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L'entretien du mois : Christophe Sevilla "totof92" un rêve arc-en-ciel

Posté par BOULEGAN le 3/2/2013 6:00:00 (62110 lectures) Articles du même auteur

Christophe Sevilla est toujours un des joueurs majeurs du circuit national. Pourtant, un regret subsiste dans le cœur de cet enfant gâté de la pétanque : n'avoir encore jamais pu défendre les couleurs de son pays lors d'une compétition internationale.


Christophe Sevilla, un rêve arc-en-ciel

 

 

 

 

Vainqueur de trois titres nationaux en l'espace d'une seule année, auteur de plusieurs autres beaux résultats lors d'un excellente saison 2012, Christophe Sevilla est toujours l'un des joueurs majeurs du circuit national. Pourtant, un regret subsiste dans le cœur de cet enfant gâté de la pétanque : n'avoir encore jamais pu défendre les couleurs de son pays lors d'une compétition internationale. Un rêve qui se réalisera un jour ?


Après ton départ de Damville, tu as intégré l'an dernier un club ancien et prestigieux, le Star's Masters de Barbizon. Est-ce que tu y restes cette année encore et quelles sont les équipes dans lesquelles on te verra évoluer en 2013 ?

Oui, je reste, et je reconduis mon association avec Eric Sirot : nous jouerons en doublettes ensemble. D'autre part, Eric Dasnias a quitté l'Allier et jouera avec nous en triplettes. J'aime bien ce joueur : nous avons fait la finale à Poitiers l'an dernier avec Stéphane Bassinet, et une demi-finale à Bar-le-Duc en compagnie de Matthieu Gasparini.


Et tu as eu envie de le faire venir en Seine-et-Marne...

Exactement. Je trouve que c'est un joueur régulier, un très bon milieu qui n'est pas reconnu à sa juste valeur. C'est quelqu'un de très calme, très posé, et c'est, je pense, le milieu idéal pour compléter notre équipe.

 


Quels sont tes objectifs pour 2013 ?

Déjà, une qualification pour les différents championnats de France. Le niveau en Seine-et-Marne est très relevé et ce ne sera pas facile. Ensuite, essayer de parvenir au minimum dans le dernier carré du ou des championnats de France. Cà, c'est l'objectif en triplettes, et aussi en doublettes et en tête-à-tête : j'y suis presque arrivé l'an dernier (demi-finaliste en TAT et en quart de finaliste en doublettes avec Eric Sirot NDLR) et ce serait bien d'y arriver cette année. J'ai fait perdre Eric l'an dernier, et ça m'a fait bizarre : il avait été monstrueux au point durant tout le championnat, et je ne me sentais pas très bien après ce quart de finale perdu.


Alors, un mot sur Eric Sirot : tu as beaucoup joué avec de jeunes partenaires et là, tu t'es associé à un très grand joueur de la génération qui a précédé la tienne. Comment tu vis ça, qu'est-ce que ça change ?

Eh bien... Eric, ça reste une référence au point, et il est bien sûr capable de taper sa boule. La meilleure preuve, c'est que quand il a gagné les Masters, il avait tapé gagné, manqué perdu en n'ayant pas tiré une boule de la partie, et il l'a frappée. C'est quelqu'un de solide, de calme et c'est très agréable : on sent une certaine sérénité chez lui, comme celle que j'ai sentie l'an dernier en jouant avec Philippe Quintais. Même en retard de boules, on sent qu'il peut toujours se produire quelque chose. C'est un grand joueur, un grand pointeur, et il a marqué l'époque où il était en équipe de France : il a beaucoup fait le remplaçant, certes, mais c'était derrière les meilleurs joueurs du monde, et il a formé avec Michel Loy et Didier Choupay une des meilleures équipes de l'époque.

Dans le passé, j'ai plutot joué avec de jeunes joueurs, certains assez provocateurs, et je trouve beaucoup plus enrichissant de bénéficier du calme et du vécu boulistique de joueurs comme Eric.

Ca ne m'empêche d'ailleurs pas, comme je le fait avec Maxime Drouillet, de tenter d'apporter moi-même un peu d'expérience à de jeunes joueurs talentueux qui débutent dans le haut niveau.

