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L'entretien du mois : Alain Bideau, coach et cash

Posté par BOULEGAN le 5/4/2013 23:50:00 (129330 lectures) Articles du même auteur

Le double champion du monde, après une belle carrière de joueur, coache à présent les équipes de France. Entretien avec l'homme de terrain de la DTN. 

L'entretien du mois

Alain Bideau, coach et cash

 

 

A cinquante-huit ans, le double champion du monde n'a pas changé.  Coach des équipes de France, il mène cette deuxième carrière comme il a mené celle de joueur : bon sens, simplicité, passion et engagement sont les maîtres-mots d'un homme qui n'abandonne jamais, entre bonne humeur et chaleur humaine, son franc-parler. 

 

La DTN avait formé une équipe de France pour les Masters de pétanque qui comprenait Thierry Grandet, Jean-Michel Puccinelli, Jean Feltain et Christophe Sevilla, mais on vient d'apprendre que celui-ci serait remplacé par Zvonko Radnic. Qu'est-ce qui s'est passé ?

Je ne sais pas trop. Christophe a envoyé une lettre au DTN et à la Fédération pour annoncer sa démission. Je t'avoue que je ne comprends pas trop : il allait faire les Masters, et il avait des chances d'être sélectionné pour le championnat d'Europe...


Et quelles raisons a-t-il invoquées ?

Il nous a dit que c'était d'ordre professionnel, mais bon... Jean-Yves (Peronnet, NDLR) avait fait énormément d'efforts pour que son employeur soit défrayé d'environ 12000 euros sur les trois-quatre dernières années, au titre de sportif de haut niveau, alors on a été très surpris. Voilà, je n'en sais pas plus que ça, mais c'est un peu n'importe quoi. La moindre des choses aurait été de passer d'abord un coup de fil pour nous expliquer ce qui n'allait pas. Bon, il est possible aussi qu'il ait des gens autour de lui qui lui aient un peu bourré le mou...


Et sur le choix de Radnic ?

C'est un garçon qui est posé, un bon chef de file. C'est vrai que l'équipe sera un peu moins offensive, mais nous, ce qui nous intéresse, c'est de regarder comment tous ces joueurs se comportent et de faire la meilleure équipe possible pour le championnat d'Europe.

 

 

 

On t'a vu accompagner Bruno Le Boursicaud à Marseille dans la conquête de son titre en tir de précision, comme tu as pu le faire précédemment avec Angélique Papon, avec beaucoup d'engagement et de passion. On te sent très impliqué, très présent dans ces cas là : c'est important pour le tireur, ça ?

Il faut qu'il y ait une certaine confiance entre le joueur, ou la joueuse, et le coach. Pour ça, il faut que je sois à fond dedans, avec autant d'engagement que le joueur. En plus, coacher Bruno, ce n'est pas simple : c'est quelqu'un d'affectif, qui est toujours en train de se mettre dans le doute, même si c'est un gros compétiteur. Alors il faut toujours le rassurer, de temps en temps le brutaliser, ce que je peux me permettre parce que je le connais très très bien, et là, dans cette épreuve de tir, il faut y aller à fond. On y passe beaucoup d'énergie, on accumule pas mal de fatigue nerveuse. C'est d'ailleurs pour ça qu'on ne met plus un des joueurs, comme Henri qui le faisait auparavant : pour ne pas lui faire perdre de jus avant les épreuves par équipes.

 


Alors ce travail de coaching sur place, chacun le voit. Qu'en est-il par contre du travail en amont de la compétition, en quoi consiste votre rôle ?

Jean-Yves Peronnet prépare beaucoup les joueurs, notamment pour le tir de précision. Il le fait avec les hommes, avec les filles et aussi avec les jeunes, avec des exercices et des ateliers adaptés. En ce qui me concerne, j'interviens avant les compétitions pour bien les aborder mentalement : je parle beaucoup avec les joueurs et les joueuses, en passant en revue les forces et les faiblesses de chacun. On travaille aussi sur la technique, sur les courbes, les positions, suivant tout un programme déjà mis en place et qui est assez performant, puisque les titres sont là.


Ca, c'est pour le tir de précision. Est-ce que le même travail est fait pour les compétitions par équipes ?

Là, les gars s'entraînent tout seuls. Il y a un planning établi, avec les ateliers qu'il doit faire, le training physique, et on les voit avant la compétition pour les entretiens dont je viens de parler.

 

Tu coaches aussi bien des hommes que des féminines. Est-ce que c'est plus facile, ou plus difficile, avec ces dernières, et en quoi est-ce différent ?

Ce qui est différent, c'est que ce sont des filles (rires). Tu prends toujours plus de pincettes avec des filles qu'avec des garçons, tu essaies de ne pas avoir un langage trop cru. Avec Bruno, je ne me gêne pas. Il peut m'arriver de lui dire : « Tu es mauvais, tu ne vaux pas un coup de cidre, patati, patata... » Si je dis ça à une fille, tout de suite elle va se bloquer, être au bord des larmes, elle ne va pas accepter. La différence, elle est là.


 

Donc, ça se joue au niveau de la forme ?

