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L'entretien du mois : Jean-Michel Puccinelli, la caravane passe

Posté par BOULEGAN le 8/12/2014 8:00:00 (31468 lectures) Articles du même auteur

A trente-sept ans, le Marseillais, laissant dans son sillage vives admirations et critiques acerbes auxquelles, dans le fond, il n'attache pas grand prix, est devenu l'un des joueurs incontournables du circuit.



L'entretien du mois

 

Jean-Michel Puccinelli, la caravane passe

 

 

 

 

A trente-sept ans et avec déjà une belle carrière derrière lui, le Marseillais est devenu l'un des joueurs incontournables du circuit. A l'instar de son mentor Marco Foyot, le champion d'Europe 2011 ne laisse personne indifférent, laissant dans son sillage vives admirations et critiques acerbes auxquelles, dans le fond, il n'attache pas grand prix. Jean-Michel Puccinelli, tranquillement, trace sa route et pour notre plus grand plaisir, nous l'a fait partager quelques instants.


On pourrait commencer, si tu en es d'accord, par un bilan de ta saison 2014, avec une demi-finale à Millau en tête-à-tête, deux nouveau titres départementaux et près de 100 points et une onzième place sur le circuit national. Ça va, c'était une bonne année?

Oui, c'était une bonne saison, même s'il y eu la Marseillaise où je n'ai pas très bien joué : ça m'a mis un petit coup sur la tête, et j'ai perdu un peu de niveau pendant quelques semaines. Après, je suis arrivé à rebondir : un carré à Millau en tête-à-tête, puis une victoire à l’Île Rousse. Ça va, même si j'espère faire mieux en 2015.

 


On t'a notamment beaucoup vu, en 2014, aux côtés de Benji Renaud, qui a fait une arrivée remarquée dans les Bouches-du-Rhône en se qualifiant pour les trois championnats de France seniors. Pour toi qui le côtoie au cœur des parties, quelles sont les qualités qui lui permettent de déjà remporter tous ces succès, et qu'est-ce qui lui manque encore et qu'il devra acquérir dans les années qui viennent ?

Sa qualité, c'est d'abord une grande adresse naturelle. Pour moi, il fait partie des cinq meilleurs tireurs de France. Après, pour progresser encore, il faudra qu'il soit plus régulier, qu'il parvienne à ne plus avoir de passage à vide.


Je suppose que vous jouez encore ensemble cette année ?

Oui, et nous faisons la même équipe en triplette, avec Patrick Vilfroy.

 


En ce qui te concerne, tu t'es fait connaître comme tireur, en tenant ce poste devant Castellan, Bartoli, Foyot, Fazzino notamment, et on te voit à présent faire de plus en plus souvent le milieu. Ça a été facile, cette conversion, pour un tireur pur comme toi ?

J'avais commencé à jouer à haut niveau avec Marco, et effectivement je faisais le tireur. En 2008, j'ai fait un concours avec Dylan et son père à Rosny-sous-Bois et ça a bien fonctionné. En même temps, peut-être que j'avais perdu un peu de confiance au tir, que je cherchais un peu moins de responsabilités dans ce domaine, ça me convenait bien de faire milieu.

Mais j'avais besoin de progresser à l'appoint, et le fait de signer au Star Masters avec Loy et Sirot m'en a donné l'occasion. Ils m'ont montré que l'appoint était très important dans une partie, aussi important que de bien tirer.

 


Tu as été demi-finaliste du championnat de France et plusieurs fois demi-finaliste du Mondial la Marseillaise. Si le génie de la lampe te disait : « Fais un vœu, je t'accorde de gagner un des deux », lequel choisirais -tu ?

C'est compliqué. Pour un Marseillais, la Marseillaise, c'est quelque chose d’extraordinaire. C'est le concours qui me tient le plus à cœur. Mais je pense qu'au point où je suis maintenant, gagner un championnat de France, ça m'apporterait plus que de gagner la Marseillaise.


Mais tu me dis quand même que la grosse déception de cette année, c'est ta défaite à Marseille ?

Oui, parce que j'ai mal joué et qu'on a perdu par ma faute. Ça met un petit coup.

