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L'entretien du mois : Alain Phalippot, entre rond et ovale

Posté par BOULEGAN le 12/5/2013 5:00:00 (25311 lectures) Articles du même auteur

Présence rassurante pour ses partenaires, gros morceau à avaler pour ses adversaires, l'ancien rugbyman graulhétois est l'une des figures marquantes du circuit national. Pour boulistenaute, il est revenu sur quelques souvenirs.

L'entretien du mois

 

Alain Phalippot, entre rond et ovale

 

 

Présence rassurante pour ses partenaires, gros morceau à avaler pour ses adversaires, l'ancien rugbyman graulhétois est l'une des figures marquantes du circuit national. Après quarante ans de jeu sur les terrains ou dans les stades, le Grizzly tarnais est revenu, pour boulistenaute, sur quelques souvenirs tirés d'une carrière sportive pour le moins originale.


Tu as signé cette année dans le Tarn-et-Garonne, pour rejoindre Christian Lagarde au Player's de Montauban. Donc, il rejoue à la pétanque, Christian?

Oui, il rejoue. Il avait déjà repris les boules l'an dernier, on avait fait quelques concours ensemble, notamment quelques nationaux en compagnie de Pascal Miléi ou de Passo. Cette année, on avait envie de faire les championnats ensemble, et on a aussi prévu des nationaux, avec Passo, Fazzino, et d'autres.

 


Tu es depuis longtemps une figure du circuit des nationaux. Ca a commencé quand, finalement ?

J'ai fait ma première finale en 1978, aux Trois Jours de Saint Pierre, avec Galoffre et Gilles Gaillard. Mais à l'époque, je jouais surtout au rugby : j'étais un peu embêté parce que le jour de la finale, Graulhet jouait contre Béziers et j'avais fait dire à l'entraîneur que j'étais malade. Le lendemain, la Dépêche titrait : « Phalippot en finale à Toulouse ! » Je m'étais fait souffler dans les bronches...

C'est un très bon souvenir : j'y étais allé pour m'amuser, en espérant prendre une bonne partie, et à la première, on avait eu Luchesi, Rouvière et Kokoyan. On avait battu Brocca et Charly de Gémenos, Marco et Marigot, avant de perdre en finale contre Zanon, Araud et le fils Brocca. Mais bon, j'ai vraiment commençé à pratiquer la pétanque à trente-cinq ans, quand j'ai arrêté le rugby.

 


Alors, le rugby, précisément. Tu y as consacré vingt ans de ta vie : est-ce que c'est une expérience qui t'a servi ensuite, dans la pétanque ?

C'est très différent. Le rugby est un sport d'équipe, les actions sont collectives et la pression y est moins importante : même si on joue devant trente mille personnes, comme ça m'est arrivé, on est moins impressionné que lorsqu'on fait une finale d'un championnat de France de pétanque.

Au rugby, on est quinze, et si on fait une erreur, elle peut être rattrapée par un partenaire. Au boules, si tu pointes mal, même si l'autre est bon au tir, tu ne marques jamais.

Il faut beaucoup de mental pour jouer à la pétanque. Quand tu joues dans le carré télé de la Marseillaise, comme ça s'est produit il y a deux ans lorsque je jouais Foyot, Passo et Puccinelli en compagnie de Poncet et Milei, il faut rester calme : je faisais milieu, ce qui n'est pas mon poste habituel, et c'était dur d'affronter cette pression. Plus dur que de faire un Graulhet-Béziers au Stadium.

 


La pétanque et le rugby ont beaucoup évolué ces vingt dernières années. Lequel des deux a le plus changé ?

Le rugby. Le passage au professionnalisme a tout changé. A la pétanque, il y a vingt ans, il y avait d'aussi bons joueurs qu'aujourd'hui. Au rugby, maintenant, ils s'entraînent tous les jours, ils ne font que ça : ce n'est pas comparable à ce que nous faisions à l'époque, avec un métier à côté.

 

On l'a dit, tu as fait une belle carrière sur le circuit des nationaux, avec pas mal de victoires, et puis il y a eu Dijon, en 2007. Tu imaginais que ça t'arriverait un jour, ça, d'endosser le maillot bleu-blanc-rouge ?

