Publicité

L'entretien du mois : Jean-Pierre Le Lons, sans commentaire

Posté par BOULEGAN le 6/4/2015 6:00:00 (47445 lectures) Articles du même auteur

Sans nouvelles de Sport+, le champion de France 1996 ne sera vraisemblablement pas au micro de la prochaine édition des Masters de pétanque. Interview sans détour et récit d'une déception.


L'entretien du mois

Jean-Pierre Le Lons, sans commentaire

 

 

 

Après avoir longtemps été le partenaire de Philippe Quintais, puis de Didier Choupay, le sociétaire du Star's Master a poursuivi une double carrière d'animateur de nationaux et de commentateur sur Sport+. Un rôle à la télévision qui semble s'être interrompu brutalement en fin de saison dernière, avant que l'ancien gardien de but de Melun ne trouve peut-être... la parade.

 

La dernière fois que nous nous sommes vus, c'était à l'International de Bourg Saint Andéol, et dans tes mains, il n'y avait pas de boules mais un micro. Ce rôle d'animateur de nationaux, tu le tiens depuis combien de temps ?

Depuis 2010, je crois. J'ai commencé lors du championnat de France féminin à Cahors : Laurent Causse était malade, et Mamasse a fait l'intermédiaire avec Laurent Rougié, qui m'a aiguillé là-dessus ainsi que sur le championnat d'Europe Espoirs qui se tenait à Montauban.

 

Tu as arpenté les carrés d'honneur des plus grands concours pendant un grand nombre d'années comme joueur. Qu'est-ce que tu ressens lorsque tu présentes une de ces finales que tu as souvent disputées ?

J’éprouve deux sentiments totalement différents. C'est vrai que j'envie parfois les joueurs, parce que ça me rappelle de belles émotions : quand tu les vois, tu aimerais bien jouer. Mais en même temps, je trouve que c'est tellement important, le rôle d'animateur, mettre en valeur les parties, faire réagir le public au bon moment, que je prends énormément de plaisir à le faire.

Le dimanche, on se régale. Bon, le samedi, c'est pratiquement impossible pour l'animateur de pouvoir suivre le carré d'honneur correctement : le dimanche, c'est plus carré, mieux orchestré, c'est là que tu peux donner le meilleur de toi-même. On peut essayer de faire ressortir les joueurs, de faire jouer le public. Mais bon, il y a toujours ce petit pincement au cœur, de temps en temps, où on se dit : « J'aimerais bien être à leur place... »

 


Tu as aussi, à de nombreuses reprises, joué le rôle de consultant sur les Masters de pétanque et le Trophée des Villes. Je crois que c'est fini, là...

Oui, enfin je pense. A vrai dire, aujourd'hui, je n'ai plus aucune nouvelle de Sport+. J'ai fait mes dernières émissions pour les Masters 2014, et je savais que Laurent (Vernay, NDLR) ne serait pas reconduit, à ma grande déception parce que je trouvais qu'on faisait un très bon trio avec Jean-Michel (Izoird, NDLR), on avait de très très bons retours sur les étapes et pour moi, Laurent était le journaliste idéal pour ces émissions.

Thierry David, qui faisait les Masters il y a quelques années, a repris les rênes, et certains bruits de couloir m'ont appris qu'il n'avait pas l'intention de travailler avec moi. J'en conclus que je ne travaillerai plus pour la chaîne, ce n'est pas grave, mais je t'avoue qu'un coup de fil, de lui ou de la chaîne, pour me le dire aurait été la moindre des choses. Là, comme ça, plus de son, plus d'image au bout de sept ans, c'est assez décevant.

 


On sent effectivement beaucoup de déception lorsque tu en parles. Ces années au commentaire, qu'est-ce qu'elles t'ont apporté, qu'est-ce que tu as ressenti derrière ton micro?

Beaucoup de plaisir, parce que même lorsqu'on voyait les images plusieurs jours après, on commentait vraiment dans les conditions du direct. Le fait d'avoir été joueur permet d'avoir beaucoup d'informations, à partir de l'expression des joueurs, de certains gestes : j'essayais d'apporter un petit plus grâce à ca. C'est vraiment un rôle que j'adorais, d'autant que j'avais conscience de m'adresser à un public large : on avait de bons audimats, et cela représentait bien plus de monde que le simple effectif des licenciés. C'était sympa de pouvoir leur apporter cette petite connaissance du terrain que j'avais acquise lorsque je disputais moi-même les Masters.