 

 

 

 

Tu n'as plus le sentiment de faire partie des jeunes ?

Non. On m'assimile souvent à la génération des Darodes, des Sarrio, des Fournié, mais j'ai trente-deux ans, et je fais plutôt partie de celle d'Henri Lacroix ou de Bruno Le Boursicaud.


Il y a sept ou huit ans, un de nos jeunes boulistenautes, braso de oro, commençait à rêver de grands résultats. Aujourd'hui, après trois titres nationaux, un record du monde au tir de précision, deux finales à Millau et une des Masters, ce jeune homme que tu étais doit être comblé. C'est le cas, tu es comblé ?

Oui, on peut dire ça. A l'époque, je rêvais d'un titre national : alors, en gagner trois en l'espace d'une année calendaire... J'étais le premier surpris de cette réussite. Mais c'est vrai que gagner le premier maillot débloque quelque chose, fait disparaître beaucoup de pression : ça fait passer un cap. Alors, c'est vrai que je suis assez fier, mais aussi assez surpris, d'avoir réalisé tout ça.

Après, ce que j'espère au fond de moi, c'est d'avoir un jour une sélection. J'ai été intégré assez tôt dans le club France, pour les Masters 2006, mais je n'ai jamais disputé de compétition internationale. C'est un regret, c'est sûr...

Et cette année, je pense que ce ne sera encore pas le cas. Dylan a été intégré à la liste, et au moment de choisir un tireur de tête, entre un champion d'Europe et du Monde et quelqu'un qui n'a aucune expérience internationale, j'ai peur que le choix ne soit vite fait.

Alors voilà... J'aimerais avoir une bonne surprise, je crois avoir prouvé que j'avais le niveau, et j'aimerais un jour avoir la chance de représenter mon pays. Mais je ne me fais pas trop d'illusions.

 


Pour toi, comment est-ce que ça a commencé ? Qu'est-ce qui t'a poussé vers la pétanque et fait aimer ce jeu ?

Ca s'est fait tout seul : mes grand-parents jouaient, mon père et ma mère jouaient. J'ai commençé à six ans, et j'ai eu ma première licence à huit ans. En parallèle, je faisais du hand-ball, mais ça me prenait aussi beaucoup de temps, et j'ai dû choisir. J'ai retenu la pétanque, parce que j'étais déjà pas maladroit.

J'ai commencé en FFST, où j'ai été vice-champion de France tête-à-tête. A dix ans, j'ai battu le champion de ligue Ile-de-France seniors FFPJP tête-à-tête, un de mes grands souvenirs, et puis j'ai changé de fédération. On a monté une grosse partie de copains en juniors, avec Thomas Avice et Jérôme Labionda, nous avons été champions de ligue et même si nous n'avons pas été champions de France, ça m'a fait un petit peu connaître ; j'ai joué dans l'Essonne avec André Mathias et Hervé Pin, j'ai commencé à me faire un nom en Ile-de-France, j'ai glané des titres dans six départements différents... Tout s'est enchaîné.


Tu as grandi en Ile-de France, une région qui a fourni à la pétanque beaucoup de grands champions. A l'époque, est-ce que tu avais des modèles, des joueurs qui t'ont marqué et dont tu voulais suivre les traces ?

Mon idole, c'était Didier Choupay. Pour moi, c'était le plus grand tireur de tous les temps, il avait un geste de rêve. J'alais le voir jouer, je me faisais prendre en photo avec lui. Ce qui est bizarre, c'est qu'aujourd'hui, je joue à ses côtés en Coupe de France, et je joue avec Eric, qui est son ancien partenaire. C'est une grande fierté pour moi de le cotoyer.

D'ailleurs, quand je vois çà et là des critiques sur lui, je trouve que c'est un manque de respect pour le joueur qu'il a été. Dans la pétanque, on peut vous monter très haut, et vous descendre très rapidement. Choupay n'est peut-être plus ce qu'il a été, mais ça reste un très grand compétiteur et ce sera toujours mon idole.

Après, il y en a d'autres, bien sûr, comme Philippe Quintais : j'ai été très fier de disputer les Masters avec lui, et j'ai été sensible à ses propos sur le fait que je méritais une sélection. Ca m'a fait très plaisir et chaud au coeur.