Exactement. Un mec, tu vas le vexer, il va te dire : « Attends, je vais te faire voir ce que je vaux ! » et il va se dépouiller, alors qu'une fille, elle peut se dire : « Son truc, j'en ai rien à foutre » et tout balancer. C'est pas évident les filles : il faut avoir une perception différente, être un peu plus malin, très sentimental. D'ailleurs, c'est peut-être pour ça qu'on est moins performants en pétanque féminine : on a peur de les brutaliser, alors que par moments, ça serait peut-être pas mal... (rires)

 


Revenons presque trente ans en arrière. Nous sommes au Bourget en 1985, tu es déjà un joueur parisien connu, et tu disputes le France triplettes en compagnie de Patrick Lopèze et d'un jeune tireur que la France entière va découvrir ce week-end-là, un tireur qui s'appelle Didier Choupay. Raconte-moi ça.

C'est vrai, j'étais déjà connu, j'avais déjà été champion de France FSGT, j'avais fait les quarts de finale du championnat de France triplette, et puis j'ai rencontré ce petit jeune avec qui j'avais beaucoup d'affinités. C'est vrai qu'il était super-performant : on avait fait deux trois concours, et chaque fois je me demandais comment j'allais faire pour perdre. Et ce week-end là, c'était le cas : j'avais l'impression qu'il ne pouvait rien nous arriver. On sait que si l'on n'est pas en osmose avec ses partenaires, on ne peut pas faire de grosses performances, mais là, c'était fabuleux, on y était en plein. Bon, le terrain s'y prêtait, on a eu de la chance sur une ou deux parties, mais c'est vrai que c'est cette année-là que Didier a éclaté et qu'il est devenu le joueur qu'il a été plus tard.

 


Tu as ensuite été deux fois champion du monde, une autre fois champion de France, gagné pas mal de nationaux et en 1995, à quarante et un ans, tu as décidé d'arrêter. Pourquoi ?

J'en avais marre. Ca faisait vingt ans que je jouais, je ne supportais plus de faire les kilomètres, je trouvais que les concours étaient longs... A force de manger toujours le même plat, tu finis par ne plus en avoir envie.


Aujourd'hui, lorsque tu es sur le banc lors d'un championnat du monde, ce passé de joueur, il remonte, il t'accompagne, ou bien est-ce que tu réagis uniquement en coach ?

Coacher, c'est aussi transmettre ce qu'on a vécu. Un coach, même s'il n'a pas fait une grosse carrière de joueur, doit connaître les émotions que ressentent ses joueurs, les avoir vécues. Tu regarde ton joueur, tu sais à son attitude s'il a envie de pointer, envie de tirer. Tu sais, lorsqu'il a tirer une boule importante, s'il ressent de l'appréhension, de la peur, parce que toi aussi, tu l'as vécu : c'est à ce moment-là qu'il faut leur parler, les amener à relativiser, etc... Nous, à l'époque, on n'avait pas de coach, fallait te démerder tout seul, et je pense que ma plus grande qualité, c'est d'essayer d'apporter ça. Un champion du monde, je ne peux rien lui apporter du point de vue technique : mais au niveau de mon vécu, là je peux parfois l'aider.

 

 


Donc, tu es là pour longtemps ?

Je ne crois pas. C'est comme ma carrière de joueur, j'ai l'impression d'avoir fait un peu le tour. Je vais te dire : si je suis encore en équipe de France, c'est parce que j'ai énormément d'affinités avec Jean-Yves Peronnet, qui est un garçon formidable et qui fait un boulot sensationnel au niveau de la DTN. On l'a critiqué, on s'est moqué parce qu'il avait toujours l'ordinateur sur ses genoux et coetera, mais je te jure, il fait un travail monstrueux.

 

 

 


Tu joues également à un bon niveau au golf, une discipline qui, au-delà de certaines différences sociales, a beaucoup de points communs avec la pétanque. Est-ce que la FFPJP, qui perd beaucoup de licenciés, n'aurait pas intérêt à regarder du coté de la Fédération française de golf, qui en gagne énormément et vise le cap de 500 000 ?

C'est marrant, parce qu'il y a beaucoup de compétitions qui mêlent la pétanque et le golf, organisées par les golfs. Mais bon, le golf est plus attrayant que la pétanque, plus prestigieux, c'est plus facile pour eux d'attirer des jeunes.

Les budgets ne sont pas les mêmes non plus. La Fédération encaisse 42 euros par licence, c'est loin d'être le cas de la FFPJP, qui doit prendre à peine 5 euros. Ca permet des actions plus puissantes, et on peut gagner des licenciés même si jouer au golf, ça reste un truc pas donné.

Et puis quand on se lance dans le golf, il y a des perspectives de carrière et de revenus pour les meilleurs jeunes. C'est loin d'être le cas à la pétanque.

 

 

Entretien réalisé par Pierre Fieux "BOULEGAN"

 

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Auteur Conversation
Anonyme
Posté le: 6/4/2013 7:49  Mis à jour: 6/4/2013 7:49
 Re: Alain Bideau, coach et cash
Que dire de ce Monsieur j"ai eu l'occasion de faire parti de l'équipes du star'master en coupe de France ou il été le coach impliquer dans tout c'est choix.
De plus j'apprécie beaucoup l'homme que j'ai plaisir à revoir sur les terrain en compagnie de sont épouse.
A bientôt Alain
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