Du coup, je suis assez frustré. Me passer de l'animation des nationaux, je crois que je pourrais le faire sans problème, mais la télé, ça va être un vrai manque. Bon... Il y aura peut-être d'autres opportunités, sur d'autres chaînes... J'espère rebondir.

 


Même si tu as eu d'autres partenaires, on se rappelle surtout de toi comme le tireur, dans les années 90, de Philippe Quintais. Il était alors au sommet de son talent : quels sont les souvenirs que tu gardes de cette association ?

Que des grands. Mais tu n'as parlé que de Philippe, moi j'y associe Jean-Luc Robert. A l'époque, Philippe sans Jean-Luc ou Jean-Luc sans Philippe, ça n'existait pas.

Alors, Philippe... Je me rappelle être sur le podium d'un national (mais c’était le cas dans plein plein plein d'autres), regarder Philippe et me dire : « Depuis hier, depuis le début du concours, quand est-ce qu'il a perdu une boule ? » Et je ne trouvais pas. Il gagnait tous les points, il ne manquait jamais une boule, quand on était mal, il tirait au bouchon : c'était le monstre, c'était...

Moi, ça été un rêve de jouer avec lui bien sûr, mais aussi de vivre ces moments-là, de voir un mec comme ça. Je pense que les gars qui ont joué au foot avec Zidane ont éprouvé la même chose. C'était magique.

Bon, en même temps, il fallait faire gaffe, ne pas s'endormir à le regarder jouer, parce qu'on avait aussi des choses à faire. Mais je veux dire, j'aurais eu une chaise, j'aurais pu m’asseoir et me régaler tout autant. Mais bon, j'avais la chance de jouer dans son équipe, il fallait profiter de ces moments. Non, ça été des années de paradis sur les jeux. Et puis la gagne amène l'ambiance, on partait ensemble, avec nos femmes, on vivait aussi plein de beaux moments en dehors. C'était une époque superbe.

 


Tu as également joué avec une autre légende de la pétanque, Didier Choupay. Parle-moi de lui.

Notre association s'est terminée l'an dernier, puisque Didier a quitté le Star's Master pour créer son club dans le 91. Ca a été aussi cinq belles années : avec Didier, c'est une amitié de longue date, puisqu'on s'est longtemps rencontrés en Seine-et-Marne. Mais jouer ensemble nous a permis de tisser d'autres liens, qu'on n'avait pas avant lorsqu'on jouait l'un contre l'autre et qu'il y avait entre nous, même s'il avait un niveau qui n'est pas comparable avec le mien, une certaine rivalité et un peu de tension.Bon, après on a joué ensemble, j'ai découvert une personne droite, entière, et je me suis fait un superbe ami.

Alors boulistiquement, Didier comme moi, on n'était plus au niveau où on avait pu être, mais on s'est fait quand même de beaux souvenirs : le quart de finale à Dijon, avec Michel Van Campenhout contre la famille Rocher et Robineau a été, je crois, une des plus belles parties qu'on ait vu lors d'un championnat de France, avec un niveau de jeu extraordinaire de part et d'autre.

 


Beaucoup de gens t'ont découvert en 1995, dans le dernier carré du Mondial de Millau tête-à-tête. C'est un grand souvenir, je suppose ?

Oui, d'autant que j'avais fait le tête-à-tête de Millau malgré moi. Jean-Claude Rasle, qui est mon pote, venait d'être champion de France avec Sirot et Pouzier et était invité à Millau. Il m'appelle, me propose de l'emmener, de faire la doublette avec lui et de faire la triplette avec Vincent Nervosi. Bon, on descend et je lui dit : « Inscris-toi au tête-à-tête, moi j'ai fait la route, je me repose. » Il y est allé mais sans me le dire, il m'a inscrit aussi.

Je joue et le lendemain, je suis dans le dernier carré avec Foyot, Quintais et Fazzino. Franchement, ça fait drôle : je n'ai pas connu Bébert de Cagnes, tout ça, et pour moi, les trois monstres de la pétanque, ce sont ces trois-là. Marc Alexandre était déjà au micro, et quand il a lu les palmarès, je lui ai fait gagner du temps avec le mien (rires).

J'ai perdu contre Marco en jouant très bien, donc aucune déception et aujourd'hui, ça reste un très grand souvenir.

 


Et l'année suivante, tu as revêtu le maillot bleu-blanc-rouge...