 


Tu es souvent, sur les forums, l'objet de critiques assez vives formulées par certains internautes, critiques que tu considères le plus souvent avec un certain détachement. Mais quand même, après tous les résultats que tu as fait et le jeu que tu as fourni ces dix dernières années, ça ne fait pas un peu mal, ce manque de reconnaissance ?

Oui, ça fait se demander si ces gens ont quelque chose contre moi, ou contre les Marseillais en général, et je me demande bien quoi. Sur les dix dernières années, en résultats cumulés, je suis quand même troisième sur le plan national...

Après, les gens... Certains se languissent qu'on joue mal, pour pouvoir critiquer. Et quand on joue bien, ils trouvent que c'est normal. Après, ce n'est pas une majorité bien sûr, c'est une toute petite partie, mais, des fois, c'est un peu énervant. Mais bon, la plupart du temps, ça me passe au-dessus.

 


Donc, mon impression était bonne : tu t'en moques un peu...

Oui, bien sur. Les gens qui font ça ne doivent pas avoir grand-chose d'autre à faire dans leur vie, ils sont plus à plaindre qu'autre chose. Moi, je fais ce que j'ai à faire : des fois je joue bien, des fois je joue mal, je fais ce que je peux et je ne m'occupe pas trop de ce que les autres en pensent. Je ne dois rien à personne.

 


Tu as été, depuis l'avènement des sélections, l'un des rares joueurs provençaux à intégrer l'équipe de France. Qu'est-ce que tu ressens quand tu joues en bleu ?

C'est une fierté, bien sûr. Surtout quand on est Marseillais : comme tu l'as dit, il y en a rarement eu en équipe de France. Alors, quand je joue en sélection, j'essaie de faire de mon mieux, de ne pas décevoir la DTN, le coach.

 


Ceux qui te suivent depuis longtemps se rappellent du temps où tu arborais une crête iroquoise. Maintenant que Beckham, Neymar ou Pogba ont remis ce genre de coiffure à la mode, on peut espérer te revoir avec ?

(Rires) Plus trop, je crois, parce que mes cheveux ne poussent plus autant qu'à l'époque. J'avais dix-huit, dix-neuf ans alors, et c'est comme ça qu'on m'appelait : l'Iroquois.


Tu aimais déjà te démarquer, affirmer ta différence, voire provoquer un peu. C'est fini, ça, ou tu es toujours un rebelle ?

Non, c'est fini. C'est vrai qu'à l'époque, j'avais un caractère un peu spécial, très nerveux. C'est sans doute cela qui m'a coûté une sélection en équipe de France espoirs. Quand j'ai fait trois fois la demi-finale de la Marseillaise en 2001, 2002 et 2003, j'étais bien meilleur au tir que maintenant, et si j'avais été moins farfelu, j'aurais certainement été sélectionné. Je suis encore un peu nerveux, mais je me suis bien calmé par rapport à cette période.

 


Mais justement, ce caractère très affirmé, voire un peu dur même, parfois, ça vient d'où ? De toi, on s'en doute, mais le fait d'avoir fait tes premières armes avec des joueurs comme Bartoli ou Castellan, qui pouvaient aussi être parfois très durs, a eu un rôle là-dedans ?

Je ne sais pas. Comme je te l'ai dit, j'étais assez nerveux au départ, mais le fait d'avoir côtoyé le plus grands m'a amené peu à peu à me calmer. Il y a beaucoup de joueurs nerveux à Marseille, ce doit être le Sud, le soleil qui veut ça. En tout cas, ce qui m'a fait du bien, comme je te l'ai dit tout à l'heure, c'est de sortir de ça, de partir à Paris.

 


On a d'ailleurs souvent le sentiment, lorsqu'on connaît les joueurs des Bouches-du-Rhône, que les nombreux talents que compte ce département n'arrivent pas bien à s'exporter, ni à briller lors des championnats de France. Est-ce que tu es d'accord, et si c'est le cas, à quoi est-ce que c'est dû, selon toi ?

Le problème de tous ces très bons joueurs, c'est que lorsqu'ils arrivent dans les bonnes parties des petits concours, ils partagent tous. Ils jouent donc très peu de parties serrées, gagnent souvent sans difficulté et après, lorsqu'ils arrivent dans de grosses compétitions, ils manquent d'expérience et de pratique.

