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L'entretien du mois : Claudy Weibel, roi de carreaux

Posté par BOULEGAN le 12/10/2015 5:00:00 (33151 lectures) Articles du même auteur

Au terme d'une saison superbe qui l'a vu conquérir un titre mondial et de nouveaux Masters, le champion belge s'est confié à boulistenaute.com.



L'entretien du mois

Claudy Weibel, roi de carreaux

 Boulistenaute {bebel71}

 

Légende vivante de la pétanque mondiale, le tireur belge a prouvé cette année encore qu'il était toujours un compétiteur de premier plan. Intraitable sur les terrains, il séduit aussi, depuis plus de trente ans, par sa bonne humeur, sa simplicité et sa joie de vivre. Pour boulistenaute.com, il a accepté de revenir sur une exceptionnelle carrière qui ne semble pas, pour autant, près de se terminer.


On va commencer cet entretien par une actualité récente, puisque tu viens de remporter tes deuxièmes Masters de pétanque en compagnie de Quintais, Suchaud et Lucien. Tu as été très bon en demi-finale, avant de laisser ta place, après quelques mènes en finale, à Emmanuel Lucien. Parle-moi de ce choix et, plus généralement, de la façon dont tu as vécu cette saison lors des Masters.

En fait, il était prévu que Manu et les deux Philippe jouent ensemble dès les demi-finales. En arrivant sur le terrain, j'avais très envie de jouer, Manu l'a vu, il m'a dit : « Tu joues. » J'ai fait une très bonne demi-finale, du coup on a commencé la finale dans le même formation. Mais je n'étais pas dans le même état d'esprit, je l'ai senti de suite, j'étais beaucoup moins facile. Il faisait plus sombre, je voyais beaucoup plus de défauts sur le terrain, j'étais moins à l'aise, j'ai senti de suite que j'allais avoir des problèmes. Après, on était menés 9-3, je sentais un Quintais qui avait envie de tirer, je réalisais que je ne pouvais pas les aider : je suis sorti et Manu est rentré. Il était déjà sur les starting-blocks depuis un moment, avec un état d'esprit bien meilleur que le mien, et ça a été le bon choix.

Après, sur la chaise, c'était dur : je croisais les doigts pour que ça se passe bien, je stressais plus que si j'avais été sur le jeu, mais j'étais vraiment avec eux. A aucun moment, je ne me suis senti lésé, ou quoi que ce soit de ce genre.

Et en fait, gagner comme ça, en participant tous les quatre à ces deux victoires, on ne pouvait pas espérer mieux. Ça a renforcé encore l'idée qu'on formait une équipe soudée, qu'on avait gagné à quatre. J'étais déjà très heureux de jouer avec eux, ce sont des partenaires exceptionnels : gagner, ça été la cerise sur le gâteau.



C'était aussi une victoire qui venait après une belle saison, avec notamment ta victoire lors du premier Championnat du monde individuel. Reparle-moi de ce week-end à Nice, des émotions que tu as vécu, des souvenirs qui te restent, neuf mois plus tard.

Beaucoup de fierté, d'abord. Parce qu'on sait qu'à la pétanque, on peut bien jouer longtemps, mais c'est vrai que pour la première fois depuis que je suis en équipe de Belgique, ça commençait à dire : « Oui, Claudy, mais... ». Ca fait mal, ça, l'amour-propre en prend un coup.

Et puis, ça n'a pas trop bien démarré. Pourtant, avec Michel (Van Campenhout, NDLR), on était partis en guerriers, très motivés. On s'était mis de côté, parlé à personne, on n'avait pas trop communiqué sur les réseaux sociaux, je m'étais bien préparé avant. Et puis le vendredi, j'ai perdu contre le Maroc, et surtout contre le Slovène : j'ai pris une grosse claque.

Le soir, j'ai dit à Michel : « Ils ont peut-être raison, il est peut-être temps que j'arrête... » Il m'a dit : « Mais non, tout ça c'est dans ta tête... », et il a fait un beau travail pour me remotiver, en me rappelant que j'avais trente ans d'expérience et que je devais m'en servir.

 

 

 

Le lendemain, je suis arrivé un peu plus serein, j'ai commencé à très bien jouer et au fur à mesure, j'ai senti que je prenais une confiance énorme. J'ai joué le Hollandais, puis un Australien qui jouait pas mal. Je sentais les boules qui partaient bien au tir, j'étais précis au point et je me sentais serein, je prenais les bonnes décisions, je n'étais pas dans le doute.