Oui, tout a souri. J'ai été d'abord champion de ligue mixte, vice-champion de ligue triplettes, champion de Seine-et-Marne doublettes en battant Choupay et Loy en finale, et finalement champion de France. Avec Max (Fouilhé, NDLR), on avait un jeu qui déstabilisait tout le monde, très axé sur le point : Max ne se sentait jamais d'en perdre un, si bon qu'il soit, et me freinait beaucoup au tir. Moi, à l'époque je ne pensais qu'à tirer, et tout le monde rigolait de notre association.

Mais en fin de compte, tu vois, elle nous a mené jusqu'au titre national. On va dire que la terre et le feu ont fait bon ménage...

 


On est dans les souvenirs, aussi je te propose de rembobiner encore un peu plus. Comment est-ce que tu es venu à la pétanque ?

Par mon père. Il était footballeur...


Mais c'était aussi ton cas, je crois ?

Oui, j'ai suivi ses traces. Il était gardien de but, et moi, j'ai été gardien de but. J'ai été champion de France minimes, plus tard j'ai été stagiaire au Matra Racing, et je jouais en deuxième division à Melun.

Donc mon père s'est retrouvé un année au chômage, il tournait un peu en rond, et il a commençé à jouer aux boules en bas de chez nous. Juste à côté, il y avait un peu de gazon, et je jouais au foot avec les autres gamins. Et puis un jour, j'ai été réquisitionné pour une partie de pétanque parce qu'il en manquait un, j'y ai pris goût et je m'y suis mis.

Mais pendant longtemps, la pétanque, c'était lorsqu'il n'y avait pas de foot, à l'inter-saison. Et puis ça a pris plus de place, et lorsque j'ai arrêté le ballon, j'y ai retrouvé l'adrénaline dont j'avais l'habitude et je m'y suis mis beaucoup plus.

 


Même si ce mouvement avait déjà commencé à ton époque, la pétanque se dirige de plus en plus vers un modèle purement sportif. Quel regard jettes-tu sur cela, et également sur le prix qu'elle paye ce choix, en voyant partir tout un pan de ses effectifs ?

Je pense qu'il y a assez de place pour tous. La pétanque de masse doit rester conviviale, et en même temps les télévisions veulent des épreuves qui réunissent les meilleurs. Regarde le foot : il y la ligue professionnelle, et puis les clubs amateurs. Il y a la place pour les deux.

A la pétanque, j'ai l'impression qu'on a un esprit un peu rétréci. On pense que si on va dans une direction, on va nuire à l'autre. Moi, je ne crois pas. Il faut une vitrine, et la vitrine, c'est l'élite. Mais il ne faut pas se couper de la base, car c'est d'elle que vient l'élite. On a besoin des deux, et aucune des deux ne doit se retrouver perdante.

Dans les autres sports, on y arrive. Pourquoi est-ce qu'on n'y arriverait pas ?

 

 

Entretien réalisé par Pierre Fieux "BOULEGAN"

Note: 8.00 (1 vote) - Noter cet article -


Les commentaires appartiennent à leurs auteurs. Nous ne sommes pas responsables de leur contenu.
« 1 (2) 3 »
Auteur Conversation
schumi94
Posté le: 6/4/2015 19:26  Mis à jour: 8/4/2015 18:30
Boulistenaute accro !
Inscrit le: 19/9/2006
De: 94 Val de Marne - Île de France
Envois: 444
 Re: Jean-Pierre Le Lons, sans commentaire
Bien dommage que Jean-Pierre ne sois pas reconduit dans son rôle de consultant sur C+Sport pour les compétitions de pétanque. Oui,je dis dommage car avec Michel Loy ,Marco Foyot ou encore Laurent Vernet, il était le seul qui comprenait et pouvait faire suivre et expliquer une partie dans les moindres détails aussi bien pour les initiés mais aussi pour les novices. Je ne citerai pas par "politesse" les quelques autres commentateurs nuls de chez nuls mais ils se reconnaitrons je penses. De plus un excellent joueur ainsi qu'un gentil garçon d'une simplicité rare. Mais comme le dit un gars çi dessous, je pense que si une autre chaine se lance sur le marché de la pétanque son téléphone résonnera rapidemment, et je lui souhaite de tout cœur. Ps/. J'ai oublié de faire remarquer "l'élégance" et "le tact" de C+ pour lui dire que sa présence n'était plus indispensable ! La classe non ???. Que des pourris!, même pas un mot, un coup de fil, ni une lettre. En tous cas si tu lis ces quelques lignes JP, reçois mes sincères amitiés. Christian DAVID. schumi94.
------------