Ah non, non... (rires) J'ai été champion du Tarn en tête-à-tête, en doublettes et en triplettes, mais ce n'est pas comparable. Jamais je n'imaginais gagner ce titre, même si je jouais pour quand je faisais un championnat de France.

 


Pourtant, ça a été un parcours très impressionnant, avec très peu de points concédés à chaque partie...

Oui, c'est vrai, six au maximum. Mais on avait perdu la première partie 13 à 12 contre Georget Croci, et ce qui est drôle, c'est que Christian Lagarde est allé le voir après la partie et lui a rappelé que vingt ans plus tôt, il avait perdu la première contre lui avant de devenir champion de France. Il lui avait dit : « Tu imagines si ça se renouvelle ? »

Voilà, ensuite on a bien joué. On a enchaîné les parties, sans penser au titre. Et puis il y a eu cette finale incroyable, avec tous ces déplacements de bouchon... C'est vrai, on s'est retrouvés champions de France sans faire aucune partie serrée.


On a le sentiment, depuis quelques années, de voir la pétanque tarnaise monter en puissance. Tu as le sentiment que vous avez joué un rôle de locomotive, que ce titre a décomplexé les bons joueurs du département ?

Peut-être, d'autant qu'avec Stéphane (Delforge, NDLR) nous avons enchaîné sur pas mal de résultats dans les nationaux, avec notamment une finale à l'Europétanque. C'est vrai qu'avant, c'était la Haute-Garonne qui faisait de bons résultats dans la région et qu'à présent, c'est le Tarn, avec Vayssettes, les petits Massoutier, Gino, Benazeth, et d'autres. C'est bien, ça fait plaisir.

 


On oppose souvent le Mondial de Millau et le Mondial la Marseillaise. Ce sont deux concours que tu connais bien, pour en avoir plusieurs fois disputé les huitièmes ou les quarts de finale. Quel regard as-tu sur chacun d'entre eux ?

Ce sont les deux plus grands concours. J'aime bien Millau, mais j'adore Marseille : je préfèrerais de loin, si je devais choisir entre les deux, gagner la Marseillaise.

Millau, l'Europétanque, ce sont de très grands concours, mais Marseille, c'est à part : c'est le temple de la pétanque, et gagner là-bas, c'est pour moi ce qu'on peut vivre de plus beau après un titre de champion de France.


Et lorsque tu y joues, tu as des sensations différentes ?

Bien sûr, c'est plus dur de jouer à Marseille qu'à Millau. Millau, c'est un concours comme les autres à ce niveau-là, même si c'est le plus beau de France. Quand je rentre dans le carré de Millau, je n'ai pas de pression. La Marseillaise, c'est beaucoup plus impressionnant : quand on a fait le quart de finale contre Quintais, au milieu de cette galerie énorme, il faisait quarante degrés, on entendait une mouche voler, ce sont des sensations incomparables.

 


On a parlé tout à l'heure du renouveau de la pétanque tarnaise, qui est aussi incarné par pas mal de jeunes joueurs, comme Kevin Ghrifa avec qui on t'a vu jouer, et d'autres. Toi qui as accompagné les débuts de Stéphane Delforge ou de Gino Debard, quel conseil est-ce que tu donnes, ou tu pourrais donner, à ces jeunes qui arrivent ?

C'est vrai que les jeunes aiment bien jouer avec moi. J'ai souvent été l'arbre de l'équipe : je les protège de l'adversaire, ils jouent sur du velours. Et quand ce sont des Gino, des Delforge, des Massoutier, ils peuvent exprimer tout leur talent.

Ce que je leur ai dit à tous, c'est que la pétanque, à présent, c'est un sport. Si tu n'es pas sérieux, tu ne peux pas réussir, et surtout, tu ne peux pas durer. Pour durer, il faut une certaine hygiène de vie : regarde dans notre génération, qui est-ce qui reste encore compétitif ? Fazzino, Foyot, Passo, des joueurs qui ont été sérieux.