 


On te voit à présent souvent aux côtés de jeunes joueurs, comme Benji Renaud, Mickaël Bonetto ou d'autres, que tu fais certainement bénéficier de ton expérience. Qu'est-ce que tu leur transmets, quels conseils leur donnes-tu ?

Pas grand-chose, parce qu'ils ont le don. En fait, ça se joue surtout au niveau de la mène de jeu : je leur montre ce que je sais, pour qu'ils apprennent un peu mieux le côté tactique. J'essaie aussi de faire en sorte qu'ils jouent dans le calme. Voilà, j'essaie de faire de mon mieux pour les amener le plus haut possible, comme d'autres l'ont fait avec moi.

 

 

 Entretien réalisé par Pierre Fieux "BOULEGAN"

 

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Les commentaires appartiennent à leurs auteurs. Nous ne sommes pas responsables de leur contenu.
« 1 (2) 3 »
Auteur Conversation
mamasse
Posté le: 9/12/2014 11:58  Mis à jour: 9/12/2014 12:03
Co-Webmaster
Inscrit le: 5/7/2004
De: Pontault Combault 77 Seine et Marne Île de France
Envois: 106923
 Re: Jean-Michel Puccinelli, la caravane passe
Ola Marseillais!

Tu dis que ça t'a fait du bien de venir à Paris

Un jour tu seras supporter du PSG comme ton père

A bientôt mon poto.

cookie83
Posté le: 9/12/2014 10:52  Mis à jour: 9/12/2014 10:52
Bébé boulistenaute
Inscrit le: 20/3/2011
De: LA GARDE
Envois: 31
 Re: Jean-Michel Puccinelli, la caravane passe
un grand talent que j'ai vu débouler sur ce circuit avec toute sa fougue, il y a quelques années. Le talent déjà ne faisait aucun doute. Son association avec Eric BARTOLI, lui a certainement beaucoup apporté au niveau du caractère (car il en faut pour jouer avec Eric). Depuis il est devenu un des joueurs les + réguliers du circuit, et n'en déplaise aux esprits chagrins, si les cadors du circuit (LACROIX, Dylan, FOURNIE,...) continuent à lui faire confiance, ce n'est pas par pure charité, c'est que le talent est la!!! Il ne lui manque plus que la victoire de prestige (CdF, Marseillaise, ...) que je lui souhaite, pour faire taire définitivement toutes les mauvaises langues!!!
Anonyme
Posté le: 8/12/2014 19:18  Mis à jour: 8/12/2014 19:18
 Re: Jean-Michel Puccinelli, la caravane passe
C est un très beau entretien .... Bravo pour ton parcours..., le maillot de l équipe de France et tes résultats en bleu devrait faire taire tes détracteurs.... Mais bon .....

Au plaisir de te croiser boules en mains et de ......te battre . Peut être que la 4ème fois sera la bonne...on arrête la série ...victoire de Tati !!!

Tchao Jean Mi et encore bravo pour ton entretien Boulistenaute.
jmgaucher
Posté le: 8/12/2014 18:08  Mis à jour: 8/12/2014 18:08
CLUB des Supporters Boulistenaute.com
Inscrit le: 9/11/2005
De: 30- Gard - Languedoc-Roussillon - ST HIPPOLYTE DE CATON
Envois: 2328
 Re: Jean-Michel Puccinelli, la caravane passe
BRAVO jean mi ! ne change rien ! tu fais partie des tout bon à pétanque;
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PORTRAIT N° 511 ROURE Jean Marc "jmgaucher"
http://www.boulistenaute.com/actualite-portrait-511-roure-jean-marc-jmgaucher-10948



frappé:gagné ! manqué:perdu !
Capri
Posté le: 8/12/2014 14:46  Mis à jour: 8/12/2014 14:46
Boulistenaute accro !
Inscrit le: 7/7/2005
De: Belgique (Seraing)
Envois: 6220
 Re: Jean-Michel Puccinelli, la caravane passe
Joli l'article bravo et merci.
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