Quand j'ai vu le tirage des huitièmes, on a rigolé, parce j'étais du côté le plus dur. Michel m'a dit : « Tu n'as que ce que tu mérites : tu n'avais qu'à mieux jouer avant, tu aurais eu un tirage plus favorable. Tu n'as qu'à jouer du beau jeu et au moins, si tu perds, ce sera contre un des favoris. » J'y suis allé dans cet état d'esprit et curieusement, j'ai eu l'impression que c'était moi au contraire qui mettait la pression aux gars en face : je ne manquais pas de boules, j'étais serein, j'étais sur un nuage, j'avais l'impression de faire trois mètres de haut sur le terrain.

Et puis ensuite, ça été beaucoup de fierté, je te le disais, et aussi le plaisir d'avoir montré à ma fédération que j'étais toujours là. Ils m'avaient blessé, je suis arrivé à répondre.

 


Ce championnat était très particulier, on avait la sensation que les joueurs et les joueuses vivaient des choses très fortes, on voyait des attitudes inhabituelles, qu'on observe plutôt d'habitude au tennis...

C'est vrai. En tête-à-tête, on ne peut pas se relaxer en parlant avec le partenaire, on ne peut pas lancer une petite blague pour décompresser. On est seul : Michel était là, mais il était loin, ça se jouait dans les regards. Heureusement, on se connaît par cœur... Non, il faut prendre le dessus psychologiquement sur l'adversaire. C'est comme ça qu'on arrive à gagner.

 



Ta génération (Lozano, Van Campenhout, Tichon, Marchandise) a hissé la Belgique au rang de nation majeure, mais on a parfois l'impression, malgré quelques bons résultats de Uytterhoven, Pardoen ou quelques autres, que la relève belge n'a pas le même potentiel. Est-ce que je me trompe?

C'est compliqué. On a quelques éléments qui auraient pu y arriver, mais ils n’ont pas réussi à s'intégrer à notre groupe. Ce n'est pas évident, on est très soudés depuis longtemps, mais on a essayé d'y faire entrer quelques éléments, un par un parce qu'il faut garder une base, et ça n'a pas fonctionné. Mais là, je pense qu'on a trouvé un joueur qui promet beaucoup avec le petit Logan Baton. Je ne le connaissais pas beaucoup, mais je pense que bien pris en main, c'est un gamin qui pourra vraiment faire la différence, car il a le caractère pour. Il a le mental.

Après, on a de très très bon éléments, je pense notamment à Jérémy Pardoen. Il est d'une adresse incroyable, mais même si je n'ai pas envie de le casser, je dois avouer qu'il n'est pas assez sérieux sur les terrains, et que ça pose un problème. On a eu les mêmes soucis dans le temps avec Marchandise, qui était un joueur formidable.

Uytterhoeven, c'est un individualiste. Nous, on n'est pas des professionnels, on fonctionne aussi au plaisir, à l'envie. Il y a des joueurs que je n'ai pas trop envie d'aider, c'est comme ça.

 

 

 

Je suppose que ce sera toi qui défendra les couleurs de la Belgique en tête-à-tête en 2017, et que tu seras très motivé pour défendre ton titre. Par contre, quels sont tes espoirs et tes ambitions pour le championnat du monde par équipes qui se tiendra à Tahiti l'an prochain ?

Pour le tête-à-tête, j'espère que ce sera moi, bien sûr. Pour Tahiti, c'est différent : vu le manque d'effectif qu'on a en ce moment... Tahiti, c'est 24 heures de voyage, si c'est pour faire de la figuration, ça ne me tente pas trop. On vient de faire un championnat d'Europe très moyen, ou on n'a vraiment pas été à la hauteur. Bon, Tichon venait de perdre son père, on pouvait comprendre ; le petit Logan intégrait le groupe pour la première fois, mais on n'était pas guerriers comme d'habitude, le mental n'était pas là.

Donc pour Tahiti... Pour le moment, je dirais non.

 

La Ronde de Metz qu'est-ce que tu éprouves à faire partie de ce club?

La Ronde, c'est magnifique. Ca a marché de suite : la première année, on était déjà dans le Grand Huit, on avait perdu en quart. On a fait venir les potes, Dédé (Lozano, NDLR), Michel, Tichon, et les victoires se sont succédées. Gagner tout ce qu'on a gagné, en parvenant à garder cette ambiance, c'est énorme. Parce qu'il n'y a pas d'argent en jeu dans ce club.

 

 

 

 

C'est donc une histoire d'amitié ?

Bien sûr. Ceci dit, je ne cracherais pas sur un joli chèque s'il y en avait un (rires). Serge (Sala, le président de la Ronde, NDLR) le sait d'ailleurs : ça ne va pas durer vingt ans non plus. Les joueurs de haut niveau se regroupent de plus en plus dans des clubs qui leur font de belles offres : le jour où on m'en fera une, il est probable que je dirai oui. Mais retrouver des potes dans un club près de chez moi, où il y a une ambiance aussi sympa, c'est vraiment bien. Et en compétition, chacun se défonce pour les autres : ça, c'est vraiment notre grande force.