 

 

Si je ne me trompe pas, on ne t'a encore jamais vu au Mondial la Marseillaise. Est-ce qu'on peut penser te voir un jour dans les allées du parc Borély ?

Effectivement, je n'y suis jamais allé. Je ne te cache pas que beaucoup de gens m'ont déconseillé de la faire. C'est un concours qui est énorme, c'est sûr, mais à choisir entre la Marseillaise et Millau, je préfère me focaliser sur Millau.


Tu n'es peut-être pas obligé de choisir ?

Oui, mais la Marseillaise, c'est quatre ou cinq jours de compétition, il n'y a pas d'invitations, beaucoup de frais, c'est compliqué. On me dit aussi souvent qu'il faut jouer avec quelqu'un du Sud, c'est sûrement des on-dit, mais bon... C'est un concours que je ferai un jour, je pense, mais là, ce n'est pas une priorité.

 

 

Tu préfères aller à Millau ?

Voilà. Millau, c'est le concours le plus dur du monde. L'année où j'ai perdu en finale contre Maison Durk, j'avais enchaîné la triplette avec Dylan et Bruno Rocher où nous avons perdu en quart. Le lendemain, j'avais perdu en huitièmes du doublettes avec Jérémy Darodes : j'avais dû dormir une dizaine d'heures en trois jours, j'avais fait trente-cinq ou trente-sept parties de pétanque, j'étais complètement cuit.

En plus, Millau, c'est le summum, c'est là qu'on se fait connaître, c'est là qu'on perce. Mais bon, encore une fois, je n'ai rien contre la Marseillaise, et je suis sûr que j'irai un jour.


Il y a, depuis quelques mois, un certain nombre de débats autour du tête-à-tête, et du nombre de boules avec laquelle on doit le disputer. Tu as été champion de France de la discipline, deux fois finaliste du Mondial de Millau : quel est ton avis sur la question ?

Ce qui risque de se produire à quatre boules, c'est de voir les parties durer plus longtemps, notamment entre des joueurs qui tirent bien au bouchon. Par contre, ce serait certainement plus spectaculaire. On aurait également plus de défense : actuellement, lorsqu'on perd une boule, on a du mal à se rattraper. Mais honnêtement, je suis assez partagé sur cette question.

Par contre, je crois que les fabricants seraient d'accord : ça relancerait le business.

De toute façon, j'adore le tête-à-tête. C'est un exercice particulier, où l'on est obligé de se recentrer très vite, où on ne doit sa performance qu'à soi-même, j'aime beaucoup. Même si la triplette reste le plus beau jeu...

 

 

 Entretien réalisé par Pierre Fieux "BOULEGAN"


 

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Les commentaires appartiennent à leurs auteurs. Nous ne sommes pas responsables de leur contenu.
« 1 (2) 3 4 5 ... 7 »
Auteur Conversation
jipom
Posté le: 9/2/2013 10:35  Mis à jour: 9/2/2013 10:35
CLUB des Supporters Boulistenaute.com
Inscrit le: 9/6/2005
De: Gaujac - 30 Gard - Languedoc-Roussillon
Envois: 1511
 Re: Christophe Sevilla, un rêve arc-en-ciel
Un très grand parmi les grands !

J'aime beaucoup le joueur, mais aussi l'homme, qui, bien que souvent décrié, est pétri de qualités et d'honnêteté.

Je pense qu'il sera bientôt un des piliers, avec Dylan, de l'équipe de France des 10 prochaines années.