PORTRAIT N° 296 DAVID Christian "schumi94"
http://www.boulistenaute.com/actualite-portrait-296-david-christian-schumi94-7587
jydroitier
Posté le: 6/4/2015 16:57  Mis à jour: 7/4/2015 18:20
CLUB des Supporters Boulistenaute.com
Inscrit le: 2/10/2007
De: Bourg-Lès-Valence / Drôme / Région Auvergne-Rhône-Alpes
Envois: 636
 Jean-Pierre Le Lons, sans commentaire
Encore une belle interview de Pierre Fieux "BOULEGAN" mise en ligne aujourd'hui. Jean-Pierre Le Lons "jpl77" est non seulement un grand joueur, mais également un commentateur que j'appréciais beaucoup lors des retransmissions télévisées. Pour avoir eu l'occasion d'échanger avec lui sur différents nationaux où il assurait l'animation, j'ai pu découvrir quelqu'un de passionné et de très agréable toujours à l'écoute des autres. Nul doute que Jean-Pierre saura rebondir avec l'arrêt de la chaine de télévision Sport + et pourra de nouveau assouvir cette autre passion qui lui tient à coeur.
------------

Anonyme
Posté le: 6/4/2015 15:24  Mis à jour: 6/4/2015 15:24
 Re: Jean-Pierre Le Lons, sans commentaire
Tout d abord c etait un coiffeur hors pair je lui pourissais ces samedi quand j arrivai avec mes 9 epis sur la tête.mdr......
Mais c est un mec formidable et qui ne se prend pas au serieux comme certains champions quand on les croise
Cela fait quelques années que je l ai vu puisque j ai fait une parenthese boulistiquement. Mais le voir a la tv et aux commentaires etait un plaisir....
Bonne continuation JP... a bientôt..
Vanlud
Posté le: 6/4/2015 14:49  Mis à jour: 6/4/2015 14:49
Boulistenaute régulier !
Inscrit le: 28/9/2005
De: 62 Pas de Calais - Hauts de France
Envois: 1824
 Re: Jean-Pierre Le Lons, sans commentaire
Un très grand joueur, plein d'humilité, et un excellent commentateur !

un bel exemple pour les passionnés tel que moi !

Continuez à nous faire rêver !

Pas de doute qu'une chaine concurrente vous embauchera...

De toute façon, je crois avoir lu que Sport+ allait disparaitre !?
------------

Le bonheur est un voyage , pas une destination...
Il n’y a pas meilleur temps pour être heureux que le temps présent

http://hautsdefrance.association-ilona.com


[b][color=0033FF][font=Helveti
catalan93
Posté le: 6/4/2015 11:53  Mis à jour: 6/4/2015 18:28
Boulistenaute accro !
Inscrit le: 20/4/2003
De: 93 Seine St Denis - Île de France - Villemomble
Envois: 1918
 Re: Jean-Pierre Le Lons, sans commentaire
Salut Jean-Pierre,

Dommage pour tes commentaires sur Sport+, j'espère que l'on te reverra à l'antenne, peut-être sur une chaîne concurrente et gratuite

J'espère quand même que l'on continuera à entendre tes commentaires justes et pertinent sur les nationaux, ou peut-être te voir te déhancher dans un rond lol.

PS : BOULEGAN, Jean-Pierre à été champion de France en 1996 avec Max Fouilhe à Rosny-sous-Bois (93) et non pas en 1995.

A bientôt sur les terrains
Biz
Dom
« 1 (2) 3 »
          202 utilisateur(s) en ligne plus...

DANS LA BOUTIQUE
PODCASTS

SUIVEZ-NOUS
Pétanque mobile Facebook pétanque Dailymotion Vidéo pétanque Twitter pétanque YouTube Vidéo Pétanque Instagram pétanque Pinterest Pétanque Flux rss pétanque

Snapchat pétanque     Tiktok pétanque Twitch pétanque Apple Podcasts Pétanque Spotify Pétanque Deezer Pétanque
Pétanque sur Apple Store Application Mobile
Pétanque sur Google PLAY Application Mobile

Créer votre site Internet petanque
FORUM BLOGPETANQUE.COM
Entraide, trucs et astuces !