 


C'était eux tes modèles, quand tu as commençé à jouer ?

Oui, et c'est drôle, parce que je ne pensais pas que je les cotoierais un jour. Je connaissais Foyot, parce qu'on était à l'armée ensemble, au bataillon de Joinville : j'étais en équipe de France de rugby, et lui en équipe de France d'athlétisme. Mais je n'aurais jamais pensé jouer un jour avec eux.

Mais bon, il y avait aussi d'autres joueurs formidables, comme Baldo et Garcia, Rouvière : c'était des monstres. Sans parler de la génération d'avant, Brocca, Arama...


Un Arama que tu as bien connu, je suppose ?

Bien sûr, il habitait à Mazamet à la fin de sa vie. Un jour, lors d'un championnat de France à Vichy, je jouais contre les champions en titre, Sirot, Rasle et Pouzier et il fallait que je fasse deux carreaux pour gagner. Je les fais, et un gars s'approche de moi et me dit : « Bravo, petit, tu as des couilles ! ». C'était Bébert de Cagnes. Je lui ai dit que je connaissais bien Arama : il m'a embrassé et on est allé boire un verre.

 

 

Entretien réalisé par Pierre Fieux "BOULEGAN"

 Son portrait {phalip}

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Les commentaires appartiennent à leurs auteurs. Nous ne sommes pas responsables de leur contenu.
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Auteur Conversation
Anonyme
Posté le: 7/7/2013 11:38  Mis à jour: 7/7/2013 11:38
 Re: Alain Phalippot, entre rond et ovale
MDR.....LOL LOL LOL VOUS ME FAITE MDR ..LOL LOL vous me faite
Adiu81
Posté le: 23/5/2013 16:57  Mis à jour: 23/5/2013 16:57
Bébé boulistenaute
Inscrit le: 23/1/2010
De: Albi - Tarn - Midi-Pyrénées
Envois: 190
 Re: Alain Phalippot, entre rond et ovale
Moi j aimerais bien jouer avec lui mais je n'ose pas lui demander
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"Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j'apprends"
Anonyme
Posté le: 21/5/2013 9:49  Mis à jour: 21/5/2013 9:49
 Re: Alain Phalippot, entre rond et ovale
Effectivement très bon pointeur, grosse présence pour l'adversaire et très avenant pour ses coéquipiers. Assez psychologue; il a commencé à encourager son tireur qui avait un petit coup de mou, il a continué en le bougeant un peu plus mais toujours positivement et intelligemment. Il est le type même du coéquipier idéal. Je l'ai joué au National de Salis et ai perdu à 12. Rien à dire, à part un geste "métier" avant que je ne tire à 4. J'ai d'ailleurs fait un pile. Aucun commentaire désobligeant !! UN MONSIEUR !
Anonyme
Posté le: 15/5/2013 20:26  Mis à jour: 15/5/2013 20:26
 Re: Alain Phalippot, entre rond et ovale
Trinit 30, tu ne crois pas si bien dire!
En croisant Patrick Barataud à Toulouse, Alain lui dit: ''Oh Barataud!'', et lui de lui répondre: ''Adiou!'',et de changer de trottoir!
Boulkiroul
Posté le: 15/5/2013 9:41  Mis à jour: 15/5/2013 9:41
CLUB des Supporters Boulistenaute.com
Inscrit le: 24/2/2012
De:
Envois: 1045
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 Re: Alain Phalippot, entre rond et ovale
En déclarant être plus impressionné par une finale de CDF à pétanque que par un match devant 30000 spectateurs au rugby ,
Alain Phalippot rend un énorme hommage à la pétanque.
Cet hommage est d'autant plus consistant qu'il émane d'un sacré combattant qui s'est "colleté" avec les Vacquerin , Estève , Palmié ,Buonomo , Saïsset , Astre et consorts de la grande équipe de Béziers comme on le voit sur la photo.
En passant du rugby à la pétanque tout en restant au plus haut niveau , il rejoint ainsi une légende du rugby comme le toulonnais André Herrero qui lui , bien après sa carrière de joueur de rugby , fut champion de France de jeu Provençal à Beaucaire en 1999.
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