 

 

 

 

Tu as été champion de Belgique, champion de France, champion du Luxembourg. Tu as été champion d'Europe, champion du monde par équipe et en individuel. Tu as gagné plusieurs fois à Millau, remporté plein de nationaux. Quelle est la victoire dont tu es le plus fier ?

Ah... (il réfléchit). Je t'avoue que je suis fier de tout ce que j'ai fait...

 


On va poser la question autrement. Quelle est celle qui t'a procuré les émotions les plus intenses ?

Tu sais, quand j'ai été champion du Luxembourg, je devais avoir 15-16 ans, c'était fort. Mais tu sais, je ne suis pas venu à la pétanque en me disant : « Je vais être un champion. » J'y suis venu parce que j'avais des problèmes de cœur et que je ne pouvais pas faire de sport. Mon père y jouait et ça m'a plu.

Après, mes premiers titres de champion de Belgique, c’était beau aussi. Mon premier national aussi : c'était à Epernay. J'avais 19 ans, je trouvais ça pas possible de pouvoir gagner un concours en France.

Et puis bien sûr, le titre mondial en 2000. On avait tourné plusieurs fois autour, c’était une consécration, et une joie énorme. En fait, j'ai beaucoup tourné autour des choses avant de les gagner : bon, il faut dire que j'ai souvent eu des phénomènes en face de moi. Foyot, Passo, après il y a eu Quintais, Suchaud, puis il y a eu Henri Lacroix qui s'est pointé, maintenant c'est Dylan : au niveau international, on a toujours été gâtés.

 

 

Et puis récemment, gagner les Masters, ça a été fort aussi. Plus que la première fois : à l'époque, les Masters, c'était une émission, maintenant c'est une compétition. On ne se défonçait pas comme maintenant, on était en exhibition.

Mais bon, pour répondre à ta question, je crois que la victoire qui m'a le plus marqué, c'est le championnat du monde tête-à-tête. Avoir gagné seul, et de cette manière, c'est une grosse émotion et une grande fierté.

Est-ce qu'il y a une victoire qui te fait encore rêver?

Je n'ai jamais gagné la Marseillaise, c'est vrai. Mais la Marseillaise, pour moi, ce n'est pas vraiment... Comment dire ? J'y vais dans un état d'esprit... Je n'y vais pas totalement en compétiteur, en fait. Si je gagne, c'est bien, sinon... Bon, ça changerait sûrement si j'arrivais dans le carré, malheureusement, ça n'a jamais été le cas.

Ça n'est pas un objectif, pour moi. Non, mon objectif, c'est de rester à un niveau correct encore quelques années, faire des résultats.

Tiens, ça me fait penser que je voulais dire un mot à propos de ceux qu'on appelle, un peu méchamment je trouve, les payeurs. Il y en a de nouveau un certain nombre sur le circuit et, étant donné le montant des prix de la plupart des nationaux, ils sont le moyen pour beaucoup d'entre nous de retirer quand même un petit peu d'argent des concours. Ce sont des gens qui aiment la pétanque, qui nous aident beaucoup et je trouve un peu injuste qu'on les regarde d'un aussi mauvais œil.

 

 

On vient tous d'apprendre la fin du Mondial de Millau, une épreuve que tu as remportée à plusieurs reprises. Qu'est ce que tu éprouves?

J'ai toujours adoré venir à Millau. Bon, ces dernières années, de moins en moins en tant que compétiteur, c'est vrai : j'y allais plutôt par amitié pour Jean-Pierre, pour les gens qui nous ont invités pendant des années.

Mais comme compétiteur, si tu voulais tout faire, tu devenais fou. Ça devenait très compliqué. J'ai senti, cette année, qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas de trop.

Mais ça sera un manque énorme, c'est sûr. Même si on se plaignait des horaires abominables, même si on ne savait pas comment se garer, on était tous heureux de se retrouver à Millau chaque année. Même si je préférais le Millau d'il y a quinze ans à celui de ces dernières années.

 


Tu pars demain pour les Etats-Unis, puis pour Saint-Barth. Tu voyages beaucoup, notamment pour la société d'événementiel pétanque que tu viens de créer. Parle-moi d'elle.

Elle s 'appelle Petank Events, et je viens de la créer avec Patrick Messonnier. J'étais déjà dans cette activité depuis quatre ans pour le compte d'une autre société, et j'arrive en fin de contrat en décembre. On a pas mal de projets : des stages, des pro-am sur le modèle de ce que j'ai déjà fait à Buis-les-Baronnies, ou Porto-Vecchio. On monte des équipes avec un partenaire et un champion, et on organise un concours extrêmement bien doté, avec un droit d'entrée conséquent. On a des projets en Bretagne, en Angleterre, en Thaïlande...