Et n'oublions pas ce qu'il a réussi : porter 3 maillots tricolores en même temps ! A mon avis, on n'est pas prêt de revoir ça !
cristian78
Posté le: 7/2/2013 10:04  Mis à jour: 7/2/2013 10:04
Bébé boulistenaute
Inscrit le: 24/2/2007
De: 1 rue voltaire bonnières sur seine
Envois: 88
 Re: Christophe Sevilla, un rêve arc-en-ciel
Monsieur Sévilla, vous êtes un très grand joueur. A classer, sans trop de risques d’erreurs, dans le top 10 mondial. En toute logique, vous devriez donc voir se réaliser, dans un proche avenir, votre rêve Arc-En-Ciel.
Dès lors, en plus d’une immense satisfaction tout à fait légitime, avez-vous pensé à ce que cela pourrait vous apporter, dans l’immédiat comme à long terme? Un statut comparable à celui d’un Tony Parker, d’un Messi ou d’un Zidane ? Ou bien, à l’instar des grands joueurs du passé et des joueurs actuels, un statut de simple quidam que le grand public méconnait?
Dans la mesure où comme la quasi-totalité des autres grands joueurs, vous subissez la politique promotionnelle voulue par la Fédé depuis près de 30 ans (triplette = seule formation retenue pour les plus grandes compétitions), il y a fort à parier que votre avenir ne sera pas grandiose. Ce qui est bien triste quand on sait les qualités indispensables pour être un grand « bonhomme »de la pétanque. Les mêmes qualités que pour être un champion de golf ou de tennis (engagement physique mis à part par rapport à ce dernier).
A mon sens, c’est seulement à partir d’une grande détermination de tous les acteurs de la pétanque, qui prônerait une modification profonde de l’environnement accompagné d’un règlement drastique, et d’une forme de jeu qui enflammerait vraiment le public pour attirer de grands sponsors, qu’il serait possible d’ouvrir la voie à une pétanque professionnelle dont vous tireriez profit avec un vrai statut de sportif de haut niveau.
Jusqu’à présent, la pétanque telle qu’elle se pratique, avec le passage obligé de la triplette pour atteindre les plus hauts sommets, conduit inéluctablement à la démotivation de nombreux joueurs dont certains pourraient peut-être s’exprimer avec succès en doublette ou en tête à tête. Du reste, même jouée à très haut niveau, la triplette souffrira toujours de son côté réducteur en termes de performance, de son côté aléatoire et du fait qu’elle ne permet pas de définir le meilleur joueur.
Selon moi, c’est pour ces raisons qu’elle est perçue avant tout comme une activité ludique et accessoirement comme un sport mineur.
Mon propos n’a pas vocation à vous démotiver mais à vous faire prendre conscience que vous auriez plus à gagner dans le cadre de ce que pourrait être la pétanque, que dans le cadre de ce qu’elle est depuis toujours.
Que le succès vous accompagne le plus longtemps possible.
Bien cordialement,
Christian Châle
christhie27
Posté le: 6/2/2013 11:59  Mis à jour: 6/2/2013 11:59
Boulistenaute accro !
Inscrit le: 3/11/2006
De: Evreux - 27 Eure - Haute Normandie
Envois: 1750
 Re: Christophe Sevilla, un rêve arc-en-ciel
C'est un excellent joueur qui, pour moi, fait parti du top 5 français.
Alors oui ça sélection en équipe de France serait une suite logique
à tous ses résultats. Enfin je te le souhaite très sincèrement.
Au 10 à Melun pour cette formidable finale de zone 6 de coupe de France.
A+
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Tant qu'ils tirent au but, c'est qu'on a pas perdu !!!


PORTRAIT N°429 Thierry CHEVALIER « christhie27»
www.boulistenaute.com/actualite-portrait-429-chevallier-thierry-christhie27-9484
donfo
Posté le: 6/2/2013 5:29  Mis à jour: 6/2/2013 5:29
Bébé boulistenaute
Inscrit le: 28/9/2007
De: diemoz 38
Envois: 54
 Re: Christophe Sevilla, un rêve arc-en-ciel
Je l'ai vu à l'International de Bron en 2011.
Alors que froid,vent et pluie sévissaient d'importance,et que toutes les équipes jouaient sous le boulodrome,seule sa partie fut programmée à l'extérieur.
Malgré les conditions dantesques,il n'a pas fait état de son statut,il a joué, n'a pas "balancé"et sous un coin de parapluie s'est offert un petit coin de paradis avec la "qualif"
La classe.....
Waddle
Posté le: 5/2/2013 22:13  Mis à jour: 5/2/2013 22:13
Boulistenaute en progrès
Inscrit le: 19/1/2006
De:
Envois: 567
 Re: Christophe Sevilla, un rêve arc-en-ciel
Bien sûr mon pote que tu sera en équipe de France bientôt il faut y croire ce serais juste récompense en regardant ton palmares

a bientôt l'ami
------------

Pour la beauté du jeu tout simplement

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