui vont s'associer à cet événement que je souhaite grandiose. Le programme que nous avons soumis a été validé, le plan média est en train d'être mis sur pied et on verra apparaître à la fin de l'été les contours de la manifestation.

Nous nous attachons surtout à professionnaliser l'organisation. Après plusieurs championnats organisés à l'étranger, ça va se passer chez nous et je pense qu'en France, il faut que ça soit pro. Et qui dit pro dit moyens, et qui dit moyens dit coûts. Il faut donc réunir le budget pour en faire un événement de référence, comme Millau ou la Marseillaise. Ça va se faire avec la fédération bien sûr, et ça va consister à donner à ce championnat un habillage professionnel, à montrer que la pétanque est un véritable sport.

 

Des plus par rapport à Grenoble, qui est la dernière référence en la matière ?

J'étais à Grenoble en spectateur. Il y avait des choses bonnes et moins bonnes. A Marseille, nous allons surtout tenter de nous ouvrir au monde extérieur.

Il y aura un défilé de toutes les délégations dans le centre-ville, et un certain nombre d'actions dans Marseille qui correspondront à notre mission, qui est d'attirer de nouveaux licenciés. Dans le même but, nous offrirons les images de ce championnat du monde à tous les pays qui en ont organisé un ces dix dernières années.

Sur le plan personnel, ce sera l'aboutissement de douze ans de boulot. J'aimerais que nous parvenions à offrir à la pétanque un événement exceptionnel. C'est top de pouvoir être le coordinateur d'un tel projet, c'est un rêve. Si nous le menons à bien, la boucle sera bouclée, j'aurai rendu à la pétanque ce qu'elle m'a donné. De plus, ce peut être un tremplin, ça peut nous ouvrir des horizons.

Mais il faut réussir. Je sais que nous sommes attendus, exposés. On verra. On saura après si on a été bons, moyens ou nuls. Une seule chose est sûre : si on est nuls, ce sera le dernier événement qu'on produira.

 

 

Qu'est-ce qui va changer dans la pétanque à la télé, durant les prochaines années ?

Pas mal de choses,certainement. L'arrivée des WebTV peut être une bonne ou une mauvaise chose, l'avenir le dira.

Les émissions professionnelles reposent sur un trépied : partenaires, infrastructure, diffuseur. Si l'un des trois acteurs faillit, ce n'est plus jouable.

Pour l'instant, entre les chaînes, le câble et le satellite, il y a vingt-cinq émissions dans l'année. Le coût de captation d'image est le poste le plus élevé. Pour faire évoluer les choses, nous sommes à la recherche de ressources supplémentaires : elles permettront un plus grand confort des joueurs, et des moyens de tournage plus élevés.

Nous avons actuellement cinq caméras : c'est suffisant, même si on pourrait peut-être en rajouter une. Mais un pas important consisterait à remplacer la bras articulé actuel par une caméra sur câbles, plus discrète et permettant une vue plus exacte des perspectives. Pour l'instant, c'est beaucoup trop cher.

On pourra aussi un jour avoir des mesures de distances exactes : la technologie existe, mais coûte elle aussi trop cher.

Grâce à Jean-Yves Peronnet, qui fait un gros travail là-dessus, on commence à disposer de statistiques.

Enfin, les commentaires des émissions se faisant dans les conditions du direct, on pourra peut-être bientôt mettre des flèches pour indiquer les boules dont on veut parler à l'écran. Toutes ces choses se font déjà au football et apportent un vrai plus aux retransmissions.

 

 

Entretien réalisé par Pierre Fieux "BOULEGAN"

Note: 0.00 (0 votes) - Noter cet article -



Les commentaires appartiennent à leurs auteurs. Nous ne sommes pas responsables de leur contenu.
(1) 2 3 4 5 »
Auteur Conversation
Anonyme
Posté le: 4/5/2011 14:22  Mis à jour: 4/5/2011 14:22
 Re: Maryan Barthélémy, itinéraire d'un enfant gâté
Maryan, je fais parti du grand nombre de jeunes que tu a vu ...... tes paroles ont changé ma vie, tu es un homme extraordinaire et je suis fier de dire que je te "connais" .... Continues, la France a besoin de toi à travers la pétanque
jacpetanque
Posté le: 4/5/2011 10:04  Mis à jour: 4/5/2011 10:05
Co-Webmaster
Inscrit le: 15/10/2002
De: Pays-Bas - Hilversum
Envois: 18910
En ligne !
 Re: Maryan Barthélémy, itinéraire d'un enfant gâté
Vu ses bras étendus, une lèque (ou lècque, je ne sais pas très bien, mais c'est une expression marseillaise) sera au moins une distance d'un mètre. Et louper sa donnée à environ un mètre, aie...!
------------