Pour New-York, c'est différent. Il se trouve que j'ai pas mal d'opportunités de jouer à l'étranger, on m'invite beaucoup, et là, c'est le cas. Après Saint-Barth, je rentre puis je repars en Floride. Je dois aussi aller en Côte d'Ivoire, puis à Nouméa.

 


Tu es sous les projecteurs depuis très longtemps, ça fait de toi un modèle à suivre, forcément. Quel est le conseil que tu donnes au jeunes qui se lancent dans la pétanque ?

Celui que nous avons suivi, nous. Si tu veux qu'on te respecte, commence par respecter les autres. Car malheureusement, ce n'est pas courant. Beaucoup de jeunes, à l'heure actuelle, ont du mal à s'intégrer, parce qu'ils n'ont pas ce respect. Nous, on l'a toujours eu. Quand j'étais plus jeune, j'ai rencontré les Foyot, les Passo, qui étaient de la génération au-dessus, on était heureux quand on les battait, mais on les respectait.

En plus, la pétanque a changé. A l'époque, on pouvait se permettre de faire un petit apéro, maintenant, c'est beaucoup plus sportif, il faut être très sérieux pour espérer gagner.

Mais le respect, c'est le plus important. Dans le jeu, il faut être guerrier, on n'est pas là pour se faire marcher sur les pieds, mais tout ça doit se faire dans un respect réciproque. Et ce respect doit aussi s'appliquer aux organisateurs, aux gens qui regardent. C'est ce comportement que j'ai envie de transmettre.

 

 

  Boulistenaute
  Charles WEIBEL
(bebel71)

 

::Son [PORTRAIT] Boulistenaute...

 

 

 

Entretien réalisé par Pierre Fieux "BOULEGAN"

 

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(1) 2 3 »
Auteur Conversation
fredd
Posté le: 3/2/2016 9:13  Mis à jour: 3/2/2016 9:13
Bébé boulistenaute
Inscrit le: 14/3/2004
De: gers
Envois: 30
 Re: Claudy Weibel, roi de carreaux
oui un exemple à suivre par le jeunes (respect , respect ) ;
(par ailleurs moi qui n'avait vu que sa finale du tat mondial qu'il a gagnée , j'avais été epoustouflé de sa domination ...ça me rassure de savoir qu'il a galéré au debut de la compet ... )
phoud02
Posté le: 23/10/2015 20:29  Mis à jour: 23/10/2015 20:29
Boulistenaute en progrès
Inscrit le: 28/2/2006
De:
Envois: 555
 Re: Claudy Weibel, roi de carreaux
un grand de la pétanque mondiale et un super bonhomme !!
ne change pas l'ami Claudy.
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Fan de Henri Lacroix (Facebook)
https://www.facebook.com/groups/FandeHenriLacroix/
Philippe Quintais Officiel"Actus"
https://www.facebook.com/groups/PhilippeQuintaisOfficielActus/
pepone082
Posté le: 15/10/2015 8:26  Mis à jour: 15/10/2015 8:26
CLUB des Supporters Boulistenaute.com
Inscrit le: 29/7/2008
De: caussade 82
Envois: 3368
 Re: Claudy Weibel, roi de carreaux
le +francais des belge est en + d etre 1 homme tres abordable est surtout 1 des meilleur joueur de la planete
petanque et d 1 tres grd fair play, 1 exemple dont beaucoup devrait s inspiré et qui fait honneur a ce jeu.
continuer encore longtemps mr weibel a nous regaler car c est tjrs 1 grd plaisir que de vous voir jouer.
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la petanque c est comme le rugby tout commence devant le point c est tout
tiger
Posté le: 13/10/2015 22:58  Mis à jour: 13/10/2015 22:58
CLUB des Supporters Boulistenaute.com
Inscrit le: 25/11/2005
De: CHUSCLAN - 30 Gard Languedoc-Roussillon
Envois: 2728
 Re: Claudy Weibel, roi de carreaux
Bravo Claudy, continu comme ça encore longtemps.
Menucourt
Posté le: 13/10/2015 18:18  Mis à jour: 13/10/2015 18:18
CLUB des Supporters Boulistenaute.com
Inscrit le: 8/11/2002
De: Menucourt Val D'Oise (95) Ile De France
Envois: 5021
 Re: Claudy Weibel, roi de carreaux
Oui bien sûr Claudy fait l'unanimité , un plaisir de côtoyer ce champion , ces entretiens sont toujours agréables à lire et sympa cette photo avec le fidèle Passoronny en arrière plan.
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