Sans les mots, les boules ne seraient qu'un jeu.
Avec eux, elles deviennent un humanisme.
(Yvan Audouard - Le noble jeu provençal, 1997)
nono87
Posté le: 4/5/2011 9:34  Mis à jour: 4/5/2011 9:35
Boulistenaute accro !
Inscrit le: 4/5/2006
De: 87 Haute Vienne - Limousin
Envois: 3248
 Re: Maryan Barthélémy, itinéraire d'un enfant gâté
Merci Maryan pour tout ce que tu apportes à notre discipline,tu es un grand professionnel.
Menucourt
Posté le: 4/5/2011 7:14  Mis à jour: 4/5/2011 7:33
Boulistenaute accro !
Inscrit le: 8/11/2002
De: Menucourt Val D'Oise (95) Ile De France
Envois: 6151
 Re: Maryan Barthélémy, itinéraire d'un enfant gâté
Né au dessus d'Avignon (bien au -dessus ), je ne sais pas ce que c'est qu'un "lèque" .
Je viens de voir que c'était un terme employé en art martial brésilien, décidemment ces marseillais ils ont le sens de l'image
Je m'associe à tous ces commentaires sur Maryan pour le remercier à mon tour de ce qu'il appporte à notre sport favori.
Merci Maryan
jacpetanque
Posté le: 3/5/2011 23:43  Mis à jour: 4/5/2011 10:01
Co-Webmaster
Inscrit le: 15/10/2002
De: Pays-Bas - Hilversum
Envois: 18910
En ligne !
 Re: Maryan Barthélémy, itinéraire d'un enfant gâté
Je me souviens bien cette finale de la Marseillaise, j'étais dans les gradins. Après un bon départ, Pierre Santiago a commencé à craquer, et avec lui aussi Franck Ferrazola et Maryan. J'ai vu Maryan gesticuler et parler et parler, mais depuis les gradins, impossible d'entendre quelque chose de qu'il a dit.

Quelques mois après j'ai reçu, des amis belges, la vidéo de cette finale et j'ai pu entendre les discussions entre les trois jeunes en difficultés. A un moment donnée, j'ai entendu Maryan, les bras étendus, s'exclamer : 'J'ai loupé ma donnée d'une lèque !'

Plus de 15 ans après, en 2005, j'ai assisté avec quelques amis hollandais à la finale des Masters à Nogent-sur-Marne (voir plusieurs photos dans notre galerie). Là, j'ai fait connaissance de Maryan avec les mots : 'Est-ce que tu souviens encore les mots en finale de la Marseillaise "'J'ai loupé ma donnée d'un lèque !"'. 'Oui, bien-sûr', répondait-il, 'c'était moi !' Et nous avons confirmé notre connaissance avec un 'high-five' !

Après Nogent on s'est croisé plusieurs fois, n'est-ce pas, Maryan? Pas toujours facile, mais toujours pour la promotion de notre sport favori.

Allez Maryan, ne change rien et à très bientôt, les caméras de la télé et l'appareil photo pointés sur la pétanque !!!
------------

Sans les mots, les boules ne seraient qu'un jeu.
Avec eux, elles deviennent un humanisme.
(Yvan Audouard - Le noble jeu provençal, 1997)
(1) 2 3 4 5 »
  
          286 utilisateur(s) en ligne plus...

DANS LA BOUTIQUE

SUIVEZ-NOUS
Pétanque mobile Facebook pétanque Dailymotion Vidéo pétanque Google+ pétanque Twitter pétanque YouTube Vidéo Pétanque Instagram pétanque Pinterest Pétanque Flux rss pétanque

Créer votre site Internet petanque
FORUM BLOGPETANQUE.COM
Entraide, trucs et astuces !